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Voitures électriques : une nouvelle réforme de l’éco-score pourrait chambouler le marché

Un projet d’arrêté ministériel propose de revoir le mode de calcul de l’éco-score des voitures électriques. Un réajustement technique en forme de chamboule-tout qui pénalise les berlines compactes et crossovers moyens. Certains modèles ne pourront plus bénéficier du bonus écologique, ni être éligibles au leasing social, quand d’autres y auront enfin accès. Explications.

Le ministère de la Transition écologique vient d’ouvrir une consultation publique pour modifier en profondeur la méthodologie de calcul de l’éco-score. Se profile un changement de grille mathématique qui pourrait redessiner en profondeur le paysage commercial des voitures à batteries.

Comment fonctionne l’éco-score

L’éco-score évalue l’empreinte carbone globale du véhicule en amont de sa mise en circulation. Pour définir le score d’un modèle, l’Ademe (Agence de la transition écologique) tient compte de l’extraction et du raffinage des métaux, de la production de la batterie, de l’assemblage du véhicule et enfin du transport jusqu’à son lieu de commercialisation.

La note carbone obtenue est ensuite convertie en points selon une grille établie. Pour obtenir l’éco-score un modèle doit obtenir plus de 60 points (jusqu’à 80 points, note maximale possible jamais atteinte par aucun modèle).

Dans les critères de notation, la batterie, pèse à elle seule 35 % à 45 % du bilan carbone global. Le lieu d’assemblage des cellules devient ainsi déterminant. Produite en Chine (100 à 120 kg-eq CO2/kWh) contre 40 à 50 kg pour une cellule européenne, elle fait perdre de 12 à 18 points de la note globale.

Pourquoi revoir le mode de calcul  ?

Jusqu’à présent le parc automobile sujet à notation est divisé en deux catégories, permettant de ne pas juger une petite citadine et un gros SUV avec les mêmes critères. Mais cette répartition binaire pose problème. La ségmentation actuelle ne reflète pas les différents types de voiture et d'usages. Toutes les modèles, hors citadines, sont actuellement regroupées sous une seule et même banière. Un ensemble bien trop vaste.

L’exécutif propose de créer une troisième catégorie spécialement dédiée aux plus grands véhicules qui affichent au moins un des critères suivants : 7 places assises ou plus, volume de coffre d’au moins 410 litres et autonomie wltp de 550 km.

L’incidence sur les modèles

Les grands gabarits bénéficieront ainsi d’un cadre de notation propre et adaptée pour tenir compte de leur usage (familial et grand trajets) et de leur spécificité technique (grosse batterie). Pour prétendre à l’éco-score ces voitures devront justifier d’une empreinte carbone maximale de 21 000 kg équivalent CO2.

Les berlines et crossovers compacts, à l'image du Renault Scenic E-tech illstrant cet article, réunis dans la catégorie 2, verront leur barème de notation durci. L’empreinte carbone maximale sera abaissée de 21 000 kg équivalent CO2 à 19 300 kg. Des modèles jusqu’alors éco-scorés, risquent ainsi de passer sous la barre des 60 points nécessaires. Avec au passage leur non-éligibilité au leasing social.

Une nouvelle complexification de l’usine à gaz ?

Si cette nouvelle grille de notation est censée aider les plus gros gabarits à obtenir l’éco-score, les règles concernant le bonus écologique ne changent pas. Pour en bénéficier, les véhicules doivent coûter mois de 47 000 € et peser moins de 2,4 tonnes. 

L’arrêté définitif attendu, à l’issue de consultations, pour le 7 octobre prochain risque de créer une nouvelle couche de complexification, en lieu et place de la volonté de clarification affichée.