thejournalofsierraleonestudies.com

Windows 10 : fin des mises à jour le 13 octobre 2026

Il reste trois semaines. Le 13 octobre 2026, le programme d’extension de sécurité grand public de Windows 10 s’éteint définitivement. Ce n’est pas la fin du support celle-là a eu lieu le 14 octobre 2025. C’est ...

Il reste trois semaines. Le 13 octobre 2026, le programme d’extension de sécurité grand public de Windows 10 s’éteint définitivement. Ce n’est pas la fin du support celle-là a eu lieu le 14 octobre 2025. C’est la fin de la rallonge d’un an que Microsoft avait concédée, et cette fois il n’y en aura pas d’autre pour les particuliers.

La différence compte. Depuis un an, une machine sous Windows 10 correctement inscrite au programme ESU continuait de recevoir les correctifs classés critiques ou importants. À partir du 14 octobre 2026, elle n’en reçoit plus aucun. Le système continue de démarrer, les logiciels continuent de tourner, rien ne s’arrête visiblement. C’est justement ce qui rend la date facile à ignorer.

Lire aussi 96,7 g de CO2 par kilomètre : les voitures neuves européennes franchissent un nouveau cap en 2025

Reste que la question n’est pas « est-ce que mon PC va cesser de fonctionner ». Elle est : combien de temps une machine non corrigée reste raisonnablement utilisable, et qu’est-ce qui coûte le moins cher entre la garder, la remplacer et changer de système. On a repris les trois hypothèses avec des prix réels, en s’appuyant sur les machines qu’on a testées et sur ce que les notes de durabilité et de réparabilité disent déjà de la durée de vie du matériel informatique.

Une précision utile avant d’entrer dans le détail : l’Europe a obtenu un régime particulier sur ce dossier, et beaucoup de pages françaises décrivent encore les conditions américaines. Ça change concrètement ce qu’un utilisateur français a eu à faire et ce qu’il n’a pas eu à faire.

Ce qui s’arrête exactement, et ce qui continue

Le programme ESU grand public ne couvrait déjà qu’une partie étroite du support. Uniquement les correctifs de sécurité classés « critiques » ou « importants » par Microsoft. Pas de nouvelles fonctionnalités, pas de correctifs de bugs non liés à la sécurité, pas d’assistance technique, pas d’évolution des pilotes. Une machine sous ESU depuis octobre 2025 n’a rien reçu d’autre que des bouchons.

Lire aussi Batteries domestiques : nous avons refait le calcul de rentabilité, il ne tient pas

À partir du 14 octobre 2026, ces bouchons cessent. Mais plusieurs briques restent maintenues plus longtemps, et c’est la nuance que presque aucune page grand public ne fait :

ComposantFin des mises à jour
Windows 10 support standard14 octobre 2025
Windows 10 ESU grand public13 octobre 2026
Windows 10 ESU entreprise (payant, jusqu’à 3 ans)octobre 2028
Microsoft Defender signatures et moteuroctobre 2028
Microsoft Edge et WebView2 sur Windows 10octobre 2028
Applications Microsoft 365 sur Windows 10octobre 2028

Autrement dit : à partir d’octobre 2026, le noyau du système n’est plus corrigé, mais l’antivirus intégré et le navigateur maison le sont encore deux ans. Ça ne compense pas une faille d’élévation de privilèges dans le noyau reste une faille d’élévation de privilèges mais ça change le profil de risque. Une machine Windows 10 en octobre 2026 n’est pas dans l’état d’un Windows 7 abandonné en 2020, où tout lâchait en même temps.

Le régime européen : gratuit, mais pas sans contrepartie

Microsoft avait initialement conditionné l’ESU gratuit à l’activation de la sauvegarde des paramètres Windows sur OneDrive. Trois autres portes d’entrée existaient : 1 000 points Microsoft Rewards, ou environ 30 dollars pour l’année.

Lire aussi En Écosse, cette sphère nucléaire de 41 mètres restera sous surveillance pendant encore trois siècles

Après une saisine d’organisations de consommateurs européennes, Microsoft a retiré la condition de sauvegarde pour l’Espace économique européen. Les utilisateurs français ont donc pu s’inscrire gratuitement, sans activer OneDrive, sans dépenser de points et sans payer.

Une condition subsiste : le compte Microsoft. L’inscription à l’ESU reste liée à un compte, y compris dans la version européenne. Une machine configurée avec un compte local devait donc en passer par là. C’est un détail administratif pour certains, un point de blocage assumé pour d’autres et une bonne illustration de la logique du programme : la rallonge n’était pas un cadeau, elle était un couloir vers le compte Microsoft, vers Windows 11 et vers l’écosystème qui va avec.

