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Vaccin contre la grippe : prescription obligatoire depuis le 10 juillet 2026

Depuis le 10 juillet 2026, aucun vaccin contre la grippe ne peut être délivré sans prescription. Cette nouvelle règle concerne toutes les formes disponibles, injectables comme nasales, mais elle ne contraint pas chaque patient à consulter son médecin : dès 11 ans, pharmaciens et infirmiers peuvent prescrire puis administrer le vaccin antigrippal.[1][2]

Vaccin contre la grippe : prescription obligatoire depuis le 10 juillet 2026 Depuis le 10 juillet 2026, aucun vaccin contre la grippe ne peut être délivré sans prescription. Cette nouvelle règle concerne toutes les formes disponibles, injectables comme nasales, mais elle ne contraint pas chaque patient à consulter son médecin : dès 11 ans, pharmaciens et infirmiers peuvent prescrire puis administrer le vaccin antigrippal.[1][2]

À retenir (lecture rapide)

La prescription obligatoire concerne tous les vaccins contre la grippe

La réforme résulte d’une décision prise le 7 juillet 2026 par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), puis publiée le 9 juillet. Elle inscrit sur la liste I des substances vénéneuses les médicaments à usage humain contenant tout ou partie du virus de la grippe, sous toutes ses formes, quels que soient son groupe, sa souche ou son variant.[2]

Tous les vaccins antigrippaux sont donc concernés, qu’ils soient administrés par injection ou par voie nasale.

Jusqu’alors, une personne ne relevant pas des recommandations vaccinales pouvait acheter directement son vaccin en pharmacie. Cette possibilité disparaît. Même lorsqu’il finance lui-même le produit, le patient doit désormais disposer d’une prescription établie par un professionnel habilité.[1][3]

Cette évolution porte uniquement sur les conditions de prescription et de délivrance. Elle ne modifie ni les recommandations nationales, ni les populations prioritaires, ni les taux de remboursement. Elle n’instaure pas non plus une obligation générale de vaccination contre la grippe.

Qui peut prescrire le vaccin contre la grippe ?

L’expression « prescription obligatoire » pourrait laisser croire à un retour systématique chez le médecin traitant. Le nouveau cadre ne produit pas cet effet.

La prescription du vaccin contre la grippe peut être établie par un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier, dans les limites des compétences reconnues à chaque profession.[1][3][4]

Cette répartition s’inscrit dans l’élargissement des compétences vaccinales et du rattrapage en pratique. Elle permet, pour une grande partie des adolescents et des adultes, de réunir prescription, délivrance et administration au cours d’un même parcours.[10]

Médecins et sages-femmes peuvent prescrire à tout âge

Les médecins peuvent prescrire et administrer le vaccin antigrippal à toute personne, quel que soit son âge.

Les sages-femmes disposent également d’une compétence étendue à l’ensemble de la population, que les patients soient ou non ciblés par les recommandations vaccinales.[4]

Ces deux professions restent les seules habilitées à prescrire le vaccin aux enfants de moins de 11 ans.

Pharmaciens et infirmiers peuvent intervenir dès 11 ans

À partir de 11 ans, les pharmaciens et les infirmiers peuvent prescrire et administrer les vaccins contre la grippe saisonnière, y compris aux personnes qui ne relèvent pas des populations prioritaires.[3][4]

Un pharmacien habilité peut donc établir la prescription au comptoir, délivrer le vaccin puis l’administrer. Il doit avoir suivi la formation relative à la vaccination antigrippale ou celle consacrée à la prescription des vaccins.

L’infirmier peut également prescrire puis réaliser la vaccination. Pour le vaccin contre la grippe saisonnière, aucune formation complémentaire spécifique à la prescription n’est exigée.[3]

Les préparateurs peuvent administrer sans prescrire

Les préparateurs en pharmacie formés peuvent administrer le vaccin aux personnes âgées de 11 ans et plus, sous la supervision d’un pharmacien habilité.[3][4]

Ils ne disposent cependant pas d’un droit propre de prescription. Celle-ci doit avoir été établie par un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier compétent.

Dans une officine, le pharmacien peut ainsi prescrire le vaccin avant que le préparateur formé ne procède à son administration.

Avant 11 ans, un parcours vaccinal plus encadré

Pour les enfants de moins de 11 ans, le vaccin doit être prescrit par un médecin ou une sage-femme avant son retrait en pharmacie.[4][5]

Un infirmier peut ensuite réaliser l’injection lorsque la prescription couvre à la fois le vaccin et l’acte vaccinal. Le pharmacien et le préparateur ne sont pas autorisés à vacciner cette tranche d’âge.

