thejournalofsierraleonestudies.com

Xi Jinping (5/5) : l’union sacrée entre l’héritage de Mao et les réformes de Deng Xiaoping

flux rss (Nouvelle fenêtre) Qui est vraiment Xi Jinping, enfant de l'élite, traité un temps comme un paria par le P...

Qui est vraiment Xi Jinping, enfant de l'élite, traité un temps comme un paria par le PCC, devenu président de la deuxième puissance mondiale ?

Radio France

Publié le 17/08/2026 08:00

Temps de lecture : 2min

Xi Jinping, le 15 janvier 2017, lors d'un discours au Parlement à Berne, en Suisse, peu avant le Forum de Davos que la Chine a présidé. (PETER KLAUNZER / POOL / AFP)
Xi Jinping, le 15 janvier 2017, lors d'un discours au Parlement à Berne, en Suisse, peu avant le Forum de Davos que la Chine a présidé. (PETER KLAUNZER / POOL / AFP)

Dans un film de propagande de près de six minutes, Xi Jinping nous explique pourquoi il a imaginé les "nouvelles routes de la soie" : "C'est dans ma province d'origine, le Shanxi, que se situait le point de départ de l'ancienne route. Lorsque je m'y rends et que je me tourne vers le passé, j'ai l'impression d'entendre encore les cloches des chameaux transportant les marchandises à travers le désert."

"Make China great again", redonner à la Chine sa splendeur du passé. Xi Jinping veut pour cela opérer une synthèse entre l'ouverture économique de Deng Xiaoping, au début des années 1980, et l'approche disciplinée, autoritaire, du règne de Mao.

À travers ces nouvelles routes de la soie, tous les chemins mènent à Pékin et les pays qui choisissent cette voie doivent se soumettre à Xi Jinping : "Une grande cause doit être défendue pour le bien commun. Resserrons nos liens, unissons nos forces, pour forger de nouveaux partenariats basés sur des échanges gagnant-gagnant", déclame le dirigeant chinois.

Jean-Maurice Ripert, ancien ambassadeur de France à Pékin de 2017 à 2019, commente : "N'oubliez jamais que Zhōngguó en chinois, cela ne veut pas dire 'l'Empire du milieu', cela veut dire 'le centre du monde'. Une fois les contrats signés dans le cadre des nouvelles routes de la soie, certains pays partenaires, incapables de rembourser leurs dettes, se retrouvent sous influence chinoise.

Le Sri Lanka a dû céder récemment à Pékin la gestion de l'un de ses ports pour 99 ans, transformant en une enclave chinoise une partie de son territoire. Autre manifestation de l'influence chinoise : au printemps 2026, à la demande de Pékin, Madagascar, les Seychelles et l'île Maurice interdisent le survol de leur territoire au président taïwanais. Celui-ci est contraint d'annuler son voyage officiel en Eswatini, seul pays d'Afrique à ne pas avoir cédé aux sirènes des nouvelles routes de la soie.

Le 15 janvier 2017, pour la première fois, le Forum économique mondial de Davos est inauguré par un président chinois. "Nous devons rester engagés dans l'économie de libre-échange, dans l'investissement mondial et promouvoir la libéralisation de l'économie", prononce Xi Jinping.

L'assistance est perplexe. La dernière forteresse mondiale du communisme prête officiellement allégeance au capitalisme occidental. En réalité, c'est l'acte de naissance de la Chine de Xi Jinping, une Chine conquérante qui veut désormais imposer son modèle.

Les mots du président chinois sont plus explicites encore, lorsqu'il s'adresse aux cadres du Parti communiste chinois : "Nous allons créer une communauté de destin commun pour l'humanité et engager la réforme du système de gouvernance mondiale."

Quelques mois plus tard, en 2018, un voyage d'étude a été organisé pour la presse sur invitation du ministère de la Défense chinois. À l'évocation de la politique conquérante et dominatrice initiée par Xi Jinping, les journalistes ont alors assisté à un discours décomplexé des hauts gradés de l'Armée populaire de Chine. L'un des généraux avait répondu à un journaliste occidental : "Vous avez bien tenté de coloniser le monde, et notamment l'Afrique. Pourquoi ne pourrions-nous pas essayer de réussir là où vous avez échoué ?"

Sur le même thème

À regarder