Vosges. Remiremont : après un AVC, Lori Valdenaire a fait du street art sa passion et son métier
Tout commence sur les bancs de l’école : Lori Valdenaire dessine depuis son plus jeune âge. Il a toujours obtenu les meilleures notes en arts plastiques et dessinait, à l’époque, de nombreux personnages issus d...
Tout commence sur les bancs de l’école : Lori Valdenaire dessine depuis son plus jeune âge. Il a toujours obtenu les meilleures notes en arts plastiques et dessinait, à l’époque, de nombreux personnages issus de mangas ou de cartoons. En grandissant, le dessin lui est sorti de la tête. C’est en 2019 qu’il est victime d’un AVC qui changera sa vie à jamais. Passé à quelques pas de la mort, son médecin lui conseille une activité plus calme et moins stressante. C’est alors qu’il se met à la peinture à l’huile. Après avoir acheté toiles et pinceaux, il s’entraîne et peint par pur loisir.
Les choses commencent à changer lors du Festiv’Art’Cades, organisé en 2021 à Remiremont. Des street artistes et graffeurs exposent leurs œuvres sur les poteaux des arcades de la rue Charles-de-Gaulle. En découvrant l’événement, Lori tente sa chance et demande une place pour exposer ses peintures. Peignant avec les mains, sans pinceaux, il réalise plusieurs œuvres. « Je suis arrivé ici comme un outsider, je repars avec le plus d’œuvres vendues ». Les artistes du festival pouvaient en effet proposer leurs créations à la vente à l’issue de l’événement. Ce succès le convainc de se consacrer pleinement à la peinture. Il quitte son emploi et loue un atelier afin de se perfectionner.
Une année de doute
Pendant un an, rien ne se passe. Lori ne parvient pas à vendre ses œuvres et s’interroge sur le bien-fondé de son choix. « Quand je commence quelque chose, j’y vais toujours à fond et intensément », déclare-t-il.
Il persiste pourtant et commence à réaliser des œuvres à la craie dans le décor monotone et froid du parking des Brasseries. À force de dessiner illégalement sur les murs de la ville, la municipalité le contacte. Son talent étant reconnu, le maire, Jean-Benoît Tisserand, trouve un accord avec lui pour qu’il peigne un mur du parking, marquant un véritable tournant dans sa carrière.
Mêlant pop culture et réinterprétations d’artistes de renom, « ça peut aller de Sangoku à Paul Gauguin », témoigne l’artiste.
Les œuvres de Lori Valdenaire ont transformé le parking couvert des Brasseries, à Remiremont, en une véritable galerie d’art. Photo Arthur Daubié
Une galerie d’art à ciel ouvert
De l’autorisation d’un seul mur à l’ensemble du parking, Lori séduit les Romarimontains grâce à des peintures qui parlent à tous et embellissent les murs gris du parking des Brasseries. Il se fait un nom sur la scène du street art et est invité à différents événements. Des maires le contactent pour réaliser des fresques, il anime des ateliers d’art urbain avec des enfants et peut désormais vivre de sa passion en vendant ses œuvres. « Je ne vis que de ça. Il y a de la peinture partout chez moi, sur mes mains et sur mes habits aussi ».
En 2025, il réalise une fresque représentant Frida Kahlo, à l’angle des rues Maldoyenne et du Canton, à Remiremont. Devenue emblématique, elle est aujourd’hui l’une des œuvres les plus remarquées de la ville.
Le plus important, pour lui, dans une œuvre, est d’éprouver du plaisir à la réaliser. « Je m’amuse à peindre et ça se ressent forcément dans l’œuvre », dit-il. Il nourrit plusieurs projets pour la suite : voir le parking des Brasseries devenir un véritable espace d’expression ouvert à d’autres artistes et continuer d’inspirer de nouvelles vocations.
Néanmoins, Lori va quelque peu délaisser la peinture dans les prochains mois afin de se consacrer à sa future websérie, Valroc. Si l’on suit sa logique, ce projet sera, comme lui, empreint d’une volonté de tout faire avec intensité.