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“Je tombe des nues”: une vaste opération de police près de Dinant, après la découverte d’un… blaireau mort

Une vaste opération de police et du DNF s'est déroulée début septembre dans une ferme de Falmignoul. Pas moins d'une vingtaine d'agents ont été mobilisés après la découverte d'un animal protégé sur le territoir...

Une vaste opération de police et du DNF s'est déroulée début septembre dans une ferme de Falmignoul. Pas moins d'une vingtaine d'agents ont été mobilisés après la découverte d'un animal protégé sur le territoire de chasse de l'exploitant. Celui-ci conteste formellement les faits et dénonce un déploiement de force disproportionné. Le bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux, regrette de ne pas avoir été prévenu.

Lorsqu'on a frappé à sa porte dès 5 h 30 du matin, l'agriculteur s'endormait. Il avait passé la nuit aux champs, selon lui. "J'étais complètement épuisé quand mon épouse m'a réveillé en sursaut pour me dire que les forces de l'ordre étaient là, nous raconte-t-il. Je dormais à peine depuis une heure. Quand j'ai vu ces hommes armés et équipés de gilets pare-balles, j'ai d'abord cru à une farce. Je me suis dit que c'était une blague de copains ou une caméra cachée. Ça ressemblait vraiment à un film." Selon son récit, une dizaine de policiers et agents de l'Unité anti-braconnage se sont introduits simultanément chez lui et chez son fils, qui habite à deux pas.

L'opération réunissait des membres de la zone Haute-Meuse et des agents de l'Unité anti-braconnage du Département de la Nature et des Forêts (DNF). Durant plusieurs heures, les lieux ont été inspectés dans les moindres recoins.

"Comme des cow-boys"

"De la cave au grenier, jusque dans les hangars, ils ont tout retourné chez moi, comme des cow-boys, dit l'exploitant. Je leur ai demandé ce qu'on me reprochait exactement, et au début, on m'a juste parlé de la "destruction d'un mammifère" sans m'en dire plus."

Il a ensuite appris qu'un blaireau mort (une espèce strictement protégée en Wallonie, ce qui explique l'intervention du DNF) avait été retrouvé sur son territoire de chasse. Chasseur , le Dinantais affirme toutefois respecter scrupuleusement la législation et nie la moindre responsabilité. "Je ne suis quand même pas assez stupide pour aller tuer un animal protégé et puis le laisser sur mon propre territoire de chasse !", argumente-t-il.

Ses armes ainsi que ses téléphones portables ont été saisis par les enquêteurs.

Prochainement entendu sur convocation dans le cadre de la loi Salduz, il sera assisté par Me Camille Castaigne.

L'intéressé ironise par ailleurs sur le niveau de danger qu'il était censé représenter : ce jour-là, durant toute la matinée, il dit avoir été escorté à bord de son bulldozer pour aller soigner ses bêtes aux pâturages. "Je devais nourrir mon bétail, et l'inspecteur qui m'accompagnait dans la cabine était d'ailleurs le seul à ne porter ni arme ni gilet pare-balles."

Richard Fournaux réclame des explications

Informé a posteriori, le bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux, s'étonne vivement de la méthode employée et de l'absence d'information préalable. "Je tombe des nues face à la manière disproportionnée dont cette opération a été menée, réagit le maïeur dinantais. En tant que chef administratif de la zone de police, je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas été prévenu, ni par le parquet, ni par mes propres services. Je vais très clairement demander des explications à mon commissaire de zone."

Le bourgmestre rappelle en outre que la famille bénéficie d'une solide honorabilité locale, l'épouse de l'agriculteur siègeant d'ailleurs comme conseillère communale. Richard Fournaux souligne un paradoxe : "Je rappelle en outre que cette exploitation hébergeait régulièrement les chevaux de la police fédérale lorsque les cavaliers était en mission chez nous dans la vallée de la Lesse."

Sollicité par notre rédaction afin de donner son éclairage sur les motivations et le déroulement de cette intervention, le DNF n'a pour l'instant pas donné suite à nos demandes.

Dinant
La ferme est située dans le village de Falmignoul. ©ÉdAP Bernard Claes

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