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Une nouvelle tendance capillaire s’impose chez les femmes : “C’est une sorte d’acte de rébellion, voire de résistance”

Les cheveux blancs sont inévitables à partir d'un certain âge. Si certaines personnes les assument, d'autres ont pendant longtemps préféré les cacher à travers diverses colorations.Désormais, qu'importe l'âge, ...

Les cheveux blancs sont inévitables à partir d'un certain âge. Si certaines personnes les assument, d'autres ont pendant longtemps préféré les cacher à travers diverses colorations.

Désormais, qu'importe l'âge, de plus en plus de femmes décident de ne plus les masquer. C'est ce qu'affirme Andrew Micom, coiffeur au sein de son salon éponyme, situé à Ixelles (Bruxelles). "Surtout dans la génération des 25-35 ans, des jeunes femmes assument de plus en plus leurs cheveux blancs, ou en tout cas les dissimulent sans les cacher à 100 %", explique-t-il. "L'habitude de faire une coloration entière commence à diminuer. On est davantage dans l'acceptation de son cheveu blanc", poursuit le spécialiste.

Andrew Micom souligne également que les femmes de 40 à 50 ans commencent à affirmer leur chevelure naturellement blanche. "C'est un phénomène qui reste assez récent. Il a démarré après la période du Covid. Avec le confinement, de nombreuses personnes n'allaient plus chez le coiffeur, et se retrouvaient face à leurs racines pendant un moment", observe le coiffeur qui exerce depuis une dizaine d'années.

Selon lui, les femmes qui ne souhaitent plus faire de coloration entière veulent à l'inverse "s'accepter plus au naturel". "Il se passe la même chose qu'avec les cheveux bouclés. Ils sont beaucoup plus tendance qu'avant, où on les lissait davantage. Maintenant on laisse nos cheveux bouclés et naturels. On est dans l'acceptation de soi", affirme Andrew Micom.

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Des commentaires "non sollicités"

Accepter un tel changement capillaire n'est cependant pas toujours évident. De nombreuses jeunes femmes voient apparaître leur premier cheveu blanc autour de la trentaine, et d'autres le remarquent plus tôt.

Juliet Bonhomme, entrepreneuse et créatrice de contenu, a remarqué ses premiers cheveux blancs vers ses 20 ans. "J'étais brune donc ils étaient assez visibles", raconte-t-elle à La Libre. "Je ne l'avais pas remarqué moi-même parce qu'ils apparaissent sur le haut de mon crâne. Mais ce sont les autres qui me le disaient, ce qui m'a un peu complexée parce que je le remarquais à travers leurs réflexions", confie la jeune femme.

"Au début, c'était dur parce qu'en fait on venait souvent me le dire et quand tu as 20 ans (en 2016, NdlR), ce n'était pas l'ère actuelle, c'était considéré comme "bizarre". Je me demandais si j'avais des carences, si cela allait continuer parce qu'ils étaient quand même fort présents et à mon âge je n'avais pas beaucoup de copines qui avaient des cheveux blancs, donc au début j'étais un peu stressée", raconte la créatrice belge spécialisée dans l'upcycling. Même si elle était soutenue par ses proches, de nombreuses personnes lui posaient tout de même des questions non sollicitées et parfois déplacées.

L'un de ses premiers réflexes était alors de les masquer. Elle explique, malgré l'aide de son coiffeur, ne pas avoir trouvé la coloration correspondant à sa chevelure. "C'était une période compliquée. Pour les cacher, je changeais presque de couleur de cheveux, ce qui ne m'arrangeait pas vraiment", précise-t-elle.

Juliet Bonhomme, créatrice belge, a adopté ses cheveux naturellement gris
Juliet Bonhomme, créatrice belge, a adopté ses cheveux naturellement gris ©Maxime Vanormelingen
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Adopter une transition plus discrète

Une des solutions pour elle a été de les blondir, et alors de les éclaircir pour que la transition soit plus douce. "Il y a environ un an et demi, j'ai alors décidé de ne plus toucher à ma couleur parce que le gris était tellement présent et est devenu assez homogène", poursuit la jeune Bruxelloise.

Aujourd'hui, Juliet Bonhomme s'est totalement habituée à ce changement de couleur, et en est fière. "Finalement tu ne te rends pas trop compte quand ce sont tes cheveux, ce sont surtout les autres qui te font à chaque fois remarquer cette différence", ajoute la jeune femme. "J'adore mes cheveux naturels, ils ont pendant longtemps été un complexe plus jeune, mais j'ai appris à les accepter tels qu'ils sont (soit gris et bouclés, NdlR)".

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Un manque de représentation

Présente sur les réseaux sociaux, Juliet Bonhomme a partagé à quelques reprises du contenu en lien avec ses cheveux. Si à l'époque, la représentation de jeunes femmes aux cheveux blancs et gris était inexistante, elle permet à d'autres femmes de se reconnaître. "Ma maman et ma grand-mère ont les cheveux gris et blancs. J'ai toujours trouvé cela très beau. Mais pendant longtemps ma maman a fait des colorations. Pour moi, c'était donc quelque chose que normalement on devait cacher mais qu'à un certain âge, on décide d'assumer. Je n'avais donc pas de "role model" dans mon entourage ou chez les célébrités", explique-t-elle.

"Je reçois des messages de jeunes femmes qui m'expliquent qu'elles ont aussi arrêté les colorations. C'est une sorte d'acte de rébellion, voire de résistance", affirme celle qui est à la tête de sa marque d'upcycling "Bonome". Pour la styliste, "il y a un vrai changement dans la mentalité, dans le soutien et dans la vision que les gens ont du cheveu blanc".

Juliet Bonhomme espère que l'acceptation pourra se poursuivre. "J'aimerais bien qu'à un moment, cela devienne une couleur de cheveux comme du brun ou du blond. Le gris, c'est ma couleur de cheveux, et en fait ce n'est pas un problème", conclut-elle.

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