VIDÉO. Mobilisation du 17 octobre à Charleville-Mézières : gilets jaunes, syndicats et lycéens unis dans la rue
À Charleville-Mézières, la mobilisation du 17 octobre a réuni au plus fort de la journée près de 500 manifestants. Voici ce qu’il faut retenir de cette journée. ...
À Charleville-Mézières, la mobilisation du 17 octobre a réuni au plus fort de la journée près de 500 manifestants. Voici ce qu’il faut retenir de cette journée.
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10 heures : place de l’hôtel de ville de Mézières. Plusieurs promeneurs se regardent de manière insistante se demandant si eux aussi sont venus pour la même chose. Mais rien de concret. À la même heure, au pied de la station Esso, une dizaine de personnes dont quelques gilets jaunes se sont retrouvés. Mais là aussi, pas de quoi appeler ça une manif.

Car, s’il y a bien un point de rendez-vous qui avait le plus circulé sur les réseaux sociaux, c’est celui-ci : midi, en haut du cours Briand, près de la statue de Gonzague. Sur place, une grosse centaine de manifestants. Certains portent le gilet jaune, d’autres non. Certains avaient préparé leur pancarte : « L’éducation, ça coûte un bras », « Jetez-nous des fleurs, pas des grenades » ou encore « De l’argent, il y en a dans les caisses du patronat ». D’autres non.
« Toutes les causes doivent se rassembler »
Aurore avait sa pancarte « La France à Macron, c’est fini ». « C’est de pire en pire, on ne peut plus tenir jusqu’à la fin du mois, tout est cher, il y a l’essence mais pas que… », explique la jeune femme. Pour rappel, en 2018, c’est le prix du carburant qui avait impulsé le mouvement des gilets jaunes.

À l’époque, Francis faisait déjà partie du mouvement. Ce samedi, il a été l’un des premiers à bloquer la circulation. « On est dans un royaume avec le roi, les bourgeois et nous les gueux. Et tant que les gens n’auront pas compris qu’il faut aller dans la rue pour s’unir, ça ne bougera pas. Vous savez si moi, je me bats, ce n’est pas pour moi, c’est pour mes enfants, pour eux, pour vous, pour l’avenir. »

Après 40 minutes cours Briand à filtrer « une voiture toutes les deux minutes », le cortège s’est dirigé vers l’intersection du pont des Deux-Villes. L’occasion d’observer la mixité des manifestants. Jérôme est représentant CGT. Pour lui, c’était important d’être là pour soutenir « les jeunes, les lycéens, les retraités… Toutes les causes doivent se rassembler ». Dans le cortège, on croise aussi une jeune femme avec une pancarte plutôt originale : « Je ne sais même plus pourquoi manifester tellement vous merdez ».


« C’est la première fois que je manifeste. Je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt, de ne pas avoir eu le courage quand j’étais au lycée de bloquer », confie-t-elle. Un jeune mineur, scolarisé à Bazin, représente justement les lycéens : « Si on a organisé des blocus, c’est juste pour demander plus de moyens, plus de budget… ». Si à Charleville-Mézières, la mobilisation lycéenne fut plutôt faible ces dernières semaines, selon lui c’est parce que « les gens se dégonflent très vite ».
Cette fois-ci, pas question de se dégonfler. 13 heures, le cortège prend la direction de la rocade de Charleville-Mézières. Avec un seul but : trouver des soutiens au mouvement. « Un coup de klaxon et tu passes ! » Une opération escargot qui s’est principalement bien déroulée, hormis quelques automobilistes réticents au coup de klaxon.


Cinq interpellations en fin de manifestation
13h50. Après presque une heure de blocage, nouveau déplacement pour le cortège. « Il y avait une manif de prévue à 14 heures place Ducale, on y va ? », « Moi j’ai entendu parler de la place de l’hôtel de ville, alors on fait quoi ? », « Bah on va d’abord voir place Ducale et après on fonce à l’hôtel de ville ». Et voilà, comment gilets jaunes, syndicalistes, lycéens ou encore retraités ont réussi à faire durer la manifestation pendant plus de 4h30, passant du cours Briand, à la rocade, en passant par la place de l’hôtel de ville, ou encore la préfecture.

Une manifestation qui s’est principalement déroulée dans le calme, hormis une échauffourée sur la rocade faisant un blessé et entraînant une interpellation pour « dégradation d’un véhicule ». À la suite de cet incident, vers 16 heures, les manifestants ont fait face aux policiers. La tension est montée. Le cortège a pris la direction du commissariat, puis de la gare. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés.

Au total, selon le préfet des Ardennes, cinq personnes ont été interpellées lors de cette journée de mobilisation, dont deux pour « tirs de mortiers ». Reste à savoir si cette journée marque le retour d’un mouvement ? Toutes les personnes interrogées sont prêtes à poursuivre la mobilisation.
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