thejournalofsierraleonestudies.com

Uranium saoudien et tison américain

Le monde des affaires s'encombre (trop) rarement de considérations morales. La diplomatie transactionnelle de Donald Trump est l'une des formes les plus abouties de cette "loi" du business, mêlant intérêts priv...

Le monde des affaires s'encombre (trop) rarement de considérations morales. La diplomatie transactionnelle de Donald Trump est l'une des formes les plus abouties de cette "loi" du business, mêlant intérêts privés et publics au détriment de règles éthiques. La récente conclusion d'un accord de coopération entre les États-Unis et l'Arabie saoudite portant sur le développement d'une filière nucléaire civile dans le Royaume sunnite l'illustre pleinement.

Le contrat est surtout une bonne affaire pour l'Amérique d'abord, comme le veut le slogan du président. La coopération nucléaire prévoit des retombées de dizaines de milliards de dollars sur plusieurs décennies pour l'industrie nucléaire américaine. Elle pourrait surtout mener à la construction de réacteurs et d'infrastructures d'enrichissement nucléaire sur le sol saoudien. Une boîte de Pandore qui pourrait s'ouvrir sur une prolifération nucléaire dans une région déjà très exposée aux tensions et conflits de tous ordres. Et ce, alors que la guerre contre l'Iran vient de reprendre, précisément pour contraindre la République islamique à freiner son programme nucléaire afin qu'elle n'acquière pas l'arme atomique…

Trump ouvre la porte au nucléaire saoudien: un accord aux lourdes conséquences

Outre le double standard qui voit Washington permettre à Riyad ce qui est défendu à Téhéran, il est préoccupant de voir les États-Unis ajouter un pion sur l'échiquier nucléaire moyen-oriental. Que la guerre contre l'Iran permette ou non de barrer l'accès de celui-ci au feu nucléaire, qui peut prétendre que les Saoudiens ne souhaiteront pas également un jour se mettre en quête du graal de la dissuasion ? Israël, l'un des seuls États de la région à disposer de l'arme atomique avec le Pakistan, vient d'ailleurs de pointer ce risque d'une course au nucléaire militaire au Moyen-Orient.

L'argument est d'autant plus convaincant que le cadre de coopération prévu entre Washington et Riyad est plutôt mince. Hormis la demande de reconnaissance d'Israël notifiée en dernière minute par Donald Trump, le Royaume est délié des obligations du protocole additionnel du traité de non-prolifération, qui permet en particulier des inspections approfondies et inopinées de l'agence internationale de référence. De là à penser que Washington tisonne les braises moyen-orientales pour alimenter son complexe militaro-industriel pour les prochaines générations, il n'y a qu'un pas. Affaires et morale sont décidément les deux faces d'une même réalité… alternative.

Donald Trump rouvre deux dossiers sensibles… et un troisième carrément nucléaire

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.