Vosges. Nuisances sonores liées aux logements de vacances dans le Massif : « Des mesures fortes doivent être prises »
C’est un sujet de plus en plus prégnant dans les communes touristiques du massif des Vosges et la grande table ronde organisée ce mercredi matin en mairie de La Bresse n’a fait que le confirmer. Ces dernières a...
C’est un sujet de plus en plus prégnant dans les communes touristiques du massif des Vosges et la grande table ronde organisée ce mercredi matin en mairie de La Bresse n’a fait que le confirmer. Ces dernières années, « les nuisances sonores liées aux logements de vacances » sont au cœur des préoccupations de nombreux habitants des Hautes-Vosges.
Pendant deux heures, le sujet a ainsi été très largement abordé ce mercredi lors d’une rencontre spéciale organisée à l’initiative de la municipalité de La Bresse. Autour de la table, des élus de communes concernées à savoir Gérardmer, Xonrupt-Longemer et Ventron. Mais aussi des acteurs et professionnels du tourisme, des parlementaires, des représentants des forces de l’ordre et des habitants.
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Plusieurs parlementaires ont pris part à cette grande table ronde et sont intervenus notamment pour évoquer les solutions possibles ; c’était le cas du député Christophe Naegelen. Photo Audrey Martin
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Ce mercredi matin, une « table ronde sur les nuisances sonores liées aux logements de vacances » s’est tenue en mairie de La Bresse. Photo Audrey Martin
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Des représentants de riverains ont pris la parole et ont témoigné de leur quotidien impacté par ces nuisances, sonores mais pas que… Photo Audrey Martin
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Des acteurs du tourisme du secteur sont également intervenus et notamment des loueurs, des responsables de conciergeries, des propriétaires de gîtes… Photo Audrey Martin
« Préserver une montagne vivante constitue un enjeu majeur. L’attractivité de nos villages repose autant sur la qualité d’accueil que sur le bien-être de celles et ceux qui y vivent. Il est indispensable que le développement touristique s’accorde avec la qualité de vie des habitants », a expliqué le maire de La Bresse Pierre Mengin. « Depuis plusieurs années, nous constatons une augmentation des conflits de voisinage liés à certains logements de vacances. Je parle bien de certains logements car il serait injuste de faire des généralités. Une majorité de propriétaires et de vacanciers est respectueuse. Mais certaines situations suffisent à dégrader durablement le quotidien d’un quartier. »
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« Des gens en pleurs dans mon bureau »
Sur ce sujet qui « préoccupe », « interpelle », l’édile a donc souhaité « rassembler » pour « dépasser les simples constats », et apporter une « réflexion collective » qui « concilie tourisme et qualité de vie ». Une vision partagée par les autres maires, comme Eric Mougel. « Encore récemment, j’ai eu des gens en pleurs dans mon bureau, à cause de ce genre de nuisances. Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé. Il est intolérable de continuer à subir ça. Les gens ont l’impression que rien n’est fait. C’est faux. En revanche, il faut aller plus loin. Avoir une réflexion commune. Et des mesures fortes doivent être prises. Si on ne fait rien, c’est la qualité d’accueil qui va être impactée », appuie le maire de Xonrupt-Longemer.
De même pour Thomas Gion , le maire de Gérardmer : « C’est essentiel qu’on puisse échanger tous ensemble car ce sont des sujets qui nous impactent tous dans le Massif. Il est important de tomber d’accord sur des solutions. Du concret. Et d’agir vite. »
Des groupes venus faire la fête pointés du doigt par un collectif
Pour ce faire, chacun a ainsi pris la parole, pour exposer son point de vue. Sa réalité. À commencer par les habitants et notamment des membres du collectif des Huttes. Les riverains d’un lotissement qui évoquent un quotidien fortement impacté par des nuisances multiples depuis des années, causées par deux gros chalets de location. « On voit débarquer des groupes qui viennent faire la fête sans se soucier du reste. Plusieurs fois par semaine. Ce sont des nuisances sonores mais aussi visuelles… Des bruits festifs qui se répètent, le jour, la nuit. Et c’est la récurrence, le pire. Ça impacte notre santé physique, mentale », confie Karine Didier qui se réjouit que le sujet soit « enfin pris en compte ».
« On n’est pas contre le tourisme, mais on demande un tourisme respectueux », appuie la Bressaude.
Chacun autour de la table a pu prendre la parole et délivrer son ressenti. Photo Audrey Martin
Déjà des mesures appliquées par les loueurs
Un tourisme respectueux et bienveillant, qu’appellent également de leurs vœux les acteurs du tourisme présents à ce temps d’échanges. Des loueurs notamment qui soulignent que plusieurs actions sont mises en œuvre, à leur niveau. « On a mis des détecteurs de nuisances sonores dans tous nos chalets, connectés à nos téléphones. S’il y a un problème, on est à 15 minutes maximum et on intervient. On fait aussi un accueil personnalisé à chaque arrivée où on expose bien les consignes à respecter. Les vacanciers signent un contrat dans lequel ils s’engagent à les respecter », note Lauriane Jeandel, responsable de locations saisonnières à Gérardmer.
Prévention, communication… et sanctions
Au fil des interventions, tous s’accordent sur la nécessité de prendre les choses en main, sans « opposer » les uns et les autres. Mais en prônant la communication, la prévention, le bon sens de part et d’autre. Et, « si ça ne suffit pas, de sévir ». « Il ne faut pas hésiter à nous appeler », répond Séverine Uhring, majore de la communauté de brigades de Saulxures-sur-Moselotte à une habitante qui confie ne plus oser prévenir la gendarmerie par peur de déranger. « Il faut appeler et faire remonter, car c’est comme ça qu’on pourra identifier les locations qui posent problème », appuient plusieurs élus dont Nathalie Mandra, la présidente de l’Office de tourisme intercommunal de Gérardmer. Office de tourisme qui vient, justement de constituer un groupe de travail pour trouver des solutions à ces nuisances, qui ne sont pas uniquement sonores.