Violences du 17 octobre : “Ce qu’il faut, c’est un état d’urgence social”, estime François Piquemal, député LFI de Haute-Garonne
Invité du "Duel" d'"Avant le 20h" ce 19 octobre face à Jean-Charles Orsucci, maire Renaissance de Bonifacio, l'Insoumis François Piquemal revient sur la réponse aux violences urbaines qui ont émaillé les manifestations de samedi. Les mesures sécuritaires ne sont "pas des solutions à la crise politique en cours", pense-t-il, estimant qu'Emmanuel Macron a dans son allocution "remis de l'huile sur le feu en apportant aucune réponse politique à la crise".
Publié le 19/10/2026 20:07
Mis à jour le 19/10/2026 20:07
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Article rédigé par franceinfo - Édité par l'agence 6Medias
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Invité du "Duel" d'"Avant le 20h" ce 19 octobre face à Jean-Charles Orsucci, maire Renaissance de Bonifacio, l'Insoumis François Piquemal revient sur la réponse aux violences urbaines qui ont émaillé les manifestations de samedi. Les mesures sécuritaires ne sont "pas des solutions à la crise politique en cours", pense-t-il, estimant qu'Emmanuel Macron a dans son allocution "remis de l'huile sur le feu en apportant aucune réponse politique à la crise".
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du duel ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Perrine Storme : Je vous posais la question il y a un instant, vous n'avez pas eu de casse, de violences ce week-end en Corse ?
Jean-Charles Orsucci : Non, il n'y a pas eu de manifestation si ce n'est à Bastia et Ajaccio, mais je crois qu'elles se sont passées à peu près correctement. Il y a quand même eu quelques échauffourées à la fin. J'ai entendu, chez vos confrères de ViaStella, qu'il y avait eu cinq ou six interpellations, mais a priori rien de très significatif. En tout cas, on n'a pas du tout observé ce qu'on a pu observer sur le continent.
L'exécutif a appelé ce soir les préfets à prendre les décisions nécessaires pour protéger les villes, et donc cela passe par des interdictions de rassemblement, comme on le voit à Paris, dans certains quartiers, ou à Marseille, mais aussi avec des couvre-feux comme on le voit dans certaines villes du Nord, dans certains quartiers de Paris ou encore à Nice. Est-ce qu'on doit en passer par là ?
François Piquemal : Vous pouvez faire des couvre-feux, vous pouvez interdire les réseaux sociaux, comme je l'ai entendu, faire l'état d'urgence, mais ce ne sont pas des solutions à la crise politique et aux raisons de cette crise politique. Ce ne sont pas des solutions politiques.
Mais cela permet de répondre à l'urgence immédiate, et de rétablir l'ordre avant de donner la réponse politique ?
Ce qu'il faut, c'est un état d'urgence sociale, surtout. Je suis un député de La France insoumise et je vais reprendre un exemple historique, qui n'est pas de ma famille politique, mais qu'ont su faire certains hommes d'État français. Georges Pompidou, au moment où il y avait un conflit social très important, a réuni les partenaires, les syndicats, pour trouver des solutions politiques aux raisons du mouvement lycéen et [...], notamment, du pouvoir d'achat. Je pense qu'hier Emmanuel Macron, dans son allocution, a, d'une certaine manière, remis de l'huile sur le feu, en n'apportant aucune réponse politique à la crise.
Ceux qui ont cassé, encore une fois, ce ne sont pas les manifestants qui portaient des revendications. C'étaient des membres de l'ultra-gauche, qui voulaient en découdre visiblement avec les forces de l'ordre et des délinquants d'opportunité qui sont venus pour piller. Donc, quelle réponse politique vous apportez à ces casseurs-là ?
Vous faites bien de faire la distinction. Par ailleurs, j'ai entendu un certain nombre de propos, et vos confrères journalistes de Libération qui disent aussi qu'il y avait des militants d'extrême droite infiltrés parmi les casseurs. Une procureure qui dit qu'à cette heure, ils n'ont pas d'enquête qui montre les revendications d'un tel ou d'un tel. Donc, je pense que la mesure et la prudence, c'est d'attendre de ce point de vue là.
Je ne vois pas le rapport avec la réponse politique vis-à-vis des casseurs ? Vis-à-vis des manifestants, certes, mais vis-à-vis des casseurs ?
Vous l'avez dit, un certain nombre de casseurs profitent de l'opportunité des manifestations et du fiasco de la doctrine du maintien de l'ordre. Parce qu'il y a quelque chose dont on parle très peu, parce qu'aujourd'hui, on est dans l'info en continu, mais il s'est passé un événement assez important ce matin. On a Monsieur Nuñez, qui est ministre de l'Intérieur, qui est venu dire qu'il avait déposé sa démission à Monsieur Macron parce que, je cite, il se sentait "responsable de la situation". Et vous voyez, nous, on a beaucoup de griefs à faire à Monsieur Nuñez, vous le savez, on est des adversaires politiques. Mais pour le coup, je pense qu'il a eu une réaction de responsabilité en déposant et en proposant sa démission. Je ne comprends pas qu'Emmanuel Macron ne l'ait pas acceptée…
Il explique, Emmanuel Macron, qu'on ne peut pas se séparer de Laurent Nuñez en pleine crise. Vous avez entendu François Piquemal qui dit que l'urgence est d'apporter une réponse politique à la contestation sociale et pas forcément de prendre des mesures sécuritaires. Qu'est-ce que vous répondez à cela ?
Jean-Charles Orsucci : Je réponds que j'ai observé avec beaucoup d'intérêt vos questions et vos interrogations. Car dans vos interrogations, il y avait tout ce que pensent les Français majoritairement. La réalité, c'est qu'on a une vision très différente, avec Monsieur Piquemal, que je respecte. Moi, je suis de ceux qui pensent aujourd'hui que cette France silencieuse en a assez de ce qui est en train de se passer depuis quelques heures. Elle en a assez que des voyous, aujourd'hui, mettent à sac une partie de la France parce que ce n'est pas acceptable dans une démocratie, dans une République. Vous savez, j'ai écouté avec beaucoup d'attention ce qui était dit avant sur ce plateau, j'étais dans vos loges. Moi, l'empathie que j'ai ce soir, c'est vis-à-vis de tous ces commerçants aujourd'hui, qui ont vu leur outil de travail détruit. Et j'ajoute, pas seulement les propriétaires, ou les chefs d'entreprise, les salariés qui vont se retrouver aujourd'hui au chômage : je pense à ces gens-là, et qui n'ont rien à voir avec les revendications et ce qui a été fait.
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