Ce couloir se referme le 13 octobre. Aucune annonce d’extension supplémentaire pour le grand public n’existe à ce jour.

Lire aussi Caméras et sonnettes connectées : où partent vraiment vos images

Vérifier en deux minutes si votre PC peut passer à Windows 11

C’est la première question à trancher, parce qu’elle détermine tout le reste. La mise à niveau vers Windows 11 est gratuite pour une licence Windows 10 valide. Encore faut-il que la machine passe les critères.

Les quatre points de blocage habituels :

CritèreExigenceOù vérifier
Puce TPMTPM 2.0 activétpm.msc champ « Version de spécification »
Démarrage sécuriséUEFI avec Secure Bootmsinfo32 « État du démarrage sécurisé »
ProcesseurIntel 8e génération ou plus, AMD Ryzen 2000 ou plusParamètres → Système → Informations système
Mémoire et stockage4 Go de RAM, 64 Go de disqueIdem

Le piège classique : beaucoup de cartes mères de 2017-2019 embarquent bien une puce TPM 2.0, mais désactivée par défaut dans le BIOS. Elle s’appelle « PTT » chez Intel et « fTPM » chez AMD, ce qui ne facilite pas la recherche. Un PC déclaré incompatible par l’outil de contrôle de Microsoft peut donc devenir compatible après un simple passage dans le BIOS. Ça vaut deux minutes avant de conclure au remplacement.

Lire aussi Durabilité, réparabilité, étiquette énergie : les trois notes à lire avant d’acheter

Le blocage réellement dirimant, c’est le processeur. Un Core de 7e génération ou un Ryzen de première génération ne passera pas, TPM ou pas. Et sur ce point, il n’y a pas de contournement propre : les méthodes de contournement du contrôle d’installation existent, elles fonctionnent, mais elles produisent une machine que Microsoft ne s’engage pas à mettre à jour. Échanger une absence de mises à jour contre une autre absence de mises à jour n’est pas un plan.

Les quatre options, chiffrées

On a calculé le coût sur cinq ans, hypothèse d’un PC de bureau ou d’un portable de 2018-2019 encore fonctionnel.

OptionCoût immédiatCoût sur 5 ansCe que ça suppose
Passer à Windows 11 (machine éligible)0 €0 €Machine compatible, 64 Go libres, une heure
Rester sur Windows 10 non corrigé0 €0 € + risque croissantUsage restreint, navigateur à jour, discipline
Basculer sur une distribution Linux0 €0 €Aucun logiciel Windows indispensable
Remplacer la machine par un mini PC250 à 450 €50 à 90 €/anÉcran, clavier et souris récupérés

Ce tableau dit quelque chose qu’on ne lit pas souvent : le remplacement matériel, ramené à l’année, coûte moins qu’un abonnement de streaming. Un mini PC à 300 € qui tient six ans revient à 50 € par an. La comparaison honnête n’est pas « 300 € contre 0 € », elle est « 50 € par an contre une machine qui accumule des failles non corrigées ».

Lire aussi De Wutai à Luoyang, les trains verts offrent un autre visage de la Chine, entre campagnes et traditions

Ce que « plus de mises à jour » veut réellement dire

La formulation alarmiste habituelle « votre PC devient une passoire dès le lendemain » est fausse, et la formulation rassurante « ça ne change rien, mon Windows 7 tourne encore » l’est tout autant. La réalité est progressive.

Le 14 octobre 2026, rien ne se passe. Aucune faille ne s’ouvre ce jour-là. Ce qui change, c’est le rythme d’accumulation. Chaque mardi de correctifs, Microsoft publie des correctifs pour Windows 11 ; une partie de ces failles concerne du code partagé avec Windows 10. La publication du correctif indique précisément où chercher. Le délai entre la divulgation et l’apparition d’un exploit public se compte en semaines pour les failles intéressantes.

Six mois après, une machine Windows 10 traîne une vingtaine de vulnérabilités connues et documentées, dont quelques-unes exploitables à distance. Deux ans après, la liste devient un mode d’emploi.

Lire aussi Au Canada, une centrale nucléaire transportable de 50 MW pourrait alimenter près de 40 000 foyers

La nuance à garder en tête : la majorité des compromissions d’un particulier ne passe pas par une faille système. Elle passe par un lien, une pièce jointe, un faux support technique, un mot de passe réutilisé. C’est le même mécanisme que les arnaques à la voix clonée ou les faux SMS de livraison : l’attaque vise l’utilisateur, pas le noyau. Un Windows 10 non corrigé mais utilisé avec un navigateur à jour et un peu de méthode reste, dans l’absolu, moins risqué qu’un Windows 11 impeccable dont le propriétaire clique sur tout.

