XV de France : Ntamack en 10, Jalibert en 15… “Je sais que certains pouvaient douter. Moi, je ne doutais pas du tout”, l’avis de Patrick Arlettaz sur cette nouvelle combinaison
L’attaque du XV de France affiche une efficacité retrouvée après six essais inscrits face à l’Australie. Patrick Arlettaz salue les progrès, tout en estimant que les Bleus peuvent encore hausser leur niveau au Japon.
L’attaque du XV de France affiche une efficacité retrouvée après six essais inscrits face à l’Australie. Patrick Arlettaz salue les progrès, tout en estimant que les Bleus peuvent encore hausser leur niveau au Japon.
Quatre essais lors de la défaite sur le fil 34-32 chez les All Blacks, six lors de la démonstration face aux Wallabies (42-26) samedi à Brisbane : "plutôt satisfait", Patrick Arlettaz, l'entraîneur de l'attaque, pense cependant que le XV de France "peut mieux faire" encore. Tour d'horizon avec le Catalan et coach adjoint des Bleus après le premier entraînement au Japon mardi à Funabashi, dans la banlieue de Tokyo, avant le match contre les Japonais samedi dans le cadre de la troisième journée du Championnat des nations.
Quel bilan offensivement tirez-vous de ces deux premiers matches ?
Plutôt satisfait. Mais on peut toujours faire mieux. Il y avait plusieurs objectifs sur le plan offensif. On a quelques "premiums" avec nous, mais pas tous (NDLR: absences de Bielle-Biarrey, Ramos et Dupont notamment), et on voulait voir si on gardait l'efficacité du tournoi. Et on est arrivé à être compétitifs à l'autre bout du monde, face aux Blacks, face aux Australiens. C'est un contrat à peu près rempli. On arrive à marquer, on se crée beaucoup d'occasions. Mais on peut marquer plus que ça.
Précisément, qu'est-ce qui a manqué ?
Peut mieux faire parce que, par exemple, chez les Blacks, on meurt trois fois près de leur ligne. On a des positions favorables beaucoup plus nombreuses que ce qu'on a marqué d'essais. Ça a été un peu pareil contre l'Australie (...) surtout en début de match, dans des positions très favorables, avec beaucoup d'avancées, où on perd des ballons dans les couloirs et où on se retrouve en difficulté après. C'est là-dessus que je dis qu'on peut mieux faire. Quand on ne se crée pas d'occasions, il faut se triturer l'esprit. Mais quand on a autant d'occasions, on se dit qu'on peut en marquer plus. Parce qu'on n'est jamais satisfait si on ne met pas 100%.
"L'angoisse, c'est quand il n'y a plus personne"
Quel bilan pour le duo Ntamack en 10 et Jalibert en 15 ?
Je les ai trouvés plutôt très bien, et peut mieux faire. Donc ça nous ouvre des perspectives intéressantes. Il y a une bonne connexion entre eux. Je sais que certains pouvaient douter. Moi, je ne doutais pas du tout. Ce sont deux garçons intelligents qui parlent le même rugby et qui trouvent un intérêt à jouer ensemble. Je ne voyais pas pourquoi ça ne se passerait pas bien. Vous savez tous qu'on a un système un peu à part, avec deux 10. Et je les ai trouvés connectés dès le début. Pour les mettre ensemble sur le terrain, il fallait essayer de trouver des combinaisons. Ca c'est une combinaison qu'on a essayée. Et on est plutôt contents.
Et quel ressenti face à la paire de centres Moefana - Brau-Boirie, alignée pour la deuxième fois seulement ?
Je ne suis pas étonné, parce que je l'espérais, bien sûr. C'est un des choix qu'on a faits (NDLR: aligner Brau-Boirie, habituellement 12, en N.13). Mais ce sont de bons joueurs. Ils ont un peu le même regard. Et Fabien connaissait le système (NDLR: deux sélections dans le Tournoi en 12). Et même si (12 et 13) ce sont des postes différents, ils se baladent tellement sur le terrain qu'ils ont toujours des situations à vivre à des postes différents. Mais ce sont deux très bons joueurs. Et on n'est jamais trop surpris quand deux très bons joueurs s'entendent.
Cette abondance de biens va vous compliquer la tâche ?
Ça, ce n'est pas une angoisse. Il y a des choix à faire. Ça fait partie de notre boulot. Il y a toujours des choix à faire. Mais ce n'est pas une angoisse. L'angoisse, c'est quand il n'y a plus personne. Ce n'est pas quand il y a tout le monde. Mais c'est plaisant, effectivement, de voir leur envie de s'intégrer à ce projet, et de le faire. Ils s'acclimatent très vite. Ils sont tous un peu bluffants là-dessus. Mais on prend presque l'habitude à force.