Un risque de “détresse sociale” dû à la baisse de l’indemnisation des arrêts maladie de longue durée, estime un médecin
Face à la forte hausse des arrêts maladie de longue durée, le gouvernement va abaisser de trois à un an la durée d'indemnisation de certains patients. Une mauvaise idée estime le syndicat de médecin MG France.
Face à la forte hausse des arrêts maladie de longue durée, le gouvernement va abaisser de trois à un an la durée d'indemnisation de certains patients. Une mauvaise idée estime le syndicat de médecin MG France.
Publié le jeudi 10 septembre 2026 à 19:05
Après les arrêts de courte durée, le gouvernement veut contenir cette fois les arrêts de longue durée et les faire passer de 3 à 1 an. En 2023, ces arrêts, toujours plus prescrits, représentaient plus de 3 milliards d'euros. Cela va concerner les arrêts maladie de plus de 6 mois, mais seulement pour les malades qui ne rentrent pas dans une pathologie qu'on appelle affection de longue durée, une ALD. Ce sont principalement les patients atteints de dépression ou de troubles musculosquelettiques. Les indemnités de leurs arrêts maladie vont donc passer de 3 à 1 an. Une mesure qui prendra effet à partir du 15 octobre prochain.
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En contrepartie, le gouvernement s'engage à adapter des parcours de soins renforcés pour ces malades. L'assurance maladie estime en effet qu'ils ne sont pas assez bien suivis et que leurs arrêts maladie courent sans contrôle.
Pour Yohann Sénac, médecin généraliste à Pantin, et vice président du syndicat MG France, cette mesure est inquiétante et "laisse entendre qu'à un an, plus personne ne relève encore d'une poursuite d'arrêt de travail. Ce n'est pas vrai, c'est pas ce que l'on voit au quotidien". Il insiste, "il y a authentiquement des gens qui, au bout d'un an d'arrêt, ne peuvent pas reprendre leur travail. Ils ne sont pas très nombreux, mais si demain on leur explique qu'il n'y a plus d'indemnisation, donc qu'ils n'ont plus de revenus, on risque de laisser des gens dans une forme de détresse sociale assez importante".
Par ailleurs, poursuit le médecin, "les économies espérées sont, à priori, de quelques centaines de millions d'euros, donc autour de 0,1% des dépenses totales, relative à la santé". Yohann Sénac considère que faire passer les arrêts maladies de longue durée de 3 à 1 an est "cher payé pour une économie qui est somme toute assez dérisoire, quand on la rapporte au budget total et tout ça sur le dos des malades".
Les arrêts à répétition scrutés aussi
Dans le viseur cette fois du gouvernement, le "nomadisme médical", ce sont ces patients qui passent d'un médecin à un autre pour multiplier les prescriptions. D'après les chiffres de la Sécurité sociale, 13 000 malades ont bénéficié de cinq arrêts par cinq généralistes différents en 2024, pour 12 jours en moyenne d'arrêt. Un décret récemment examiné devant le Conseil d'État permettra à l'Assurance maladie de sanctionner ces abus et ces patients devront rembourser une partie des indemnités perçues ou payer une pénalité financière.