Un refus de permis fait du bruit et fragilise (un peu plus) la majorité MR/Les Engagés à Flobecq
Les oreilles de la majorité MR/Les Engagés-Audacité de Flobecq sifflent depuis que le ministre Coppieters (Les Engagés) a refusé un permis d'environnement à une société locale hautement estimée. Et le bourgmestre MR dénonce l'attitude du 1er échevin des Engagés.
Le ministre Yves Coppieters (Les Engagés), dans un arrêté daté du 2 juillet, a refusé d'accorder un permis d'environnement à la SA Geenens, société spécialisée dans le transport par bus. Cette décision fait suite à un recours déposé par un (seul) riverain (voisin direct de la société, le long de la N48 à La Houppe) contre la décision initiale du collège communal de Flobecq ; celui-ci avait accordé le permis le 27 février. La cellule "Bruit" de la Direction de la Prévention des Pollutions du SPW ARNE (Service Public de Wallonie, Agriculture, Ressources naturelles et Environnement) a remis un avis négatif, alors qu'elle n'en avait pas rendu lors de l'instruction de la demande initiale. Le fonctionnaire technique s'est rallié à cet avis et il a proposé de refuser le permis, ce que le ministre Coppieters a fait.
La décision suscite une profonde émotion dans la commune flobecquoise où la société Geenens est solidement établie depuis plusieurs dizaines d'années. Une pétition a même été lancée via un site internet "spécialisé" dans telles initiatives. "La décision du ministre wallon de l'Environnement, Yves Coppieters, de refuser le permis d'exploitation de la société Geenens est un coup dur incompréhensible pour notre économie locale" lit-on dans le texte de motivation. "Suite au recours d'un seul riverain, cette décision technocratique menace directement la survie d'une entreprise familiale et centenaire. Elle met en péril plus de 120 emplois ancrés dans notre région."
"Il est indispensable de soutenir le maintien de Geenens à La Houppe : on ne peut pas sacrifier un acteur économique historique du transport public et scolaire pour des plaintes isolées. Mobilisons-nous aux côtés de la commune de Flobecq pour défendre l'emploi, l'activité locale et exiger le droit de maintenir cette entreprise essentielle au sein de notre entité." Ce mercredi après-midi, la pétition avait recueilli plus de 1200 signatures.
"La société dans une situation précaire"
Le dossier suscite aussi des réactions sur le plan politique. Le groupe PS/Vivacité, lors du dernier conseil communal, a développé une question orale. "Il faut rappeler que cette entreprise est grande pourvoyeuse d'emplois dans notre Commune et dans la région" soulignait le PS. "En fait, la demande de permis visait à prolonger ses activités, lesquelles nécessitent un renouvellement périodique de ses autorisations. […] La décision prise par le ministre Yves Coppieters (Les Engagés) accueille favorablement le recours introduit par un riverain, lequel, s'appuyant sur des raisons médicales, a obtenu satisfaction. La conséquence de cette décision est à la fois simple et dramatique : le recours est accepté et le permis d'environnement est refusé, ce qui a pour conséquence de placer la SA Geenens dans une situation extrêmement précaire. De très nombreux emplois sont menacés." Et de poser trois questions. "Quelle a été la position des membres du collège sur la demande initiale de permis d'environnement délivré le 27 février 2026 ? Quels sont les motifs qui ont été retenus pour accepter le recours et pour prononcer le refus de permis ? Quelles sont vos intentions par rapport au dossier en tant que tel, ses aspects juridiques et aux conséquences économiques que cette décision engendrera ?"
Depuis lors, l'opposition ne se prive pas de lancer des "raids" à l'encontre de la majorité via les réseaux "sociaux"; elle cible le 1er échevin des Engagés, lui reprochant d'avoir mené au refus de permis "par ses interventions".
Dominique Marcil : "L'échevin Van Coppenolle a commis une erreur"
Le bourgmestre, Dominique Marcil (MR), n'a pas souhaité répondre aux questions du PS en séance publique ; il a prononcé le huis-clos. Mais Dominique Marcil ne cache pas son courroux. "Luc Geenens est un ami d'enfance ; c'est une société que je soutiens. Je la verrais mal quitter Flobecq. La décision est finalement le résultat d'un conflit de voisinage qui date. Ceci dit, j'ai confiance dans une issue positive, après la réalisation d'une étude acoustique. Il suffit d'aller le long de la N48 pour constater le contexte bruyant, indépendamment de la société en question…"
"Mais l'échevin Xavier Van Coppenolle a commis une erreur" poursuit le bourgmestre. "Il est intervenu comme médecin dans le dossier et il a fait un certificat médical pour le plaignant. Je lui ai dit : il ne peut plus agir ainsi…" Dominique Marcil dit espérer que son partenaire de majorité va "travailler d'arrache-pied" en faveur d'un dossier qui constitue maintenant une pierre supplémentaire sur la route cahoteuse de la majorité MR-Les Engagés/Audacité.
Xavier Van Coppenolle : "Je n'ai pas influencé le ministre…"
De son côté, le 1er échevin Xavier Van Coppenolle (Les Engagés/Audacité) se défend de toute intervention suspecte. "Le plaignant est un de mes patients" indique-t-il. "C'est un certificat médical général qui ne mentionne pas de lien de causalité entre l'état de santé de la personne et la présence de l'entreprise. Ce certificat ne fait pas mention de nuisances sonores. Et l'arrêté du ministre ne fait pas mention d'un certificat médical ; il repose sur l'avis de la cellule Bruit. Je ne suis intervenu en aucun cas auprès du ministre pour l'influencer. J'ai participé précédemment à la délibération du collège communal en âme et conscience."
"Les mandataires PS auraient pu avoir les explications lors du conseil communal, mais ils ont quitté la salle" regrette encore M. Van Coppenolle.
En attendant, il ne faut même pas d'étude acoustique pour constater le vacarme suscité par ce dossier dans la commune flobecquoise. Reste à voir quel groupe politique en subira le plus les nuisances.
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