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Verkor : la licorne spécialisée dans les batteries électriques va changer de patron le 1er septembre

Le coup de pression de Renault ne sera pas sans conséquence. Après les critiques émises par le constructeur automobile en juin à son égard, Verkor s’apprête à faire évoluer sa gouvernance. En effet, Laurent Deb...

Le coup de pression de Renault ne sera pas sans conséquence. Après les critiques émises par le constructeur automobile en juin à son égard, Verkor s’apprête à faire évoluer sa gouvernance.

En effet, Laurent Debrue, actuellement directeur général délégué et directeur des opérations, va devenir le PDG du spécialiste grenoblois des batteries pour les véhicules électriques le 1er septembre prochain. Il succèdera à Benoît Lemaignan, co-fondateur et emblématique patron de Verkor depuis 2020. Ce dernier restera toutefois vice-président du conseil de surveillance de la licorne tricolore. Pour rappel, deux fondateurs de Verkor, Sylvain Paineau et Gilles Moreau, avaient quitté l'entreprise il y a un an. Un signal faible d’une centaine fébrilité qui régnait déjà dans les rangs du fleuron tricolore des batteries.

Une première gigafactory inaugurée à Dunkerque, mais…

C’est donc un nouveau chapitre qui va s’ouvrir pour l’entreprise grenobloise créée il y a six ans. Cette dernière est attendue au tournant alors qu’elle incarne une partie des ambitions européennes dans la transition vers le tout-électrique. La société avait franchi un cap symbolique en décembre 2025 en inaugurant sa première gigafactory dans le nord de la France.

Située dans le port de Dunkerque, cette usine de 100 000 m2, construite sur 80 hectares, devait permettre de lancer une production initiale de 16 GWh/an (50 GWh/an en 2030) capable d’équiper 300 000 véhicules électriques par an. Sauf que les débuts de cette gigafactory ont été plus laborieux que prévu et cela a fini par faire grincer des dents son seul et unique client.

Renault, un seul client et une colère froide

En effet, Renault avait violemment tapé du point sur la table en juin dernier. Le groupe tricolore avait ainsi dénoncé le manque de compétitivité de Verkor par rapport à la concurrence et les retards de fabrication de 18 mois de la licorne grenobloise. «Verkor doit démontrer sa capacité à redresser sa trajectoire industrielle», avait alors réclamé Renault. Et surtout, le constructeur autonomie avait exigé de Verkor «une feuille de route crédible et une gouvernance crédible, tenant compte du préjudice envers Renault». Dans la foulée, le groupe avait confirmé avoir décidé de ne pas se tourner vers Verkor pour les batteries de son nouveau Master électrique. Un coup dur supplémentaire pour la société tricolore.

Visiblement, l’entreprise dirigée par François Provost a été entendue, quand bien même Renault se défend de tout interventionnisme. Mais Renault étant le seul client de Verkor, et accessoirement son actionnaire à hauteur de 11,6 % de son capital, la licorne tricolore pourrait difficilement faire autrement que de changer de patron. Et entre les lignes, on peut lire que la charge de Renault n’est pas restée lettre morte. «Notre responsabilité est désormais claire : exécuter avec discipline, tenir nos engagements et démontrer la capacité de Verkor à performer à grande échelle», a ainsi déclaré Laurent Debrue à l’occasion de l’annonce de sa nomination à la tête de la société, qui a tout de même déjà réuni plus de 2 milliards d’euros de financements, dont une série C de 850 millions d’euros.

Sa première mission sera aussi simple que périlleuse : rattraper le retard dans la montée en régime de la production au sein de la gigafactory de Dunkerque. Sous peine de suivre le même funeste chemin que Northvolt, ex-géant européen des batteries électriques qui s’était effondré de manière spectaculaire fin 2024.