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VRAI OU FAUX. Les guêpes sont-elles vraiment plus nombreuses cet été à cause de la canicule ?

Alors que les épisodes de chaleur s’enchaînent, la météo influence-t-elle la survie des guêpes ? Certains affirment en observer davantage depuis le début de l’été. Est-ce une illusion ? Explications.

l'essentiel Alors que les épisodes de chaleur s’enchaînent, la météo influence-t-elle la survie des guêpes ? Certains affirment en observer davantage depuis le début de l’été. Est-ce une illusion ? Explications.

Elles ont le don de rendre les repas d'été invivables. Si les guêpes semblent particulièrement présentes en cette période de canicule, c'est avant tout lié à leurs prédateurs naturels : les oiseaux insectivores sont en effet durement impactés par ces chaleurs extrêmes. "Sous le soleil, vous les voyez vraiment souffrir de la chaleur, certains cherchant de l'air le bec ouvert", image Éric Darrouzet, chercheur à l'université de Tours et spécialiste des insectes. Pour survivre, beaucoup d'oiseaux réduisent leur activité, migrent vers des zones plus fraîches ou meurent, laissant le champ libre à certaines guêpes.

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Toutes les petites bêtes ne sont pas égales face à la canicule. Comparativement à d'autres insectes, certaines guêpes se montrent très résistantes aux fortes chaleurs. C'est le cas des guêpes communes du genre Vespula, dont les nids se présentent comme "une grosse boule en papier avec des galettes à l'intérieur", selon le chercheur joint par La Dépêche. Ces colonies disposent d'un système qui "maintient une température maîtrisée à l'intérieur du nid".

Des guêpes ingénieuses pour maintenir la fraîcheur dans le nid

Lorsque le thermomètre s'affole, "des ouvrières restent à l'intérieur et vont battre des ailes pour faire circuler l'air", tandis que d'autres partent chercher de l'eau pour la "projeter dans le nid". Grâce à l'évaporation et à l'isolation de leur nid en papier, elles survivent à des conditions extrêmes, même sous des tuiles surchauffées.

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Pour autant, cette incroyable tolérance ne concerne pas toutes les espèces. D'autres types, comme les guêpes Polistes, fonctionnent très différemment. "Leurs colonies sont bien plus petites et leur nid est dépourvu d'enveloppe protectrice", décrit Éric Darrouzet. Directement exposées à l'air ambiant, elles sont plus sensibles à la chaleur. Face aux canicules, ces espèces peuvent grandement en pâtir et même en mourir.

La canicule fait craindre la famine pour ces insectes

Les températures extrêmes menacent même les espèces les plus robustes, en faisant poindre la famine. Les guêpes sont des prédatrices généralistes "qui chassent d'autres insectes pour rapporter des protéines au couvain et nourrir les larves". Or, la sécheresse et la chaleur font des ravages chez l'ensemble des populations d'insectes. "On voit beaucoup moins d'insectes depuis un mois, ce sont des vivres en moins pour les guêpes", souligne le spécialiste.

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Au final, est-on vraiment dans une année à guêpes ? Pour Éric Darrouzet, cela ne veut pas dire grand-chose. L'impression d'abondance "dépend de la proximité de l'observateur avec un nid". Une colonie installée près d'une terrasse donnera l'impression d'une invasion, tandis qu'un observateur situé à deux kilomètres, sans nid aux alentours, aura la certitude du contraire. À l'échelle nationale, "personne n'est capable de répondre vu qu'il n'y a pas de suivi, il n'y a pas d'études sur ces questions-là", conclut-il.