Vote par correspondance et Kennedy Center : Donald Trump essuie une série de revers
Le président des Etats-Unis Doland Trump, lors d’un déplacement à Dublin, en Irlande, le 12 septembre 2026. ARTUR WIDAK / NURPHOTO VIA AFP Deux jour...
Le président des Etats-Unis Doland Trump, lors d’un déplacement à Dublin, en Irlande, le 12 septembre 2026. ARTUR WIDAK / NURPHOTO VIA AFP
Deux jours, deux revers judiciaires pour Donald Trump. Un juge américain a statué ce mardi 15 septembre que son nom ne pouvait pas être réaffiché sur le Kennedy Center, haut lieu culturel de Washington. La veille, la Cour suprême avait rejeté un recours de son administration visant à encadrer plus strictement le vote par correspondance dès les élections cruciales de mi-mandat en novembre.
• Pas de « Donald Trump » inscrit sur le Kennedy Center
C’est un combat symbolique que mène Donald Trump depuis de longs mois devant les tribunaux. Le président des Etats-Unis veut à tout prix que son nom apparaisse sur le Kennedy Center. Ce mardi, un juge a mis un nouveau coup d’arrêt à son rêve. « Il est par la présente décision interdit à la défense d’inscrire “Rénové et restauré par Donald Trump” sur le bâtiment principal (…) Pour faire simple, la défense ne peut pas installer de référence au président Trump (…) au Kennedy Center sans l’accord du Congrès », écrit Christopher Cooper dans sa décision rendue à l’issue d’une audience en référé.
Le nom de Donald Trump avait été accolé à celui de l’ancien président démocrate John F. Kennedy sur la façade de l’imposant bâtiment en décembre 2025. Mais ce même magistrat avait ordonné fin mai au conseil d’administration du Kennedy Center, largement composé de fidèles de Donald Trump depuis qu’il l’a remanié peu après son retour à la Maison Blanche début 2025, de retirer, dans un délai de deux semaines, toute référence « au président Trump ou à tout individu autre que le président Kennedy » sur le bâtiment lui-même, sur le site internet du Kennedy Center ou sur ses marques déposées. Le Kennedy Center avait indiqué s’être exécuté en juin.
Mais son conseil d’administration est revenu à la charge au cours de l’été avec un nouveau projet visant à rendre hommage, par une inscription sur l’édifice, à l’engagement de Donald Trump pour la rénovation de l’institution culturelle. Cette nouvelle décision de justice intervient le jour même où son conseil d’administration doit se prononcer sur une éventuelle fermeture immédiate, pour une durée de deux ans, de la salle, selon lui en raison, de l’état précaire de ses finances et de son bâtiment. « Le Kennedy Center est pratiquement en ruine, et ce depuis de nombreuses années », a appuyé ce mardi Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Dans sa décision de mai, le juge Cooper avait également suspendu à titre provisoire la fermeture pour deux ans de la salle, considérant que le conseil avait manqué à son « devoir de prudence » en ne tenant pas compte des retombées négatives de cette fermeture. Il avait néanmoins autorisé la poursuite des travaux de réparation prévus au Kennedy Center, dont « le besoin apparaît criant » et précisé qu’il ne s’opposerait pas à une nouvelle décision de fermeture si elle était prise au terme d’une évaluation plus approfondie.
• Une décision « horrible » sur le vote par correspondance
Donald Trump a par ailleurs dénoncé ce mardi une décision « horrible » et « hautement politique » de la Cour suprême, qui a rejeté la veille un recours de son administration visant à encadrer plus strictement le vote par correspondance dès les « midterms » en novembre. « Certains juges sont pétrifiés par ces démocrates dérangés et dépravés, et sont totalement incapables de faire preuve du courage nécessaire pour sauver notre Amérique », a attaqué le président étasunien sur sa plateforme Truth Social.
Le président républicain dénonce régulièrement le vote par correspondance, auquel il impute en grande partie sa défaite - qu’il ne reconnaît toujours pas - en 2020 face au démocrate Joe Biden. Il a affirmé, sans étayer ses accusations, que la décision de la Cour suprême rendait désormais la triche pour les démocrates « beaucoup plus facile » lors des prochains scrutins. L’enjeu est majeur : près d’un tiers des électeurs américains a voté par correspondance en 2024, selon l’organisation States United.
Cette décision intervient moins de deux mois avant les élections du 3 novembre, mal embarquées pour la majorité républicaine de Donald Trump. La droite américaine pourrait perdre sa fine majorité à la Chambre, voire au Sénat, au profit des démocrates. Dans leur décision lundi, quatre des six juges conservateurs de la Cour, dont son président, John Roberts, ainsi que les trois progressistes, rejettent la demande du gouvernement. Ils estiment que celui-ci a peu de chances de l’emporter quand l’affaire sera jugée sur le fond et qu’il n’a pas démontré la nécessité de suspendre, en attendant, la décision de première instance.
« La Cour suprême n’a pas eu d’autre choix que de rendre la bonne décision », s’est félicité de son côté le chef de la minorité au Sénat, le démocrate Chuck Schumer, soulignant que « le projet de rendre le vote plus difficile était manifestement inconstitutionnel ». L’influente association de défense des droits civiques ACLU a aussi salué une « grande victoire pour le droit de vote, l’intégrité des élections et la démocratie ».
Par Service Actu (avec AFP)