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“Pet effect”: une étude suisse relativise les bienfaits des animaux domestiques

Publié31. juillet 2026, 18:53Bien-êtreVit-on plus heureux avec des bêtes? Pas sûr, dit une étude suisseUne recherche inédite menée auprès de 2300 personnes met en évidence une santé légèrement moins bonne chez ...

Publié31. juillet 2026, 18:53

Bien-êtreVit-on plus heureux avec des bêtes? Pas sûr, dit une étude suisse

Une recherche inédite menée auprès de 2300 personnes met en évidence une santé légèrement moins bonne chez les gens qui ont un animal domestique.

Arnaud Gallay

Les bienfaits de partager sa vie avec un chien ou un autre animal ne sautent pas aux yeux.

Les bienfaits de partager sa vie avec un chien ou un autre animal ne sautent pas aux yeux.IMAGO/Addictive Stock

Avoir un chat, un chien ou un canari chez soi, tout le monde vous le dira: ça change la vie. Pour le mieux? Pas forcément, conclut une étude menée en Suisse par plusieurs universités, dont celles de Bâle et de Lucerne, ainsi que Swiss TPH (Institut tropical et de santé publique suisse).

Le travail s'appuie sur des données recueillies auprès de 2300 personnes, propriétaires ou non d'animaux. Un échantillon plutôt étoffé, nécessaire lorsque l'on sait que les ménages suisses sont moins nombreux (39%) à détenir un animal que les ménages européens (46%) ou américains (60%).

«Pet effect» mis en doute

Les conclusions de l'étude battent en brèche le fameux «pet effect», qui affirme que les propriétaires d'animaux vont moins chez le médecin, ont un appareil cardiovasculaire en meilleur état, vieillissent mieux, voire ont un taux de mortalité plus bas. Ces idées sont particulièrement en vogue depuis la pandémie de Covid, période où les adoptions ont explosé sur fond de croyances quant au rôle des chiens et des chats comme remèdes au stress, à la solitude et à la déprime.

De fait, selon l'étude helvétique publiée mercredi dans la revue scientifique «PLOS One», les propriétaires de bêtes ne jouissent pas d'une meilleur état physique ou mental que ceux qui n'ont ni Médor ni Minette à domicile. Au contraire: ils ont une santé légèrement plus fragile et des «comportements malsains» un chouïa plus fréquents: ils fument 0,19 cigarette de plus par jour.

Variations insignifiantes

L'équipe de scientifiques se garde d'en tirer des conclusions trop hâtives. «Les personnes présentant des problèmes de santé préexistants ou un niveau de stress plus élevé, facteurs corrélés au tabagisme, seraient plus susceptibles d'adopter un animal de compagnie pour trouver du réconfort ou de la compagnie, à titre de mécanisme compensatoire», écrivent-ils. En outre, l'étude souligne que pour beaucoup d'autres facteurs (solitude, satisfaction de vie, bien-être psychologique...), la variation est insignifiante une fois les données corrigées pour tenir compte de certains biais, comme l'âge.

En fin de compte, les différences les plus significatives n'apparaissent que lorsque l'on creuse la quantité et la qualité du contact avec la bête. Ainsi, plus on passe de temps avec l'animal, plus il est considéré comme un soutien. Cela pousse les chercheurs à écrire que les recherches futures devraient «dépasser la simple conception binaire de la possession d'un animal de compagnie». Et de suggérer que le fait de soigner, promener, câliner ou jouer avec un animal constituent des aspects plus décisifs pour le bien-être humain.

Arnaud Gallay

Arnaud Gallay (arg) est journaliste à 20 minutes depuis 2009. Ses sujets de prédilection: actu internationale, genre/sexualités, mobilité et faits divers.

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