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1 urgentologue sur 10 quitte les urgences, selon un sondage

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Une étude parue dans le Journal de l'Association médicale canadienne (JAMC) indique qu'un nombre croissant d'urgentologues au pays sont au bout du rouleau. Près de la moitié des répondants à un sondage pancanadien disent avoir réduit leurs heures de travail, alors que 20 % ont pris des pauses de leur profession et 10 % ont carrément quitté le domaine.

Le thème récurrent était que le système [de santé] est brisé, rapporte la coautrice de l'étude Kerstin de Wit, une urgentologue au Centre des sciences de la santé de Kingston de l’Université Queens.

Les femmes et les jeunes spécialistes auraient même un taux d’épuisement plus élevé, selon l’étude.

Les hauts niveaux d’épuisement professionnel peuvent aussi mener à une baisse de la qualité des soins et mettre en danger la sécurité des patients, rapporte l'étude. Ses auteurs soulignent également qu'il ne s'agit pas d'un phénomène pandémique isolé.

Les résultats de l’étude se basaient sur des sondages remplis par 410 médecins de partout au pays, à l'exception du Nunavut et du Yukon. L’étude s'est amorcée avec un premier sondage en avril 2020, puis elle a fait l’objet de trois suivis en novembre 2020, septembre 2022 et en janvier 2025.

Quantifier le nombre d’urgentologues canadiens n’est pas une mince affaire, puisque, comme la majorité des médecins au pays, les médecins affectés aux urgences ne sont pas des salariés. Ils travaillent plutôt sur une base contractuelle.

Les plus récentes données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) font état d'environ 3750 spécialistes des urgences en 2024.

L’Association canadienne des médecins d'urgence (ACMU) estime quant à elle qu'environ 6000 médecins travaillent dans les salles d'urgence au pays.

Il est important de noter qu’aucun des deux recensements ne prend en compte le nombre de médecins qui travaillent sur une base régulière.

Des infirmiers s'affairent dans un couloir de la salle d'urgence de l'Hôpital Humber River.

Les femmes et les jeunes spécialistes auraient même un taux d’épuisement plus élevé, selon l’étude.

Photo : CBC / Evan Mitsui

Une crise pour le système

La perte d’urgentologues représente une crise pour le système canadien, selon les auteurs de l'étude publiée par le JAMC.

Ce nouveau portrait de la situation sur le terrain arrive à un moment où des millions de Canadiens n’ont pas accès à un médecin de famille. Les salles d’urgence, quant à elles, débordent de patients et manquent de personnel.

Les délais d’attente s'allongent également. Un Canadien sur 10 admis à l’hôpital au cours de l’année financière 2024-25 a passé plus de 48 heures en attente aux urgences, une hausse de 12 heures sur six ans, rapporte l'ICIS.

Cette augmentation serait attribuable aux capacités d’accueil limité des hôpitaux, aux difficultés d’accès à des soins de base et au vieillissement de la population canadienne.

Plaidoyer pour un financement prévisible

James Maskalyk, un urgentologue de Toronto, dit que l’étude reflète sa propre expérience, lui qui voit ses collègues se sentir de plus en plus isolés dans un système de santé surchargé.

Si vous regardez les raisons pour lesquelles les gens quittent la profession, les problèmes organisationnels sont l’une des principales, dit-il.

On sent qu’on déçoit les gens sur le plan de la relation médecin-patient.

Pour surmonter cette crise, les gouvernements et les établissements doivent combler les lacunes en matière de soins offerts aux patients, investir dans les soins gériatriques offerts aux urgences et accroître les effectifs pour répondre efficacement aux besoins, au-delà des urgences, selon l’étude.

Les divers ordres gouvernementaux ont investi dans l’innovation des soins aux urgences dans les dernières années. En Ontario, par exemple, certains professionnels de la santé, comme les pharmaciens et les ambulanciers, ont obtenu une plus grande liberté pour soigner certains patients dans des contextes communautaires plutôt qu’aux urgences.

En Colombie-Britannique, des douzaines de nouveaux centres de soins d’urgence et de premières lignes ont été ouverts, afin d’enlever de la pression sur les urgences congestionnées.

La semaine dernière, des discussions sur les soins de santé ont eu lieu à Charlottetown lors de la rencontre des premiers ministres des provinces et territoires.

Dans une déclaration commune, les 13 premiers et premières ministres ont demandé un financement fédéral plus prévisible pour les soins de santé.

Pendant ce temps, l'Association médicale canadienne a appelé les premiers ministres à régler eux-mêmes les problèmes qui plombent les hôpitaux – comme les fermetures de salles d’urgence – tout en saluant les efforts pour retirer les barrières qui empêchent les médecins de travailler d'une province à l'autre.

M. Maskalyk concède que les efforts internes des hôpitaux, comme la mise sur pied de programmes de soutien et le fait d'accorder du repos aux travailleurs de la santé, aident réellement à diminuer les épuisements professionnels.

Selon lui, il n’en demeure pas moins que les enjeux systémiques sont les causes principales des départs de nombreux médecins.

On a le sentiment qu’on est lésé dans notre capacité à faire ce qu’on aime, et nous ne donnons pas aux patients ce dont ils ont besoin – c’est de là que l’effritement vient.

Avec les informations de Lauren Pelley, de CBC News

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