Víctor Coyote meurt: une vie dédiée aux cultures alternatives
Víctor Coyote, nom de scène de Víctor María Aparicio Abundancia, est mort jeudi en Galice dans un accident de vélo, à 67 ans, après une carrière de plus de quarante ans entre musique, BD, cinéma et clips.
Publié le 13/08/2026 - 19:16 UTC+2•Mis à jour 20:58
Peu d'étiquettes convenaient à Víctor Coyote, et c'était là sa meilleure carte de visite. Né à Tui en 1958, il est mort ce jeudi dans un accident de vélo, laissant derrière lui un parcours qui a débuté dans le punk de la fin des années 1970 et s'est achevé, à l'approche de ses 70 ans, sans qu'il ait jamais cessé de se réinventer.
Sa carrière musicale a commencé en 1979 avec la création de Los Coyotes, groupe qu'il a dirigé aux côtés de Fernando Gilabert et dont il a tiré son surnom. Le groupe est né dans le psychobilly, mais il s'est rapidement tourné vers les rythmes latins, devenant pionnier de ce croisement sonore en Espagne bien avant que d'autres ne le popularisent.
Leur premier album, 'Mujer y sentimiento' (1985), les a inscrits sur la carte de la movida, un mouvement à cheval entre Vigo et Madrid dont Víctor Coyote fut l'une des figures les plus bouillonnantes. Le groupe a changé de nom en 1988 pour devenir Los Coyotes de Víctor Abundancia, et a signé l'un de ses titres les plus mémorables, 'Esta noche me voy a bailar', avant de se séparer définitivement en 1992.
Vidéos, BD et le Xabarín Club
La dissolution du groupe n'a pas marqué une pause, mais un changement de format. Cela faisait déjà plusieurs années que Víctor Coyote menait de front la musique et la bande dessinée, avec des collaborations au magazine 'Madriz' entre 1984 et 1987, et il s'est lancé pleinement dans la réalisation de clips vidéo et le dessin.
On lui doit le clip de 'Milonga', de Los Rodríguez, ainsi que celui de 'Carmiña Vacaloura', morceau qui faisait partie de la bande-son du Xabarín Club et reste gravé dans la mémoire d'une bonne partie d'une génération de Galiciens. Parallèlement, il a publié des monographies de bande dessinée comme 'Come yuca' (1998) et a participé à des publications collectives qui ont confirmé sa place sur la scène graphique espagnole.
Une carrière solo impossible à classer
En 1995, il est retourné en studio en solo avec 'Lo bueno, dentro, disco', dont est issu 'Jaguarundi', générique du Tour d'Espagne cette même année. À partir de là, il a continué à publier de la musique, à dessiner et à tourner, sans jamais se lier à un seul langage.
Dans un entretien récent, il décrivait son propre travail comme celui de quelqu'un avec "plus d'œil que d'oreille", et en 2024, en présentant sa BD 'Si te falta calle', il expliquait que l'humour était un ingrédient incontournable de son œuvre, même s'il n'était jamais le seul : refléter la vie, disait-il, exige toujours un peu d'humour.
Víctor Coyote n'a pas cessé de travailler ni de se produire en public au cours de ses dernières années. Au mois de mai dernier, il s'est fait le guide de sa propre trajectoire dans un entretien et a été l'une des têtes d'affiche du Festival de Cans, où il est revenu sur huit de ses œuvres les plus marquantes. Sa mort ce jeudi, dans un accident de vélo, referme brutalement une carrière qui, jusqu'au bout, s'est refusée à rester cantonnée à un seul métier.