Une fortune gigantesque : un ostéopathe accusé d’avoir dépouillé des clients
Réalisez-vous vraiment la grâce d’être auprès de moi ? » : un ostéopathe accusé d’avoir abusé de la faiblesse de 51 clients pour les dépouiller de millions d’euros, dans un contexte d’emprise sectaire, est jugé...
Réalisez-vous vraiment la grâce d’être auprès de moi ? » : un ostéopathe accusé d’avoir abusé de la faiblesse de 51 clients pour les dépouiller de millions d’euros, dans un contexte d’emprise sectaire, est jugé à partir de lundi par le tribunal correctionnel de Paris.
Côté pile, Antonino Mercuri se présentait comme l’ostéopathe de célébrités comme Bill Clinton ou François Mitterrand. Mais côté face, l’enquête a mis au jour un homme décrit comme un « gourou », qui a isolé certaines personnes de leur cercle social et les a maintenues sous sa coupe, siphonnant leur argent.
Pour ces faits qu’il conteste, sa défense y voyant le procès « des bienfaits des médecines alternatives et de la méditation », le prévenu encourt cinq ans de prison. Le praticien de 64 ans est poursuivi pour avoir manipulé certains patients psychologiquement vulnérables sous une rhétorique ésotérique, à la suite d’un décès, une maladie ou une rupture, et les avoir essorés financièrement, parfois jusqu’au surendettement, au prétexte de « soins » pour les « libérer ».
« Les victimes que nous défendons ont vu leurs économies captées, voire se sont retrouvées “interdit bancaire”, elles ont dû souscrire des crédits à la consommation ou céder leur patrimoine immobilier pour se mettre en colocation avec d’autres membres du groupe exsangues », décrivent à l’AFP Me Mathieu Petresco et Olivier Morice, avocats de cinq personnes parties civiles et de l’Unadfi, association de lutte contre les sectes.
L’appauvrissement des uns a fait la fortune du « maître ». Sur la période reprochée, de 2012 à 2018, les enquêteurs ont calculé qu’Antonino Mercuri a perçu 12,97 millions d’euros de la part de clients – des sommes astronomiques jugées incompatibles avec une activité ostéopathique classique, même haut de gamme.
Signalé à la justice en 2015 par la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, le mis en cause est aussi détenteur d’un patrimoine d’une cinquantaine de biens immobiliers, évalué à 26 millions d’euros, ainsi que d’une collection de montres de luxe d’une valeur d’achat de 2,4 millions d’euros.
L’audience, « qui s’apparente à un procès en sorcellerie » selon la défense, est prévue jusqu’à début novembre.