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Les filles naissent dans les roses, mais les roses, où naissent-elles ? Certaines voient le jour au sein de la roseraie Delbard, qui compte parmi les 15 meilleurs hybrideurs mondiaux. Cette entreprise de l’Allier vieille de 90 ans nous dévoile ses secrets.
Solenne Barlot
Publié le lundi 20 juillet 2026 à 7h00
Les filles naissent dans les roses, mais les roses, où naissent-elles ? Certaines voient le jour au sein de la roseraie Delbard, qui compte parmi les 15 meilleurs hybrideurs mondiaux. Cette entreprise de l’Allier vieille de 90 ans nous dévoile ses secrets.
La rose est la fleur la plus représentée dans les jardins français. Dans l’Allier, la roseraie et pépinière Delbard existe depuis 90 ans et trois générations de rosiéristes pépiniéristes y ont créé plus de 250 variétés. Arnaud Delbard, le PDG de la roseraie éponyme, explique l’origine de cette fleur intemporelle : « C'est une plante qui est née sur l'Himalaya. Du côté ouest de l'Himalaya, elle est descendue vers la Chine. Du côté est et sud, vers l'Inde et ensuite au Moyen-Orient. A chaque fois qu’elle est descendue d'un côté et de l'autre, l'espèce a évolué. Au moment où les gens sont partis en bateau, que ce soient les Portugais, les Espagnols, les Anglais et bien sûr les Français, ils ont fait le tour du monde et ils ont ramené des plantes. »
« Ces plantes sont toutes uniques » : comment naissent les nouvelles variétés de roses ?
C'est comme cela que la rose est arrivée. « Elle était déjà en Europe, elle était déjà là, mais on a trouvé d'autres espèces qu’on ne connaissait pas. D'où l'idée de commencer à hybrider, à croiser ces variétés pour essayer de les rendre un peu plus belles, un peu plus odorantes, plus faciles à maîtriser aussi dans son jardin. »
Hybrider plusieurs variétés
Le chemin de la naissance des roses se poursuit dans une serre qu'on appelle la salle des mariages. « Parce que c'est ici que vous avez tous nos géniteurs, nos papas et nos mamans. Vous avez à peu près 2 ou 3 000 variétés ici qu'on va essayer de combiner. Il s’agit de faire des combinaisons les plus intelligentes possibles pour essayer d'améliorer les variétés existantes que nous avons », explique le PDG.
Il y a plusieurs étapes, c'est un travail très méticuleux, très précis. « C'est un travail très méticuleux parce que le rosier est hermaphrodite, il a tout son organe mâle et femelle dans la fleur, donc il peut s'auto-polliniser. Nous, on ne veut pas ça, on veut une pollinisation dirigée. On va commencer déjà par avoir un programme, savoir qui marier avec qui ».
Les fleurs sont ensuite castrées pour qu’elles ne s'auto-pollinisent pas. « On va enlever les étamines autour, on ne va garder que le pistil et on va aller chercher une autre fleur, une autre variété. On va prendre le pollen de cette autre variété qu'on va venir délicatement poser avec un pinceau pour consommer le mariage. Suite à cela, la fécondation se fait, le cynorrhodon va grossir. On va ouvrir ce fruit et à l'intérieur, on va trouver des graines. Ce sont des nouveaux individus, tous différents, issus des mêmes parents. On aura le résultat, 5 à 6 mois après » raconte Arnaud Delbard.
Une sélection pointue
En décembre dernier, ces spécialistes de la rose ont semé à peu près 150 000 graines. « La moitié vont germer, c'est-à-dire vont donner une plante. Ces plantes sont toutes uniques. On va ensuite commencer la sélection. » Le parfum est très important. « Ça fait partie de l'esthétisme. En fait, on a deux objectifs, c’est-à-dire obtenir quelque chose qui soit beau et agréable à la vue et à l'odeur. » Le pépiniériste recherche également les qualités agronomiques de la plante. « Il ne suffit pas d'être beau, mais il faut être aussi costaud. On est sur quelque chose qui sera peut-être dans un catalogue dans 7 à 9 ans. »
Mais il reste aux roses beaucoup d’étapes à franchir avant d’arriver dans les catalogues, selon le spécialiste : « Dans la pépinière, on a regardé surtout la forme de la fleur. Ensuite, on va commencer à regarder l'aspect agronomique de la plante. Est-ce qu'elle pousse, est-ce qu’elle ne pousse pas, est-ce qu'elle est sensible aux insectes, aux pucerons, est-ce qu'elle est sensible aux marsonias ? On va regarder ça pendant 2 années de ‘période de végétation’. Celles qui vont rester et qui nous montrent qu'elles sont capables de résister à la dure réalité de la vie, on va les multiplier. A partir d'un rosier, on va en créer 15 ou 25 pour voir comment se comporte cette variété. »
Au début 150 000 graines, au bout de 10 ans, il reste au final 5 variétés. « On fait ça tous les ans. Ça nous oblige à demander beaucoup à nos variétés et donc de demander l'excellence. » C’est comme cela que naissent les roses d'exception que vous retrouverez peut-être chez le fleuriste ou dans votre jardin dans quelques années.
Article rédigé à partir d’un reportage de Pascal Franco et Romy Ho-A-Chuck pour France 3 Auvergne
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