« Vous n’êtes pas seules » : à Monaco, cette association veut redonner confiance aux femmes victimes de violences
Fondée à Monaco par la psychologue Suzanne Chrimes, l’association « Yana » lance des groupes de paroles anonymes et gratuits pour aider les femmes victimes de violences à se reconstruire.
Au numéro 8 de la rue Hector-Otto, un nouvel espace chaleureux et intimiste vient de voir le jour pour accueillir et soutenir les femmes victimes de toutes formes de violences.
Dans une Principauté qui n’échappe pas à ce fléau, en témoignent les chiffres de la Sûreté publique qui recensent 40 cas de violences entre partenaires en 2025, l’association « Yana » - pour « You Are Not Alone », autrement dit « vous n’êtes pas seules » en français - a récemment été créée pour aider ces femmes, par l’intermédiaire de groupes de paroles anonymes.
À l’origine de cette initiative se trouve Suzanne Chrimes, psychologue clinicienne britannique installée en Principauté et spécialisée en psychotraumatologie. Avec, à son actif, deux décennies d’expérience qu’elle compte bien mettre à profit, bénévolement, pour accompagner les participantes.
Elle accueille dans un lieu d’une trentaine de mètres carrés, à côté de son cabinet, mais dans une grande pièce bien séparée, voulue cosy et relaxante. Tout est fait pour s’y sentir comme à la maison. Lumières tamisées, notes d’huiles essentielles envoûtantes, espace extérieur où la verdure est omniprésente…
Face à la détresse de nombreuses patientes, elle a ressenti l’urgence de compléter l’offre existante.
« Cette initiative de créer un tel dispositif est une réponse au climat international, au regard de la lutte contre les violences faites aux femmes. Nous voulons nous imposer comme un maillon supplémentaire dans le réseau de la santé publique en Principauté, déjà très fonctionnel. D’autant que ce concept n’existait tout simplement pas à Monaco », présente Suzanne Chrimes, qui discute actuellement avec le Centre Hospitalier Princesse Grace pour développer des synergies.
Avec « Yana », elle entend faire « un maximum pour aider les femmes qui s’isolent par honte ou par peur ». « Je souhaite apporter un accompagnement dans la durée pour aider ces victimes à sortir d’un isolement qui est une forme de violence. Je propose quelque chose d’informel, de bienveillant, d’enveloppant, qui permet de libérer la parole et recréer du lien social. L’objectif étant que ces femmes puissent se reconstruire et reprendre confiance en elles », développe la professionnelle de santé.
Tendre la main également aux locutrices étrangères
Comment se matérialiseront ces groupes de paroles ? « Chaque session pourra accueillir au maximum six à sept participantes. Elles seront organisées en fonction de thématiques établies et de la demande. Je m’adapte aux besoins. Par ailleurs, je suis aussi trilingue, je parle français, anglais et allemand. Il y aura donc des groupes destinés aux non-francophones. C’est essentiel dans une Principauté très cosmopolite », renseigne-t-elle.
Si le dispositif est destiné aux Monégasques, résidentes et habitantes des communes limitrophes, Suzanne Chrimes l’assure : « Je ne refuserai jamais une femme en détresse. »
La première session se déroulera mardi 13 octobre à 9 h. Les inscriptions, gratuites et anonymes, sont d’ores et déjà ouvertes, sur le site internet de l’association.