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“Vos cuilles sont inexistantes”, “trou du cl”, “petite sal*pe” : Emmanuel Macron insulté par SMS, le profil troublant de son harceleur présumé

Pendant plusieurs mois, Emmanuel Macron,  a reçu directement sur son téléphone personnel des messages particulièrement agressifs. Leur auteur présumé, un ancien ingénieur aujourd'hui au chômage et installé à La...

Pendant plusieurs mois, Emmanuel Macron,  a reçu directement sur son téléphone personnel des messages particulièrement agressifs. Leur auteur présumé, un ancien ingénieur aujourd'hui au chômage et installé à Landiras, en Gironde, a comparu le 10 septembre devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Entre mars et juin 2026, l'homme lui aurait adressé 19 SMS et messages vocaux. L'Élysée a finalement porté plainte, sans se constituer partie civile. Le prévenu est poursuivi pour outrages à personne dépositaire de l'autorité publique et menace de mort.

À l'audience, le président du tribunal Jean-Luc Ybres a rappelé plusieurs messages attribués au prévenu : "Vos couilles sont inexistantes et votre intégrité déjà en enfer", "trou du cul" ou encore "petite salope", aurait-il notamment écrit au chef de l'État. Un autre message a été considéré comme une menace de mort par la vice-procureure Clara Passerieux : "Vous ne pouvez pas gagner contre moi de cette façon, il ne peut qu'y avoir une balle dans ma tête ou la vôtre". Face aux magistrats, l'homme est pourtant apparu calme et a réfuté toute intention violente. Une question a particulièrement intrigué le tribunal : comment cet habitant de Gironde avait-il obtenu le numéro privé d'Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron : un homme qui l'insulte placé en garde à vue

Selon son récit, une clé USB aurait été déposée anonymement dans sa boîte aux lettres à Marmande, cinq ans auparavant. Elle aurait contenu le numéro du président, mais également ceux de plusieurs médias. Cette version n'est pas présentée comme établie par l'enquête. Le prévenu a aussi affirmé avoir créé un site lié aux gilets jaunes, puis avoir contribué à mettre fin au mouvement en 2018 avec des "services intérieurs".

En garde à vue, il disait vouloir poursuivre Emmanuel Macron pour "haute trahison". Son profil a occupé une place importante durant l'audience. L'homme suit une psychothérapie depuis 2021. Selon l'expertise psychiatrique évoquée devant le tribunal, il présenterait une "hypertrophie du moi", une dimension paranoïaque et se situerait "à la limite des idées délirantes". L'expert n'a toutefois pas décrit un profil violent. Son discernement a été considéré comme altéré, mais non aboli. Son avocat, maître Gaessy Gros, a plaidé pour une altération plus importante, en s'appuyant notamment sur les déclarations de son client concernant son rôle supposé dans le mouvement des gilets jaunes et ses liens allégués avec les services de l'État.

La décision de la justice en délibéré

L'ancien ingénieur reconnaît l'outrage, mais conteste l'accusation de menace de mort, selon le compte rendu de l'audience. Il aurait expliqué que son premier message visait notamment à obtenir "l'arrêt du génocide en Palestine, des ventes d'armes à Israël". Le dossier mêle ainsi propos insultants, menace présumée et déclarations que l'expertise psychiatrique a examinées dans l'évaluation de son discernement.

Le parquet poursuit néanmoins l'homme pour les faits qui lui sont reprochés. Après l'audience du 10 septembre, le tribunal correctionnel de Bordeaux a mis sa décision en délibéré. Le jugement doit être rendu le 15 octobre 2026. D'ici là, le prévenu reste présumé innocent des infractions qui lui sont reprochées. Cette affaire devra attendre cette date pour connaître sa conclusion judiciaire, après des mois de procédure.

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