Ce qui n’autorise pas à rester dessus indéfiniment. Ça autorise à ne pas paniquer et à décider posément d’ici la fin de l’année.

Linux : pour qui ça marche vraiment, pour qui non

C’est l’option la plus recommandée sur les forums et la plus mal calibrée dans les conseils. Elle est excellente — pour un profil précis.

Lire aussi Test HTVRONT A100 La presse à chaud 3-en-1 qui remplace vraiment le fer à repasser

Elle fonctionne très bien si l’usage se résume au navigateur, à la bureautique, au courrier, aux photos et à la lecture de médias. Sur une machine de 2018 avec un SSD, une distribution comme Linux Mint ou Zorin OS démarre plus vite que le Windows 10 qu’elle remplace, et redonne trois à cinq ans d’usage à un matériel considéré comme périmé. L’installation demande une clé USB et une quarantaine de minutes.

Elle ne fonctionne pas si un logiciel Windows précis est indispensable. La suite Adobe complète, certains logiciels métiers, une partie des jeux avec anti-triche noyau, un pilote de scanner ou d’imprimante ancien qui n’a jamais eu d’équivalent. Les couches de compatibilité ont beaucoup progressé, elles ne couvrent pas tout, et découvrir le trou après avoir effacé le disque est une mauvaise soirée.

Le test honnête tient en une question : listez les cinq logiciels que vous ouvrez le plus souvent. Si les cinq ont un équivalent ou une version web, Linux est le meilleur rapport effort/résultat de toute cette liste. Si un seul n’en a pas, passez à l’option suivante.

Lire aussi Vol de vélo : le marquage est obligatoire depuis 2021, il restitue un vélo sur neuf

Remplacer : ce que ça coûte réellement en 2026

Le réflexe est d’aller vers un portable d’entrée de gamme à 500-600 €. C’est souvent le pire choix du lot : processeur mobile bridé, 8 Go de mémoire soudée, écran médiocre, et une machine qui sera à son tour limite dans quatre ans.

Pour un poste fixe, le mini PC est aujourd’hui l’option la plus rationnelle, et c’est un segment qu’on suit de près. Un boîtier de la taille d’un livre, un processeur de portable récent, de la mémoire extensible, deux emplacements de stockage, et un prix qui démarre autour de 250 € pour une configuration bureautique confortable. On en a testé une bonne quinzaine, de GEEKOM à GMKtec en passant par NiPoGi, et notre comparatif des meilleurs mini PC reprend les configurations par budget.

Le point à vérifier avant d’acheter, celui qui compte le plus sur ces machines : la mémoire est-elle soudée ou sur barrettes ? Une machine à 16 Go soudés est plafonnée à vie. Une machine à 16 Go sur deux emplacements SO-DIMM se met à 32 ou 64 Go pour quelques dizaines d’euros, trois ans plus tard, quand le besoin arrive. Le même raisonnement s’applique au stockage : un emplacement M.2 libre vaut mieux qu’un disque plus gros au départ.

Lire aussi Une technique fondée sur le magnétisme pourrait changer la manière d’identifier les faux objets antiques

Et si l’usage est vraiment léger, le marché du reconditionné professionnel absorbe en ce moment des flottes entières de machines compatibles Windows 11, souvent des Core i5 de 8e à 10e génération à 150-250 €. C’est le même arbitrage que celui qu’on décrivait pour les smartphones reconditionnés : l’écart de performance perçue est faible, l’écart de prix ne l’est pas.

Ce qui ne sert à rien

Trois réflexes circulent et méritent d’être écartés.

Acheter un antivirus tiers pour compenser. Un antivirus détecte des logiciels malveillants connus. Il ne bouche pas une faille du noyau, il ne restaure pas un composant vulnérable, il n’empêche pas une élévation de privilèges. Il a son utilité, elle n’est pas celle-là, et le vendre comme un substitut aux correctifs système est un argument commercial, pas un argument technique.

Lire aussi La traque des capitaux russes en Ukraine provoque une bataille juridique majeure autour du leader des eaux minérales

Installer les correctifs par des dépôts non officiels. Des projets proposent de rediriger Windows Update vers des sources alternatives pour continuer à recevoir les correctifs entreprise. Techniquement, certains fonctionnent. Mais accorder les droits de mise à jour du système à une source tierce pour améliorer sa sécurité relève d’une contradiction difficile à tenir.

