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Vive la rentrée, les grèves reprennent

À peine les vacances terminées, les préavis de grève s'accumulent déjà dans l'enseignement, les transports et les services publics. Et en ligne de mire, une nouvelle grève générale. La rentrée affiche son calen...

À peine les vacances terminées, les préavis de grève s'accumulent déjà dans l'enseignement, les transports et les services publics. Et en ligne de mire, une nouvelle grève générale. La rentrée affiche son calendrier des mobilisations. Certaines revendications portent sur des choix fondamentaux, comme les pensions, les salaires ou les conditions de travail. D'autres paraissent plus surprenantes. Ainsi, un écochèque de 100 euros par an peut désormais paralyser une partie du réseau Letec.

Et c'est là que le malaise commence. Non pas parce que 100 euros seraient négligeables pour celui qui les reçoit. Mais parce que ceux qui subissent les conséquences de ces mobilisations semblent totalement oubliés. Comme si une grève n'avait pas de coût sociétal, pas d'impact environnemental, pas de conséquences sur la réputation des services publics ni sur le bien-être des citoyens.

Une journée de grève n'est pas qu'un trait sur le calendrier. C'est un parent qui cherche une solution pour ses enfants. Un patient dont le rendez-vous doit être reporté. Un travailleur qui ne peut se rendre au bureau. Une entreprise dont le fonctionnement est perturbé. Des milliers de citoyens paient ainsi le prix d'un conflit qui ne les concerne même pas. Attendre des syndicats un peu de proportionnalité est un minimum.

Une grève pourrait toucher toutes les prisons belges dès le 6 septembre "et pas pour un seul jour"

D'autant qu'une grève ne tire pas seulement sa force de sa capacité de nuisance. Elle repose aussi sur sa légitimité et sur l'adhésion qu'elle suscite. Le problème de cette rentrée n'est donc pas que les syndicats contestent, mais qu'à force de multiplier les mouvements, pour des enjeux très variés, la grève passe pour un réflexe politique. Alors qu'une négociation constructive, fondée sur une compréhension partagée des enjeux réels, devrait rester la première voie.

Le gouvernement, lui aussi, a une responsabilité. Il ne peut balayer les inquiétudes suscitées par les mesures prises d'un revers de main. Même lorsqu'elles sont nécessaires et difficiles, les réformes méritent davantage de pédagogie. Le mur budgétaire ou le compromis politique ne suffisent pas à obtenir l'adhésion.

Il serait temps, des deux côtés, de retrouver le sens de la proportion, du dialogue et des réalités. Le nombre de jours de grève ne peut devenir une fierté, une sorte de tableau de chasse. Notre modèle social mérite mieux. Comprenez, des syndicats capables de défendre les travailleurs sans oublier les citoyens, et un gouvernement capable de réformer sans oublier de les convaincre.

"Pour être clair, oui, la question de la grève générale sera posée" : la détermination de Marie-Hélène Ska (CSC) et Selena Carbonero Fernandez (FGTB)

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