Un verrou vient de sauter : les PFAS, ces « polluants éternels », p…
Face à l’omniprésence des PFAS, changer de poêle ne suffira pas. Il est temps de libérer les citoyens de cette responsabilité et de faire porter la réponse à la collectivité. En Allemagne, des cher...
Pesticides, microplastiques, PFAS. Vous vous sentez parfois démunis face à cette pollution qui s'insinue partout dans notre environnement ? Et pour cause : entre les recommandations individuelles et l'ampleur du problème, le décalage semble immense. Changer de poêle ou même filtrer son eau. Difficile de croire encore que ça puisse vraiment changer les choses.
Face aux « polluants éternels » que sont les substances per- et polyfluoroalkylées, tout particulièrement, la vraie réponse doit être collective. Dans les laboratoires, les chimistes explorent des pistes. Ils s'attaquent au problème là où il se pose vraiment : dans nos usines et nos stations d’épuration. En amont pour trouver des substituts plus durables et en aval pour réparer ce qui peut l'être.
A report by the University of Freiburg, commissioned by the German Environment Agency, shows that many per- and polyfluoroalkyl chemicals used in medicinal drugs can be replaced by alternative, safer ingredients. https://t.co/aLS2k18UYy
— Dr. Rath Foundation (@rathfoundation) July 22, 2026
Des bulles « explosives » pour briser les liaisons chimiques les plus coriaces
Des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf (HZDR, Allemagne) se sont attaqués à l'aval du problème des PFAS. Ils ont développé non pas un, mais deux procédés susceptibles d'assainir l'eau directement à la source. Des solutions systémiques qui tranchent avec les éternels conseils prodigués aux simples citoyens pour limiter leur exposition.
L'idée : casser les liaisons carbone-fluor qui confèrent aux PFAS leur stabilité (presque) à toute épreuve.
Marre d’être tenu responsable de la pollution aux PFAS ? Pour libérer l’individu d’une charge disproportionnée, des chimistes allemands misent sur une réponse collective. Leur objectif : éradiquer ces « polluants éternels » au niveau industriel grâce à des technologies inédites. © B. Schröder, Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf
En 2022, l'équipe avait déjà étudié le potentiel d'un procédé appelé cavitation hydrodynamique. Le terme semble barbare. Mais le procédé est plutôt simple dans l'esprit. De l'eau chargée en PFAS passe par un rétrécissement. Cela génère des petites bulles de vapeur. Or les PFAS à longue chaîne sont des tensioactifs, alors ils se fixent à ces bulles. En aval du rétrécissement, les bulles finissent par éclater sous l'effet de l'augmentation de la pression dans l'eau. Les PFAS sont alors exposés à des pics de température pouvant atteindre plusieurs milliers de degrés Celsius.
PFAS : une méthode efficace (et inattendue) pour réduire ces polluants dans votre corps
Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) s'accumulent dans notre organisme au fil du temps. Ces « polluants éternels » suscitent des inquiétudes croissantes dans le monde entier. Une étude récente apporte un espoir : le don régulier de sang ou de plasma pourrait réduire significativement leur concentration dans notre corps. Comment cette découverte peut-elle transformer notre approche face à l'exposition aux PFAS ?... Lire la suite
L'opération produit aussi des radicaux hydroxyles hautement réactifs qui interagissent avec les substances environnantes. Les chercheurs pensent qu'ils s'attaquent aux produits intermédiaires, accélérant ainsi considérablement la dégradation des PFAS.
Dans la revue Chemical Engineering Journal Advances, l'équipe détaille des expériences menées sur de l'eau polluée au sulfonate de perfluorooctane (PFOS). Elles ont permis de décomposer environ 37 % des molécules dissoutes, avec un taux de dégradation stable. L'objectif à présent : atteindre un taux de dégradation supérieur à 80 % des PFAS présents dans l'eau.
Le plasma : l’autre arme choc pour anéantir les polluants éternels
Dans une autre série d'expériences, présentée dans la revue Scientific Reports, les chercheurs ont exploré la puissance du plasma froid combiné à la dispersion de gaz pour dégrader les PFAS. « Nous avons généré du plasma à la surface de l'eau contaminée tout en introduisant simultanément du gaz, explique, dans un communiqué, Sebastian Reinecke, le responsable du département des technologies de l'eau et de l'environnement au HZDR. Les PFAS se fixent sur les bulles de gaz. Lors de leur remontée, l'eau est mise en circulation constante. Cela amène les polluants à la surface, où ils sont décomposés par le plasma. »
PFAS près de chez vous : un outil pour suivre la contamination de l’eau
En juillet dernier, le gouvernement mettait en ligne une carte interactive rassemblant plus de 2,3 millions d’analyses d’eau, révélant la présence de PFAS dans nos robinets, nos rivières et nos nappes souterraines. Alors que l’été touche à sa fin, la rentrée ramène son lot de bonnes résolutions : mieux manger, reprendre de bonnes habitudes… Mais que reste-t-il de ces efforts si l’on continue à consommer, sans le savoir, des aliments contaminés par des substances toxiques ? Futura fait le point sur une menace qui empoisonne lentement nos assiettes dans le nouveau numéro des Cahiers de Futura : PFAS : le poison est servi.... Lire la suite
La méthode a permis de dégrader presque totalement les PFAS à chaîne longue comme à chaîne courte. Elle est plus rapide que la cavitation hydrodynamique, mais elle consomme beaucoup plus d'énergie par unité de volume. Le procédé génère aussi de nombreux produits de transformation. Les chercheurs s'assurent actuellement que ceux-ci ne présentent pas de risque pour la santé.
Du tube à essai à l’usine : l’étape décisive vers une eau propre
« Je pense que nous obtiendrons des taux de dégradation élevés en associant les espèces hautement réactives issues du plasma aux effets de la cavitation », estime Sebastian Reinecke. L'objectif des chercheurs est donc désormais de combiner les deux méthodes pour en tirer un maximum d'avantages.
L'autre défi, c'est de passer le cap de l'échelle. Pour l'heure, les expériences n'ont été menées que sur un volume réactionnel de l'ordre de 50 millilitres.
Les « polluants éternels » ne le sont peut-être plus : cette découverte scientifique change tout !
Ils sont partout, invisibles, persistants, et potentiellement dangereux. Depuis des décennies, les scientifiques cherchent un moyen efficace de se débarrasser des polluants chimiques éternels. Aujourd’hui, une équipe internationale affirme avoir franchi un cap majeur, grâce à un matériau capable de piéger ces contaminants à une vitesse jusqu’ici inédite.... Lire la suite
Si les chercheurs parvenaient à leurs fins, ils pourraient créer une technologie efficace pour éliminer les PFAS des eaux contaminées.