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Une entreprise belge chipe le nom de domaine “marinelepen.fr” et exige 25 000 euros pour le lui rendre

"J'appelle les Français à rejoindre la plateforme que nous avons ouverte ce soir, marinelepen.com, pour soutenir et participer activement à la campagne". Jamais mieux servie que par elle-même, Marine Le Pen a f...

"J'appelle les Français à rejoindre la plateforme que nous avons ouverte ce soir, marinelepen.com, pour soutenir et participer activement à la campagne". Jamais mieux servie que par elle-même, Marine Le Pen a fait sa propre pub pour son site web mardi sur TF1, dans la foulée de son passage en appel où elle a été reconnue coupable de détournement de fonds publics avant de se pourvoir en cassation.

Généralement utilisé pour les domaines internet à vocation internationale, ce ".com" interroge. D'autant plus qu'en 2021, une enquête de l'Association française pour le nommage Internet en coopération révélait que 87 % des Français interrogés faisaient davantage confiance aux sites en ".fr". Selon le Bulletin quotidien de ce vendredi 10 juillet, l'explication est toute simple : le domaine "marinelepen.fr" n'était tout simplement plus disponible.

Le quotidien d'information spécialisé dans la veille institutionnelle révèle en effet que celui-ci a été acheté en 2021 par Score Worldwide, une société belge de référencement en ligne. Le but de cette entreprise : mettre rapidement la main sur des noms de domaine liés à des sujets qui pourraient devenir viraux afin de les revendre au plus offrant. Ou tout simplement en s'appropriant des noms bien identifiés. Sur son site, Score Worldwide propose ainsi à la vente "Manneken-pis.be", que toute personne souhaitant utiliser l'image de la petite fontaine bruxelloise pourra acheter contre 50 000 euros. Hors taxes, bien sûr.

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La bonne affaire

Plus businessmen qu'amateurs de politique française, les gérants de la société ont récupéré le nom "marinelepen.fr" juste avant le début de la troisième campagne présidentielle de la patronne des députés RN, en 2022. Pour la simple raison que le nom de la frontiste était particulièrement recherché par les internautes. Dès lors, les Belges ont flairé la bonne affaire et se sont approprié le nom de site, "sans savoir qu'elle était une femme politique française", explique un responsable de l'entreprise joint par Libération.

"Lorsque nous avons appris qui était Marine Le Pen, il y a plus de deux ans, nous leur avons envoyé un mail pour savoir s'ils étaient intéressés mais nous n'avons reçu aucune réponse", raconte-t-il. La page au nom de l'élue du Pas-de-Calais affichait d'ailleurs pendant plusieurs mois une photo de celle-ci en précisant que le nom de domaine était en vente. Aujourd'hui, il présente seulement ce message : "Ce domaine de marketing est à vendre : toute offre supérieure à 25 000 euros hors taxes sera prise en considération." Il est accompagné d'une adresse mail de l'entreprise qui précise attendre des propositions "avant le 14 juillet".

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Grosse déconvenue pour le parti d'extrême droite qui ne s'est intéressé au site que très récemment, après l'avoir laissé à l'abandon en 2021. Depuis 2007, il était pourtant utilisé par le Front national (l'ancêtre du RN), principalement pour les campagnes électorales de Marine Le Pen ou pour renvoyer vers le site officiel du parti. Récupérer le domaine en ".fr" pourrait d'ailleurs permettre de rediriger les internautes vers celui en ".com". Problème : le droit d'utilisation doit être renouvelé annuellement et les frontistes ne l'ont pas fait, ce qui a permis à la société belge de se l'approprier à l'époque.

Et alors qu'ils l'avaient ignoré, les lepénistes se sont remis à s'intéresser à l'adresse très récemment. "La semaine dernière, nous avons reçu un courrier de leur avocat [le RN a mandaté le cabinet Mark, spécialisé en propriété intellectuelle, ndlr], pour nous dire que si nous leur cédions gratuitement le domaine ils ne nous poursuivraient pas", explique le responsable de Score Worldwide.

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"Nous ne sommes pas des gangsters"

Mais les affaires sont les affaires, hors de question de le libérer sans contrepartie financière même si des poursuites sont engagées. "Nous verrons bien s'ils engagent une procédure mais ça leur coûterait plus cher en frais d'avocat que de nous payer", s'amuse celui dont la société est établie à Anvers. Et si on le vend à quelqu'un d'autre avant, ce sera encore plus compliqué pour eux de le racheter qu'avec nous, dont c'est l'activité", développe-t-il.

Car s'il a fixé le prix de vente à 25 000 euros pour éviter de perdre son temps avec des offres trop peu sérieuses, celui-ci ne s'interdit pas de vendre à qui voudra. Et ce dernier d'ajouter : "Nous avons écrit que ça devait se faire avant le 14 juillet mais ce n'est qu'indicatif, nous pouvons attendre, nous n'avons rien à perdre." Précisant que sa démarche n'a rien de politique et ne vise pas à mettre de bâtons dans les roues de Marine Le Pen, il plaisante en assurant que "nous ne sommes pas des gangsters, d'ailleurs nous ne volons pas l'argent de l'Union européenne".

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