Violences policières à Carcassonne : un des frères de l’homme violemment projeté au sol a porté plainte, la famille a découvert la vidéo sur les réseaux sociaux
L'IGPN est saisie après la diffusion d'une vidéo dans laquelle un agent de la police nationale de Carcassonne jette violemment à terre un homme, qui est décédé treize jours plus tard d'un arrêt cardiaque. Un des frères de Youssef témoigne.
l'essentiel L'IGPN est saisie après la diffusion d'une vidéo dans laquelle un agent de la police nationale de Carcassonne jette violemment à terre un homme, qui est décédé treize jours plus tard d'un arrêt cardiaque. Un des frères de Youssef témoigne.
La mort d'un homme de 29 ans jeté à terre par un policier à Carcassonne prend une tournure judiciaire. Au lendemain de la diffusion de la vidéo samedi sur les réseaux sociaux, le parquet de Carcassonne a saisi l'IGPN et ouvert une enquête pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique.
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Sa famille a découvert elle aussi la vidéo de Youssef sur les réseaux sociaux. "Les images parlent d’elles-mêmes : mon frère n’est pas agressif, il reste calme avant d’être pris à partie", raconte Hamza à L'Indépendant. "On avait du mal à imaginer qu’une telle violence de la part des forces de l’ordre se soit produite". Selon lui, Youssef avait confié à sa famille avoir subi des violences d'un agent de la police nationale.
Youssef, 29 ans, était sans-abri depuis l'âge de 16 ans, selon le parquet de Carcassonne. La famille affirme au contraire qu'il vivait chez sa soeur dans la ville-prréfecture de l'Aude. "Il avait choisi cette vie marginale. Il voulait vivre en toute liberté", explique le frère Hamza à L'Indépendant.
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Intervention musclée le jour de la Fête de la musique
Le communiqué de la procureure de la République Géraldine Labialle détaille le contexte de la vidéo. La police nationale de Carcassonne intervenait pour des "nuisances sonores réitérées" le 21 juin, jour de la fête de la musique, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, rébellion et violences volontaires. La scène s'est déroulée rue Auguste-Fourés. Selon le frère du jeune homme décédé, un groupe organisait un "apéro entre amis" vers 19h30 au pied d'un immeuble.
Youssef, l'homme projeté au sol, n'a pas porté plainte après les faits. Treize jours plus tard, il a été découvert mort sur son campement le 3 juillet dernier. L'autopsie a exclu "toute lésion traumatique suspecte en faveur de l'intervention d'un tiers". Le décès n'a donc pas de lien avec l'acte violent reproché au policier. Le décès s'explique par un arrêt cardiaque. L'homme était toxicomane.
Pourquoi a-t-il été poussé si violemment au sol, peinant à se relever et se tenant la tête ? Il semble qu'il demandait simplement à une policière de lui rendre son téléphone.
La famille veut connaître la vérité
Hamza est allé porter plainte au commissariat de Carcassonne, le dimanche 13 septembre, pour des faits de violences commises par une personne dépositaire de l'autorité publique. Sa famille et lui seront prochainement entendus par visioconférence par l'IGPN de Marseille. "Ce que veulent mes parents, c’est que cette vidéo serve d’exemple pour que les violences policières s’arrêtent". Cette affaire intervient quelques jours après une autre vidéo de la police à Carcassonne, impliquant cette fois la police municipale, où un brigadier-chef multipliait les propos racistes, complotistes, homophobes, masculinistes et transphobes. Les quatre policiers municipaux en patrouille ont été suspendus par le parquet de Carcassonne.
Pas de commentaire de la mairie de Carcassonne
La mairie de Carcassonne a indiqué à l'AFP (Agence France-Presse) ne pas souhaiter commenter "cette vidéo qui concerne un policier national et non municipal", a précisé Florent Ghisi, adjoint au maire. "De plus", a-t-il ajouté, "c'est une vidéo coupée, et le policier défendait sa collègue qui était attaquée par une personne qui aurait été sous l'emprise de la drogue".