Attendre une nouvelle prolongation. Le report européen était une réponse à une pression réglementaire ponctuelle, sur un point précis la condition de sauvegarde et pas sur la durée. Rien n’indique que la date d’octobre 2026 bouge. Construire son plan sur l’hypothèse inverse, c’est se retrouver à décider dans l’urgence en novembre.

Le calendrier à retenir

DateCe qui se passe
13 octobre 2026Dernier jour de l’ESU grand public. Dernier mardi de correctifs pour Windows 10 particulier
14 octobre 2026Plus aucun correctif de sécurité système sur les postes grand public
Fin 2026 – 2027Accumulation progressive de failles publiées et non corrigées
Octobre 2028Fin des signatures Defender, d’Edge/WebView2 et des applications Microsoft 365 sur Windows 10
— Wachiwit / Shutterstock.com

Questions fréquentes

Mon PC va-t-il s’arrêter de fonctionner le 14 octobre 2026 ?

Non. Windows 10 continue de démarrer et de fonctionner normalement, sans limitation de durée, sans écran de blocage et sans perte de licence. Seules les mises à jour de sécurité du système cessent. La machine devient progressivement plus exposée, elle ne devient pas inutilisable.

Lire aussi Arnaque à la voix clonée : ce que la nouvelle loi européenne ne pourra pas empêcher

La mise à niveau vers Windows 11 est-elle encore gratuite en 2026 ?

Oui. Une licence Windows 10 activée donne droit à la mise à niveau gratuite vers Windows 11, sous réserve que la machine respecte les prérequis matériels. Microsoft n’a annoncé aucune date de fin pour cette gratuité. Le passage se fait via Windows Update ou l’assistant d’installation officiel.

Comment savoir si mon PC est compatible Windows 11 ?

Exécutez tpm.msc pour vérifier la présence d’un TPM 2.0, puis msinfo32 pour l’état du démarrage sécurisé. Vérifiez ensuite le processeur : Intel 8e génération ou supérieur, AMD Ryzen 2000 ou supérieur. Si le TPM apparaît absent, regardez dans le BIOS l’option PTT (Intel) ou fTPM (AMD) avant de conclure.

Faut-il payer pour continuer à recevoir des mises à jour Windows 10 ?

Pour un particulier, non et ce n’est plus possible après le 13 octobre 2026. Le programme payant à environ 30 dollars par an ne concernait que la période allant jusqu’à cette date. Seules les entreprises peuvent souscrire une extension payante, jusqu’en octobre 2028.

Lire aussi PC portable : quelle quantité de mémoire vive faut-il vraiment ? 

Peut-on installer Windows 11 sur un PC non compatible ?

Des méthodes de contournement du contrôle d’installation existent et fonctionnent, mais Microsoft ne garantit pas la livraison des mises à jour sur ces configurations et peut la bloquer à tout moment. L’intérêt est donc limité : on remplace une machine sans mises à jour garanties par une autre machine sans mises à jour garanties.

Linux peut-il vraiment remplacer Windows 10 sur un vieux PC ?

Pour un usage navigateur, bureautique, mail et multimédia, oui, et souvent avec un gain de réactivité sur une machine ancienne. Linux Mint et Zorin OS sont les plus proches de l’ergonomie Windows. La limite reste les logiciels Windows sans équivalent : suite Adobe complète, certains logiciels métiers, jeux à anti-triche noyau.

Ce qu’on ferait

Machine compatible Windows 11 : on migre avant le 13 octobre, sans réfléchir davantage. C’est gratuit, c’est une heure, et ça referme le sujet pour cinq ans. Sauvegarde des documents avant, comme toujours.

Lire aussi IA locale sur mini PC : quel modèle tourne vraiment sur quelle machine

Machine incompatible mais en bon état, usage léger : on installe une distribution Linux. Le matériel de 2018 encore fluide sous Mint n’a aucune raison d’aller à la déchetterie parce qu’une puce cryptographique manque à l’appel.

Machine incompatible avec des logiciels Windows indispensables : on remplace, en visant un mini PC à mémoire extensible plutôt qu’un portable d’entrée de gamme, ou une machine reconditionnée compatible Windows 11 si le budget prime.

Machine incompatible et budget nul : on reste sur Windows 10, en gardant un navigateur à jour, en évitant les comptes administrateurs au quotidien, en sauvegardant les documents ailleurs que sur cette machine, et en se donnant une échéance six mois, un an plutôt que de laisser filer. La question n’est pas de savoir si cette machine sera remplacée, mais quand, et il vaut mieux que ce soit choisi que subi.

Lire aussi Test Levoit Vital Pet Pro L’auto-nettoyage tient ses promesses

Ce dossier sera mis à jour après le 13 octobre 2026 si Microsoft modifie les conditions applicables à l’Espace économique européen.