Alessia Cesarini révolutionne le carburant avec une essence synthétique propre
Publié30. août 2026, 07:06EnvironnementUne Tessinoise concocte la recette d'un carburant propreLa chercheuse Alessia Cesarini développe une essence synthétique compatible avec les moteurs actuels de voiture et ...
Publié30. août 2026, 07:06
EnvironnementUne Tessinoise concocte la recette d'un carburant propre
La chercheuse Alessia Cesarini développe une essence synthétique compatible avec les moteurs actuels de voiture et capable de réduire fortement les émissions de CO₂.


Un carburant synthétique qui pourrait réduire de 90, voire 100% les émissions de CO₂. C’est l’ambitieux projet qu’est en voie de réaliser Alessia Cesarini. La solution de la chercheuse tessinoise au Laboratoire fédéral suisse d’essai des matériaux et de recherche (Empa) a l’intérêt d’être compatible avec les moteurs des véhicules actuels, tout en étant durable sur les plans environnemental et économique.
Solution locale et respectueuse de l'environnement
«Il existe encore de très nombreux véhicules équipés de moteurs à combustion. L’idée est de proposer une solution produite localement et moins polluante», indique Alessia Cesarini, soulignant que le procédé pourrait éventuellement être adapté à la production de composés similaires au kérosène, susceptibles d’être utilisés dans le secteur aéronautique.

La chercheuse et son équipe ont mis au point en deux ans un prototype d’unité de production d’une essence synthétique. Son innovation consiste en l’oligomérisation, un procédé chimique qui transforme des molécules d’éthylène ou de propylène en un carburant liquide qui ressemble à l’essence.
Catalyseur «top secret»
Le cycle de production commence par la capture du CO₂ dans la biosphère ou l’atmosphère, puis sa transformation en alcools, comme le méthanol ou l’éthanol. Ceux-ci sont ensuite déshydratés afin d’obtenir de l’éthylène et du propylène. Ces gaz sont envoyés dans un réacteur où un catalyseur – «qui demeure top secret» – casse les molécules et les réassemble en hydrocarbures plus longs, produisant ainsi un carburant synthétique utilisable dans les voitures.

«Nous partons de très petites molécules, comparables à des briques Lego, avec lesquelles nous construisons une structure bien précise. Nous assemblons de petites molécules pour obtenir un mélange de molécules plus longues pour fabriquer le carburant. C’est le catalyseur qui réalise cet assemblage avec précision.»
Premiers essais dans le secteur forestier
Actuellement, en laboratoire, Alessia Cesarini peut produire jusqu’à 10 000 litres de carburant synthétique par an. Une station-service requiert des milliards de litres par année, ce qu’elle n’est pas encore en mesure de fournir. «Nous avons donc cherché un secteur plus petit où utiliser l'essence: le secteur forestier, qui utilise de la machinerie nécessitant moins de carburant.»
Site de production au Tessin?
L'objectif de la chercheuse est de transformer sa technologie en une activité commerciale capable d’offrir une alternative aux carburants fossiles. Elle souhaiterait ouvrir un premier site industriel en Suisse. «Ma préférence serait bien sûr que ce soit au Tessin. Mais le lieu dépendra de l'intérêt des autorités locales et cantonales. La collaboration est déterminante pour identifier un site.»

Andrée-Marie Dussault (amd), née en 1974, est journaliste indépendante et pigiste à 20 minutes. Elle s’intéresse surtout aux sujets de société et aime parler l'italien.
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