UTMB Mont-Blanc lance une campagne pour protéger le territoire
À un mois du lancement de l'UTMB 2026, l'organisation lance une campagne de sensibilisation et renforce ses mesures pour préserver le territoire. De retour la semaine du 24 au 30 août 2026, le HOKA UTMB Mont-Bl...
À un mois du lancement de l'UTMB 2026, l'organisation lance une campagne de sensibilisation et renforce ses mesures pour préserver le territoire.
De retour la semaine du 24 au 30 août 2026, le HOKA UTMB Mont-Blanc, circuit historique du trail en France et dans le monde, annonce cette année une grande campagne de sensibilisation pour préserver l’environnement et le territoire.
Créé en 2003, ce parcours mythique de huit courses relie vingt-et-une municipalités de trois pays frontaliers : la France, bien entendu, la Suisse et l’Italie. A l’année, plus de cent personnes se mobilisent pour faire de la semaine de fin d’août un événement réussi, à la hauteur de sa réputation, épaulés par une centaine de prestataires, plus de 2 600 bénévoles et 350 personnels médicaux.
“Le trail, c’est la liberté. Pas sans responsabilités”
Mais, depuis peu, une ombre au tableau obscurcit le palmarès jusqu’ici sans encombre du parcours : les dégradations du territoire. Consciente des critiques qui ont pu être émises, l’équipe de l’UTMB a élaboré une campagne de sensibilisation destinée à tous les publics qui afflueront fin août au coeur de l’espace Mont-Blanc : coureurs, accompagnants comme spectateurs.
Intitulée “Le trail, c'est la liberté. Pas sans responsabilités”, elle repose sur une dizaine d'illustrations réalisées par le dessinateur lyonnais Matthieu Forichon alias Des Bosses et Des Bulles. L'objectif est assumé : faire sourire plutôt que culpabiliser, en rappelant avec humour les bons comportements à adopter en montagne.
Déchets abandonnés, nuisances sonores, respect des sentiers, traversée des alpages, clôtures laissées ouvertes, équipements privés, protection de la faune et de la flore ou encore partage des chemins : chaque illustration abordera une thématique concrète, accompagnée d'un message pédagogique.
Si ces règles peuvent sembler évidentes pour les habitués de la montagne, elles constituent souvent une découverte pour les nouveaux pratiquants. Puisque ces derniers temps, le trail running connaît un essor constant, avec en moyenne 8 % de nouveaux adeptes chaque année, attirés par la promesse d'une immersion au plus près de la nature.
Beaucoup découvrent alors les codes propres au milieu montagnard, d'où la nécessité de rappeler quelques gestes simples mais responsables, qui mises bout à bout n’auront que de bonnes retombées.
Réduire l'empreinte environnementale
Or, ces gestes individuels ne sont rien s’ils ne sont pas accompagnés par des mesures prises par l’organisation. C’est chose faite avec l’édition 2026. Pour mieux répartir les flux sur le territoire, le parcours de l’OCC a été redessiné. De même que celui de l’UTMB, la grande boucle de 174 km, qui a été repensée aux côtés de gestionnaires des espaces naturels protégés, afin de “réduire au mieux les impacts sur la biodiversité”.
À un mois du lancement de la course, Isabelle Viseux-Poletti, directrice du circuit, a rappellé l’engagement du Hoka UTMB Mont-Blanc qui s’inscrit “dans le respect de ceux qui y vivent et de la nature qui nous accueille”. Et d’ajouter : “nous mettons beaucoup de choses en place de notre côté, mais nous ne pouvons pas y arriver seuls : chaque coureur, chaque accompagnant, chaque spectateur qui vient partager ce moment a un rôle à jouer. C'est ensemble, en se sentant chacun responsable, que nous ferons perdurer ce qui rend cet événement unique”, insiste-t-elle.
"Le trail chausse du 45 mais la vallée ne fait que du 39"
Le maire de Chamonix, François-Xavier Laffin
Limiter les flux et les nuisances
De manière générale, “l’UTMB Mont-Blanc s’engage à réduire de 20 % ses émissions de carbone”, a annoncé Fabrice Perrin, directeur Sport & RSE. Pour autant, la bête noire des émissions carbone est l’activité liée à la mobilité, qui représente près de 90% de l'empreinte carbone de l'événement. En cause ? Les trajets aériens qui transportent les coureurs, leurs équipes et leurs proches, venus parfois de l’autre bout du monde.
C’est pourquoi, venir en train n'a ainsi jamais été aussi simple avec la mise en place, en partenariat avec la SNCF, de liaisons ferroviaires renforcées et d'un réseau de navettes gratuites reliant directement les principaux sites de l'événement au cœur de la vallée de Chamonix.
D’autres solutions ont été imaginées à l’intention des visiteurs, en collaboration avec les autorités locales, pour limiter les flux et les nuisances sur la biodiversité : prévenir les stationnements sauvages sur des zones sensibles et la limitation des flux automobiles.
Le maire de Chamonix, François-Xavier Laffin, se veut un peu plus prudent et émet des réserves sur l’envergure de l'événement qu’il souhaite replacer au cœur des débats : “le trail chausse du 45 mais la vallée ne fait que du 39”. Une épine dans le pied donc, pour la vallée qui subit de plein fouet les conséquences du surtourisme. Cet ancien traileur, aujourd’hui engagé en politique, tient cependant “à dissiper toute méfiance” en déclarant avancer “avec la même vision” auprès des organisateurs du HOKA UMTB Mont-Blanc.
45 millions d’euros de retombées économiques
Acteur clé du dynamisme touristique et économique de l’espace Mont-Blanc trinational, l’évènement a rapporté 45 millions d’euros de retombées économiques en 2025. “Pour nous l’UTMB, c’est une vitrine exceptionnelle, une vitrine mondiale comme on en rêve”, reconnaît, Christophe Darbellay, président du conseil d’Etat valaisan de Suisse, qui rappelle à son tour l’importance d’inscrire le circuit dans un “modèle de tourisme durable”. Sentiment partagé du côté du maire de Courmayeur, Roberto Rota, qui chante les louanges de “l’union des peuples français, italiens et suisses”.
Engagé aussi auprès des acteurs du territoire quant au ravitaillement et aux stands de marques, l’ancrage local constitue, pour les organisateurs, l'une des conditions de la pérennité de l'événement. Au même titre que le respect du territoire qui renvoie à une “responsabilité collective qu’il faut que l’on prenne tous ensemble”, conclut Isabelle Viseux-Poletti. Un message que la nouvelle campagne entend désormais diffuser bien au-delà de cette seule édition 2026.
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