Villers-la-Ville : pourquoi personne ne veut de cette chapelle?
Différents acteurs se renvoyant la balle depuis les dernières inondations, les Hostieux Moines ont retroussé leurs manches pour nettoyer la chapelle Saint-Bernard, dans le goulot des ruines.
Les membres de la confrérie des Hostieux Moines de l'abbaye de Villers étaient sur deux fronts lundi et n'ont pas ménagé leur peine: ils déménageaient leur matériel entreposé dans l'ancien syndicat d'initiative puisque le bâtiment désormais régional va faire l'objet de travaux, et ils ont aussi nettoyé l'intérieur de la chapelle Saint-Bernard.
Celle-ci est située dans le goulot des ruines, surplombée par un jardin et intégrée aux murs de l'abbaye côté moulin. Depuis les inondations de la fin du mois de mai, la boue qui s'était accumulée à l'intérieur n'avait pas été évacuée.
Les confrères et Delphine Denis, bénévole très attachée à la chapelle, ont donc sorti et nettoyé certaines pièces du mobilier, retiré et évacué à la brouette plusieurs centimètres de boue séchée, et passé le sol à grande eau avant de tout réarranger. Ils ont aussi nettoyé le petit parvis et le bas des murs, où les boues avaient aussi stagné.
Plusieurs heures de travail décidé en dernière minute, faute d'interlocuteurs institutionnels. "Depuis les dernières inondations, tout le monde se renvoie la balle quand il s'agit de nettoyer cette chapelle, confirme Luc Haulotte, le père abbé de la confrérie. Comme nous étions occupés à déménager un peu plus haut, certains confrères ont proposé de venir ici et de nettoyer. Nous ouvrons la chapelle chaque année pour les festivités de la Saint-Bernard et la date se rapproche…"
Un grand flou
En réalité, la propriété de cette chapelle fait depuis des années l'objet d'un grand flou. Elle ne date pas de l'époque d'activité de l'abbaye: la pierre au-dessus de l'entrée où est gravée la date de 1715 a seulement été récupérée d'une autre chapelle Saint-Bernard, plus ancienne, située sur les hauteurs du site cistercien.
La chapelle du goulot des ruines est plus récente: elle a été "réinstallée" en 1845 au bord de la route qui traverse le domaine abbatial. Une plaque de pierre conservée à l'intérieur de l'édifice évoque une nouvelle inauguration après la Seconde Guerre mondiale par le cardinal Van Roey.
La question de la propriété dépasse la responsabilité du nettoyage lors des coulées de boue assez récurrente à l'endroit. Les confrères ont la clé des lieux depuis très longtemps, confiée par l'ancien curé de Villers, et ils observent depuis quelques années, une fissure importante bien visible à l'intérieur et qui semble s'aggraver sérieusement. Ils se posent des questions sur la stabilité de la façade, ce qui pourrait poser un problème de sécurité publique.
Du côté de l'abbaye, on considère que la chapelle ne fait pas partie des propriétés dont elle a la charge. En janvier 2021 déjà, Luc Haulotte avait envoyé un courrier à la direction des routes du Service public de Wallonie (SPW). En signalant la fissure, et en précisant que la chapelle "à l'abandon" est, d'après le service communal de l'Urbanisme, implantée sur l'assiette de la N275 qui dépend de la Région.
Quelques mois plus tard, le SPW a fait savoir que selon son analyse, la chapelle Saint-Bernard n'est pas dans son périmètre de compétence: l'ancienne route communale a été transférée à l'État, puis les routes ont été régionalisées en 1991, mais le transfert initial ne concernerait que les routes.
La chapelle, qui n'est pas considérée comme une dépendance de la route selon le SPW, serait restée communale. L'hypothèse est contestée (lire ci-contre) mais le SPW avait, à l'époque, conseillé à Luc Haulotte de s'adresser à la Commune et n'a rien entrepris de son côté pour assurer la sécurité des lieux.
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