Les enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique peuvent toujours se voir proposer une vaccination contre la grippe. Pour cette population, le vaccin demeure remboursé à 65 % par l’Assurance maladie.[5]

Ces enfants ne reçoivent pas automatiquement le bon adressé aux personnes prioritaires. Le professionnel qui propose la vaccination doit éditer un document de prise en charge spécifique. Entre 2 et 10 ans, une prescription du médecin ou de la sage-femme reste nécessaire.

Bon de prise en charge et remboursement : pas de changement

L’ANSM précise que les modalités d’accès liées au bon de prise en charge restent inchangées pendant la campagne saisonnière.[1]

Les personnes ciblées par les recommandations continuent à recevoir un bon de l’Assurance maladie. Dès 11 ans, elles peuvent retirer directement leur vaccin en pharmacie, puis se faire vacciner par un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier.[5]

Lorsqu’un patient éligible n’a pas reçu son bon ou l’a égaré, ces professionnels peuvent éditer un document de remplacement. Pour les enfants plus jeunes, le médecin ou la sage-femme inscrit la prescription requise sur le bon.

Le classement sur la liste I ne change pas les taux de remboursement : le vaccin reste pris en charge à 100 % pour les personnes visées par les recommandations nationales et demeure remboursé à 65 % pour les enfants de 2 à 17 ans sans comorbidité.[1][5]

Cette continuité prolonge l’organisation pluriprofessionnelle de la campagne contre la grippe et la COVID-19, au cours de laquelle plusieurs professions participaient déjà à la prescription ou à l’administration des vaccins.[11]

Stockage des vaccins en cabinet : un dispositif encore incomplet

La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a créé l’article L. 4211-4 du Code de la santé publique. Celui-ci autorise les centres de santé, les médecins, les sages-femmes et les infirmiers libéraux à s’approvisionner en vaccins et à les détenir en vue de leur administration.[6][7]

Cette possibilité pourrait raccourcir sensiblement le parcours vaccinal. Un professionnel disposant de doses pourrait proposer l’injection pendant une consultation ou un soin, sans imposer au patient un retrait préalable en pharmacie suivi d’un second rendez-vous.

La base légale existe, mais le dispositif n’est pas encore pleinement opérationnel. Un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Haute Autorité de santé (HAS) et de l’ANSM, doit notamment préciser les lieux dans lesquels les vaccins pourront être détenus, la liste des produits concernés, les circuits d’approvisionnement ainsi que les conditions de conservation et de traçabilité.[6]

Les règles de facturation et les modalités de rémunération des professionnels devront également être fixées par arrêté.[7]

Au 13 juillet 2026, aucun calendrier officiel de déploiement n’avait encore été publié. L’entrée en vigueur de la prescription obligatoire ne signifie donc pas que tous les médecins, sages-femmes ou infirmiers peuvent immédiatement constituer un stock de vaccins antigrippaux dans leur cabinet.

Étiquetage : une transition sans retrait des anciennes boîtes

Le nouveau statut des vaccins contre la grippe ne sera pas immédiatement visible sur tous les conditionnements. L’ANSM prévoit une actualisation progressive de l’étiquetage au cours des prochains mois.[1]

Les boîtes déjà produites pourront continuer à être distribuées.

« Les boîtes déjà fabriquées seront utilisées afin de ne pas créer de tension d’approvisionnement. »[1]

Certains emballages pourront donc temporairement ne pas mentionner la prescription obligatoire. Cette différence d’étiquetage ne remet pas en cause la règle applicable depuis le 10 juillet 2026.

Pendant cette période transitoire, les pharmaciens devront se référer au statut réglementaire du vaccin, et non aux seules mentions figurant sur les boîtes disponibles.

Ameli affiche encore une information contradictoire

Au 13 juillet 2026, la page d’Ameli consacrée à la vaccination contre la grippe n’intégrait pas entièrement le nouveau régime de délivrance.

Dans sa rubrique destinée aux personnes non prioritaires, elle indiquait encore que le vaccin pouvait être acheté en pharmacie « sans prescription médicale ».[5] Cette mention, issue d’une page publiée avant la décision de l’ANSM, est devenue incompatible avec la règle entrée en vigueur le 10 juillet.

Les personnes non prioritaires peuvent toujours se faire vacciner à leurs frais. Elles doivent néanmoins obtenir une prescription, que le pharmacien ou l’infirmier peut établir directement à partir de 11 ans.

La même page décrit d’ailleurs correctement, dans son tableau consacré aux professionnels habilités, les compétences de prescription des pharmaciens et des infirmiers. Cette coexistence de deux informations contradictoires peut nourrir les incompréhensions au comptoir ou lors de la prise de rendez-vous.

