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Visas pour les Algériens: le président Tebboune affirme n’avoir “jamais demandé un quota” à la France

Une partie de la droite française s'était insurgée ces dernières semaines contre une déclaration de l'ambassadeur de France en Algérie, qui a évoqué une "hausse" du nombre de visas délivrés aux Algériens, pour atteindre 250.000 visas par an. Emmanuel Macron lui-même avait réagi en assurant que la...

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune donne une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec son homologue slovène à Ljubljana, le 13 mai 2025.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune donne une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec son homologue slovène à Ljubljana, le 13 mai 2025. - Jure Makovec

Une partie de la droite française s'était insurgée ces dernières semaines contre une déclaration de l'ambassadeur de France en Algérie, qui a évoqué une "hausse" du nombre de visas délivrés aux Algériens, pour atteindre 250.000 visas par an. Emmanuel Macron lui-même avait réagi en assurant que la France n'a aucun "objectif chiffré" et "aucun laxisme".

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a affirmé, dans une interview ce lundi 27 juillet, n'avoir "jamais" demandé de quota de visas à la France, après une vive polémique déclenchée par des propos de l'ambassadeur français à ce sujet.

"Je le réaffirme pour les Algériens avant nos amis français: le président algérien n'a jamais demandé un quota de visas, un nombre de visas ou parlé de visas", a affirmé Abdelmadjid Tebboune à des journalistes, selon un extrait publié par la présidence algérienne.

Il s'exprimait quelques jours après son homologue français Emmanuel Macron qui a déclaré ce mercredi que la France n'avait fixé aucun "objectif chiffré" concernant le nombre de visas octroyés à l'Algérie et ne faisait montre d'"aucun laxisme". Emmanuel Macron tenait ainsi à "corriger" des propos de l'ambassadeur de France en Algérie Stéphane Romatet ayant déclenché une vive polémique en France.

Vive polémique

Dans un entretien filmé diffusé par le média Tout sur l'Algérie (TSA), Stéphane Romatet avait évoqué une "hausse" du nombre de visas délivrés aux Algériens pour "revenir probablement" au niveau d'avant-crise entre les deux pays, soit 250.000 par an, suscitant une levée de boucliers à droite et à l'extrême droite en France.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait dénoncé une "capitulation" et le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle, Bruno Retailleau, un "renoncement", alors que Paris s'efforce de renouer des relations plus apaisées avec Alger après une succession de crises.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 entre la France et l'Algérie lorsque Paris avait apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental.

"L'Algérie ne fera jamais la manche"

L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

"Je n'ai jamais demandé d'excuses, je n'ai jamais demandé d'indemnisations, l'Algérie ne fera jamais la manche", a ajouté le président Tebboune dans l'entretien.

L'Algérie réclame "la reconnaissance (par la France) des crimes commis dans le pays", pas une "compensation financière", a déjà déclaré par le passé le président algérien.

En mars dernier, le Parlement algérien a approuvé une loi criminalisant la colonisation française, dans laquelle ne figurent plus des exigences d'excuses officielles ni de réparations généralisées, contenues dans une première mouture.

Le texte fait porter à l'État français "la responsabilité juridique de son passé colonial en Algérie et des tragédies qu'il a engendrées".