“Une prouesse technologique pour éviter qu’il explose”: Nutella nous ouvre les portes de son usine à cookies en France, un ancien joyau de Delacre de 1931
Ancien joyau du groupe Delacre désormais dans le giron de Ferrero, le site de Nieppe a été retenu pour produire les Nutella Cookies. Il a bénéficié d'un plan de modernisation massif qui doit lui permettre de renouer avec la croissance et d'embaucher.
"Une prouesse technologique pour éviter qu’il explose": Nutella nous ouvre les portes de son usine à cookies en France, un ancien joyau de Delacre de 1931
Publié aujourd'hui à 07h59
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Le conditionnement automatisé des Nutella Cookies sur la nouvelle ligne de production de l’usine Delacre de Nieppe (Nord). - Ferrero
Ancien joyau du groupe Delacre désormais dans le giron de Ferrero, le site de Nieppe a été retenu pour produire les Nutella Cookies. Il a bénéficié d'un plan de modernisation massif qui doit lui permettre de renouer avec la croissance et d'embaucher.
Ce sont 30 millions d’euros dont l’odeur se répand enfin dans l’usine Delacre de Nieppe (Nord). Et bientôt, espère Ferrero, dans les cuisines des Français. Annoncé par le groupe italien en juin, dans le cadre du sommet Choose France, l’investissement est en effet le principal ingrédient d'une nouvelle gourmandise tout juste sortie du four: les Nutella Cookies, des sablés aux pépites de chocolat fourrés -pour un tiers de leur poids- de la célèbre pâte à tartiner.
Ferrero les commercialise en France depuis quelques semaines, après plusieurs années de recherche dans ses laboratoires et 14 mois de développement industriel. Il mise sur cette nouvelle déclinaison de sa marque phare pour accroître les ventes, déjà prometteuses, des cookies sur le marché des biscuits sucrés, dont Ferrero occupe la deuxième place en France comme au niveau mondial.
Le rôle crucial de l’innovation
La formule est éprouvée: dans des supermarchés de plus en plus chamboulés par les difficultés de pouvoir d’achat, les innovations, qui parviennent à toucher deux foyers sur trois –y compris les familles modestes et les jeunes-, jouent désormais un rôle essentiel dans les ventes, analysait en septembre 2025 le cabinet de conseil Nielsen IQ.
Et pour Ferrero, le succès de ses innovations régulières est un levier de croissance crucial en France -où son chiffre d’affaires s’élevait en 2024-2025 à 1,7 milliard d’euros.

La glace Nutella et les biscuits Kinderini figurent respectivement à la deuxième et huitième place du classement des meilleurs lancements 2024 de NielsenIQ, et ont généré ensemble une trentaine de millions d’euros de ventes en supermarchés et hypermarchés pendant leurs premières 48 semaines de présence en rayon. Les Nutella Biscuits, sortis en 2019, figurent pour leur part à la deuxième place des meilleures innovations lancées entre 2018 et 2022: après 48 semaines, ils avaient déjà généré un chiffre d’affaires de 48,6 millions d’euros.
La production des nouveaux Nutella Cookies est donc du pain bénit pour l’usine Delacre de Nieppe, détenue par la société Fine Biscuits Company (FBC) qui est affiliée à Ferrero. C’est elle qui devra approvisionner l’ensemble des marchés européens où, après le test français, les Nutella Cookies seront progressivement lancés, en commençant par l’Italie dans quelques mois.
Le site a remporté le choix de Ferrero non seulement à cause du potentiel du marché français, mais aussi en raison de son ancien savoir-faire, explique le directeur général de FBC, Gabriele Caponcello. Construit en 1931, il est en effet déjà, depuis 1961, le seul au monde où sont produites les "cigarettes russes" Delacre, ainsi que d’autres références emblématiques de la marque entrée dans le giron de Ferrero en 2016.

Un atout décisif face à la "prouesse technologique" requise par la principale caractéristique des nouveaux sablés au cœur de Nutella: "leur fourrage après la cuisson, qui exige une aération de la pâte et une épaisseur du biscuit suffisantes pour éviter qu’il explose", explique la directrice du site, Claire Breda.
Une technologie exclusive
Une nouvelle ligne flambant neuve a néanmoins dû être installée à Nieppe, incluant un four dédié et une technologie exclusive: la machine qui injecte le Nutella dans les cookies, équipée de 144 têtes de cinq aiguilles chacune. Le succès de cette phase délicate est ensuite contrôlé automatiquement par des caméras et des détecteurs à rayons X, qui vérifient l'éventuel excès de Nutella ou la présence de brisures.
De nouveaux espaces ont aussi dû être construits pour y stocker les bidons de Nutella. Aujourd’hui acheminés depuis l’Italie pour des raisons logistiques, ils devraient, à terme, venir de l’usine normande de Villers-Écalles, le plus grand site de production de Nutella du monde.

L’investissement a donc permis de "redynamiser un site en perte de vitesse, qu’on espère reparti pour quelques années de croissance", reconnaît-on à l'usine. Les 30 millions d’euros –dont 700.000 de subventions publiques- ont d’ailleurs en partie été destinés à la formation des salariés, dont certains ont ainsi pu augmenter leur employabilité et leurs revenus.
"La mise en production de la nouvelle ligne exige en outre d’accroître de 10% le personnel: c’est plus que ce qui était espéré", souligne Claire Breda.
Les 200 employés du site seront donc 220 à partir du début de 2027, dont une cinquantaine qui seront dédiés aux Nutella Cookies.

Nieppe espère désormais suivre la trajectoire de l’usine du sud de l’Italie qui fabrique les Nutella Biscuits et les Kinderini. Implantée dans une commune de seulement 1.800 habitants, celle-ci a presque doublé ses emplois directs depuis 2019 pour atteindre 800 salariés, sans compter les recrutements saisonniers. Dans la commune du Nord, où Ferrero constitue déjà une "fierté collective", selon la maire Marie Sandra, on croise les doigts.
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