Le constat reste daté : une mise à jour de la page par l’Assurance maladie peut intervenir à tout moment.

En EHPAD, une obligation vaccinale distincte et conditionnelle

La prescription obligatoire du vaccin contre la grippe doit être distinguée des dispositifs concernant une éventuelle obligation vaccinale dans les établissements accueillant des personnes âgées.

Pour les résidents, la loi ne suffit pas à rendre l’obligation applicable

L’article L. 3111-2-1 du Code de la santé publique prévoit que la vaccination contre la grippe peut devenir obligatoire, pendant la période épidémique, pour les résidents de certains établissements, notamment les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).[7]

Cette mesure reste soumise à une recommandation préalable de la HAS et à la publication d’un décret en Conseil d’État. En l’absence de ces deux conditions, l’obligation ne peut pas être appliquée.

Pour les soignants libéraux, un autre dispositif reste en attente

La LFSS pour 2026 prévoit également une obligation conditionnelle pour certains professionnels de santé libéraux et pour les personnes employées dans leurs lieux d’exercice lorsque leur activité les expose, ou expose les patients, à un risque de contamination.[7]

Là encore, une recommandation de la HAS et un décret déterminant les professions et les lieux concernés sont nécessaires.

Une obligation plus ancienne visant certains professionnels exerçant dans des établissements de soins ou d’hébergement demeure, pour sa part, suspendue depuis un décret du 14 octobre 2006.[9]

La HAS a soumis son projet de recommandation à une consultation publique du 20 mai au 10 juin 2026.[8] Au 13 juillet, aucune recommandation définitive de son Collège n’avait été publiée. Les débats sur la vaccination antigrippale en EHPAD restent donc ouverts, sans effet immédiat sur le nouveau régime de prescription.[12]

Un changement réglementaire, pas un retour en arrière

La prescription obligatoire du vaccin contre la grippe ajoute une exigence formelle à la délivrance. Elle ne ferme pas pour autant l’accès à la vaccination de proximité.

Pour les adolescents et les adultes, le parcours peut toujours être réalisé directement auprès d’un pharmacien ou d’un infirmier habilité. Pour les enfants de moins de 11 ans, l’intervention préalable du médecin ou de la sage-femme reste nécessaire.

La réforme prépare parallèlement une évolution logistique plus profonde, avec la possibilité de stocker certains vaccins dans les cabinets libéraux. Son déploiement dépend toutefois encore de textes précisant les produits concernés, les circuits d’approvisionnement et les règles de conservation.

Pour les professionnels comme pour les patients, trois notions doivent être nettement séparées : la prescription nécessaire à la délivrance, la prise en charge financière du vaccin et les éventuelles obligations vaccinales applicables à certaines populations.

Cette distinction permettra d’éviter qu’une modification réglementaire soit interprétée, à tort, comme un retour au passage obligé par le médecin.

Références

[1] ANSM, « Les vaccins contre la grippe désormais soumis à prescription obligatoire par les médecins, sage-femmes, pharmaciens et infirmiers », 9 juillet 2026.

[2] ANSM, « Décision du 07/07/2026 — Inscription sur les listes I et II des substances vénéneuses », décision du 7 juillet 2026, publiée le 9 juillet 2026.

[3] VIDAL, « Vaccins contre la grippe : la prescription devient obligatoire », 9 juillet 2026.

[4] Légifrance, « Arrêté du 8 août 2023 fixant la liste des vaccins que certains professionnels de santé et étudiants sont autorisés à prescrire ou administrer », version consolidée consultée le 13 juillet 2026.

[5] Assurance maladie, « La vaccination contre la grippe en 2026 en pratique », 27 mars 2026, page consultée le 13 juillet 2026.

[6] Légifrance, « Article L. 4211-4 du Code de la santé publique », version en vigueur consultée le 13 juillet 2026.

[7] Légifrance, « Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026, article 55 », 31 décembre 2025.

[8] HAS, « Grippe saisonnière : évaluation de la pertinence d’une obligation vaccinale — consultation publique », consultation organisée du 20 mai au 10 juin 2026.

[9] Légifrance, « Décret n° 2006-1260 du 14 octobre 2006 relatif à l’obligation vaccinale contre la grippe des professionnels », version en vigueur consultée le 13 juillet 2026.

[10] Caducee.net, « SEV 2026 : faire du rattrapage vaccinal une routine de terrain », 28 avril 2026.

[11] Caducee.net, « Campagne hivernale 2025-2026 : mode d’emploi terrain pour grippe et COVID-19 », 14 octobre 2025.

[12] Caducee.net, « Vers une obligation vaccinale antigrippale en EHPAD », 5 novembre 2025.