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Yémen : les Houthis menacent d’une riposte « douloureuse »

Une « riposte rapide et douloureuse » : les Houthis du Yémen ont lancé lundi un avertissement aux États-Unis, dont Riyad a réclamé le soutien, jusqu'à présent sans succès, face aux combattants pro-iraniens qui ...

Une « riposte rapide et douloureuse » : les Houthis du Yémen ont lancé lundi un avertissement aux États-Unis, dont Riyad a réclamé le soutien, jusqu'à présent sans succès, face aux combattants pro-iraniens qui multiplient les frappes sur le royaume.

Les hostilités ont repris en juillet entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites, ainsi que l'Arabie saoudite, qui appuie militairement ces dernières au Yémen, et se sont intensifiées en septembre.

Mais l'ampleur des attaques sur la pétromonarchie du Golfe a atteint ces derniers jours un niveau sans précédent et révélé selon des experts les fragilités défensives du pays, qui investit pourtant des sommes considérables dans des équipements militaires de pointe.

Lundi soir, de fortes explosions ont encore secoué la capitale saoudienne, et les habitants ont reçu sur leur téléphone un message des autorités les appelant à se réfugier dans un endroit sûr, à l'écart des fenêtres et des portes – pour la première fois depuis des semaines.

Cette alerte a retardé d'une heure le coup d'envoi du match de soccer opposant l'équipe ouzbèke de Neftchi Fergana au club saoudien Al-Nassr, où évolue le joueur vedette Cristiano Ronaldo.

Les Houthis ont revendiqué peu après un nouveau tir sur l'aéroport, ciblé à plusieurs reprises ces derniers jours, Ryad disant de son côté avoir intercepté un missile balistique.

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Mis à l'épreuve

Alors que le président américain Donald Trump a jugé samedi inacceptable l'attaque sur la capitale saoudienne, la plus meurtrière dans le royaume depuis 10 ans, les combattants pro-iraniens ont mis en garde Washington.

Si les États-Unis s'impliquent dans l'agression contre le Yémen, nous ne tergiverserons pas [...]. La riposte sera rapide et douloureuse à l'encontre des États-Unis et de tous leurs intérêts dans la région, a déclaré un haut responsable houthi, Mohammed Al Bukhaiti, interrogé par l'Agence France-Presse dans la capitale yéménite Sanaa.

De la fumée et des flammes s'élèvent de l'aéroport du roi Khalid, après que les Houthis yéménites ont déclaré avoir attaqué l'aéroport, à Riyad, en Arabie saoudite, le 8 octobre 2026, comme le montre cette capture d'écran tirée d'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

De la fumée et des flammes s'élèvent de l'aéroport du roi Khalid, après que les Houthis yéménites ont déclaré avoir attaqué l'aéroport, à Riyad, en Arabie saoudite, le 8 octobre 2026.

Photo : Reuters / Médias sociaux

Face à l'entêtement [de Riyad] à privilégier l'option militaire, il a menacé d'une destruction de l'ensemble des infrastructures saoudiennes et a appelé les employés des sites pétroliers et des aéroports saoudiens à ne pas s'en approcher.

Le ministère saoudien de l'Énergie a reconnu lundi que le royaume était mis à l'épreuve après la série d'attaques meurtrières de ces derniers jours, en particulier contre l'aéroport de la capitale, et a promis une réponse ferme.

Ces circonstances ont mis à l'épreuve nos infrastructures, nos institutions, nos équipes et notre résilience, a déclaré Abdulaziz ben Salmane, alors que l'Arabie saoudite est le premier exportateur mondial de pétrole.

Boule de feu à l'aéroport

Les autorités saoudiennes, qui s'étaient jusqu'à présent montrées réticentes à dévoiler les dégâts subis, ont publié dans la nuit des images de vidéosurveillance de l'attaque qui a fait 13 morts samedi à l'aéroport de Riyad, désormais fermé. La compagnie émiratie Etihad a d'ores et déjà annulé ses vols jusqu'au 19 octobre.

Sur les images, on voit des passagers vêtus de la traditionnelle tenue blanche de pèlerinage avancer en ligne pour franchir un contrôle, avant qu'une boule de feu fasse voler le toit en éclats, les plongeant dans un nuage de fumée et de débris.

Il s'agit d'une tentative visant à délégitimer les Houthis, qui ont bénéficié d'un soutien considérable de la part des populations arabes et musulmanes du fait de leurs frappes contre Israël, commente pour l'Agence France-Presse Andreas Krieg, du King's College de Londres.

Pour les pèlerins, octobre marque généralement, avec la fin des chaleurs estivales, le début de la haute saison, quand des millions de musulmans du monde entier affluent vers La Mecque et parfois Médine.

Une image satellite de l'aéroport King Khalid à Riyad.

Une image satellite de l'aéroport King Khalid à Riyad prise le lendemain de l'attaque revendiquée par les Houthis du Yémen le 11 octobre 2026.

Photo : Reuters / EUROPEAN UNION/COPERNICUS SENTIN

La clémence des températures lance aussi habituellement la saison des grands événements – conventions, divertissements – attirant hauts dirigeants et grands patrons.

La fermeture de l'aéroport de Riyad a ainsi bloqué la ministre allemande de l'Économie, Katherina Reiche, qui était finalement lundi soir en route vers Berlin, selon une porte-parole du gouvernement.

L'aéroport de Dammam a également été visé, ainsi que deux sites énergétiques d'Aramco, tous dans l'est du pays, et l'ensemble de l'espace aérien saoudien reste perturbé.

L'Iran, qui soutient les Houthis, s'est redit lundi vivement préoccupé par l'évolution de la situation, et disposé à faciliter le dialogue entre les parties.

Au Yémen, les hostilités se poursuivaient après l'offensive éclair lancée en septembre par les Houthis, qui ont pris le contrôle du détroit stratégique de Bab el-Mandeb sur la mer Rouge, déclenchant une contre-offensive gouvernementale.

Malgré les frappes de l'aviation saoudienne en appui des troupes gouvernementales, les combattants pro-iraniens ont resserré leur étau sur Taëz, troisième ville du pays, où les combats ont fait plus de 60 morts au cours des 24 dernières heures, selon des sources militaires dans les deux camps.