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Une tentative de meurtre requalifiée après une intoxication au CO dans un appartement au Roeulx

Une septuagénaire a bien failli perdre la vie, le 7 janvier dernier, après avoir été intoxiquée au monoxyde de carbone dans son appartement du faubourg de Binche, au Roeulx. Mais pour le tribunal correctionnel,...

Une septuagénaire a bien failli perdre la vie, le 7 janvier dernier, après avoir été intoxiquée au monoxyde de carbone dans son appartement du faubourg de Binche, au Roeulx. Mais pour le tribunal correctionnel, rien ne permet d'établir que l'homme poursuivi avait l'intention de la tuer. La tentative de meurtre a donc été requalifiée en coups ou blessures par défaut de prévoyance ou de précaution. Il est condamné à une peine de 10 mois de prison ferme, en état de récidive.

Ce jour-là, les secours interviennent auprès de la dame, victime d'un grave malaise. Les mesures effectuées dans son logement révèlent une concentration particulièrement élevée de monoxyde de carbone, un gaz qui aurait dû être absent. Sans une prise en charge rapide, les conséquences auraient pu être dramatiques.

On a touché à la cheminée

L'enquête s'intéresse rapidement à la cheminée. Un chauffagiste constate qu'un élément extérieur permettant l'évacuation des gaz a été retiré. Les policiers établissent que cette pièce n'a pu être déplacée qu'en accédant à une plate-forme située à proximité.

Les soupçons se portent alors sur le compagnon de la voisine de la victime, avec laquelle les relations étaient particulièrement tendues. Lors d'une perquisition à son domicile, les enquêteurs découvrent notamment une échelle télescopique ainsi que la pièce manquante de la cheminée dans le jardin. L'expertise conclura que le retrait de cet élément a directement contribué à l'intoxication.

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Plusieurs riverains indiquent avoir déjà vu le prévenu accéder à cette plate-forme, malgré des problèmes de dos. Entendu à plusieurs reprises, l'homme donne par ailleurs des versions différentes des faits. Un expert psychiatre estime qu'il adapte ses explications au fil des contradictions relevées par les enquêteurs, sans toutefois diagnostiquer de pathologie mentale.

Un accident

À l'audience, le prévenu maintient qu'il n'a jamais voulu provoquer l'intoxication. Il affirme être monté sur la plate-forme pour retirer une bâche qui recouvrait un puits de lumière. Il aurait perdu l'équilibre, se serait agrippé à la cheminée et aurait accidentellement arraché la buse. Il avance ensuite que la neige aurait obstrué la ventilation. "Ce n'est pas de ma faute", assure-t-il.

Une version mise à mal par son ancienne compagne, qui affirme que la bâche avait été retirée plusieurs mois auparavant et qu'il n'était pas nécessaire de passer par cette plate-forme pour intervenir.

Le parquet avait requis six ans de prison ferme. La défense, assurée par Me Antonino Russo, contestait l'intention homicide et sollicitait un sursis probatoire.

Le tribunal n'a finalement pas retenu la tentative de meurtre. L'intention de tuer n'étant pas suffisamment établie, les faits ont été requalifiés en coups ou blessures par défaut de prévoyance ou de précaution, sur base des articles 418 et 420 du Code pénal.

Toutefois, le tribunal a prononcé une peine de prison ferme en raison de l'état de récidive.

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