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Viol d’un petit garçon à Beaucaire en 2021 : la cour criminelle du Gard plus sévère que l’avocate générale

Olivier Crambes, 66 ans, déjà connu pour des actes de pédocriminalité avait été incarcéré en 2024 pour avoir abusé d’un enfant de neuf ans, dans son entourage familial, lors d’une cousinade à l’été 2021. Le ministère public avait requis douze ans de réclusion criminelle à son égard.

Olivier Crambes, 66 ans, déjà connu pour des actes de pédocriminalité avait été incarcéré en 2024 pour avoir abusé d’un enfant de neuf ans, dans son entourage familial, lors d’une cousinade à l’été 2021. Le ministère public avait requis douze ans de réclusion criminelle à son égard.

"Je lui demande pardon pour ce que j’ai fait, je ne suis vraiment pas fier de moi, je souhaite de tout cœur qu’il n’y ait aucune répercussion psychologique ou physique et qu’il pourra oublier tout ce qu’on a vécu ensemble." Avant le verdict à la cour criminelle du Gard, Olivier Crambes, 66 ans, renouvelle ce jeudi 8 octobre ses excuses à l’enfant dont il a abusé à l’été 2021 à Beaucaire et qui, aujourd’hui âgé de 14 ans, l’écoute sans croiser son regard.

Me Chloé Belloy, à droite, avocate de la partie civile
Me Chloé Belloy, à droite, avocate de la partie civile MIDI LIBRE/ François Barrère

"Il doit être le dernier enfant de la série" insiste Me Chloé Belloy, avocate de l’adolescent et de sa mère, parties civiles. Et elle rappelle ces mots du garçon de neuf ans, questionné par l’enquêteur sur son ressenti : "Un mélange de plein d’émotions, sauf de la joie", avait-il dit.

Pas un mot d’explication sur très longs retards de la procédure

"Tout ce dossier tient dans cette phrase, un enfant qui ne comprend pas ce qu’on lui fait, mais qui sait de tout son corps que ce n’est pas bien. "

L’avocate générale réclame douze ans, et huit ans de suivi sociojudiciaire, rappelant ses précédentes condamnations, ses longues périodes de suivi médical, qui n’ont pas empêché son passage à l’acte.

Pas un mot, en revanche, pour expliquer ces six ans d’inaction judiciaire entre le signalement de la présence massive de vidéos de viols d’enfants dans son ordinateur en 2018 et son arrestation en 2024. Ou ces trois années passées entre la plainte de la mère pour ce viol commis par un homme déjà connu pour ses tendances pédophiles, et sa mise en examen à Nîmes.

"L’affaire va rester silencieuse, tranquille pendant pas mal de temps" élude-t-elle. Ces couacs entrent pourtant cruellement en résonance avec l’affaire Lyhanna, dans une institution critiquée parfois avec excès, mais qui a cet été multiplié les promesses de transparence. À aucun moment à l’audience, ces délais anormaux n’ont été abordés par la présidente.

Me Hugo Ferri, en défense, s’en indigne.

"Le temps judiciaire dans ce dossier pose question, j’aurais aimé que par la voix de la société, on apporte d’autres réponses. Ce silence on peut l’attribuer à une certaine forme de dysfonctionnement de la justice" souligne le pénaliste. "On n’a pas eu un commencement de justification, de réponse à des interrogations légitimes".

"Il ne faut pas le laisser seul avec ses démons"

Si Olivier Crambes avait été poursuivi en 2018, alors qu’il était récidiviste pour la détention d’images pédopornographiques, on peut penser qu’après l’impact d’une condamnation dans la sphère familiale, jamais la mère du petit garçon n’aurait confié un seul instant son fils à cet oncle pédophile, quelques années plus tard.

Me Florence Bourgeon, à son tour, s’efforce de décrypter la personnalité complexe de l’accusé. "Cela fait trois jours qu’il est très mal, même s’il n’exprime pas d’émotions envers les autres parties, parce qu’on lui a appris à se taire" explique-t-elle. Et elle s’interroge sur le sort que la société doit réserver à des profils comme le sien.

"Les maisons d’arrêt bouillonnent de gens qui lorsqu’ils vont sortir iront encore bien moins. Combien de bombes à retardement chez les psychiatres ? Il ne faut pas le laisser seul avec les démons qui l’ont envahi."

Après deux heures de réflexion, la cour décide de prolonger sa mise à l’écart de la société, allant au-delà du réquisitoire : quatorze ans de réclusion, huit ans de suivi sociojudiciaire et une interdiction définitive de toute activité professionnelle ou bénévole avec des mineurs, mais aucune peine de sûreté.