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Un portrait de Jean-Luc Crucke réalisé avec… des résidus de pollution: l’artiste, fondateur du “nocivisme”, défend son œuvre

Dans le cadre de la première exposition du mouvement "nocivisme", à Koekelberg, un portrait de Jean-Luc réalisé avec des résidus de pollution a été présenté. Une démarche "non politique", assure l'artiste Alexandre Hannesse.

Un nouveau courant esthétique est officiellement né en ce début d'automne, à Koekelberg : le nocivisme. À la Maison Sepman, les artistes Alexandre Hannesse et Mario Mariano Di Venti ont lancé leur mouvement par le biais d'une exposition inaugurale.

"C'est, certes, encore embryonnaire, mais je suis sûr que ce courant marquera l'histoire de l'art", ose déjà affirmer Alexandre Hannesse, Woluwéen expatrié à Liège et déjà connu entre autres pour son concept de "Nocif'Art" et ses fameux portraits à base de mégots de cigarette. "Le nocivisme, c'est utiliser la nocivité pure pour en faire des œuvres artistiques. La nocivité est un concept plus vaste que la toxicité, car elle est aussi sociale."

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Sous cet étendard "nociviste", l'artiste classe des séries de photographies documentaires tout comme ses œuvres en mégots ou ses créations à base de "tâches d'héroïne" réalisées avec de l'aluminium retrouvé à la gare du Nord.

Mais une œuvre de l'exposition koekelbergeoise fait déjà grand bruit sur les réseaux sociaux. Il s'agit d'un portrait du ministre fédéral de l'Environnement, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), réalisé avec des résidus de pollution. Pour cette insalubre aquarelle, au style très Luc Tuymans, l'artiste a utilisé "de la calamine récupérée d'un pot d'échappement", le tout lié avec de l'eau trouble de la Meuse.

Un portrait de Jean-Luc Crucke réalisé avec... des résidus de pollution : ce qui se cache derrière cette oeuvre fondatrice du
Un portrait de Jean-Luc Crucke réalisé avec... des résidus de pollution : ce qui se cache derrière cette oeuvre fondatrice du "nocivisme" ©D.R.

"C'est un smographe", contraction de Smog et du suffixe -graphe. Avec le vernis, une réaction chimique apporte une couleur jaunâtre à la toile. Par le passé, l'artiste a déjà réalisé avec cette technique le portrait de Greta Thunberg et d'autres.

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"Ce n'est pas un acte politique"

Le portrait du ministre Les Engagés a été relayé sur les réseaux sociaux et brandi dans le cadre de la fronde contre le survol de Bruxelles. La décriée "route Crucke" passe notamment par Koekelberg, dont le parc Elisabeth a abrité le mois dernier un grand rassemblement de protestation.

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Un "pur hasard", aux yeux d'Alexandre Hannesse, qui n'était pas au courant de cet enjeu lié au lieu d'exposition. "Ce n'est pas un acte politique. Ce n'est pas une approbation ni une critique de son mandat." L'œuvre a d'ailleurs été réalisée dans le cadre de la journée internationale de l'environnement, le 5 juin, indépendamment donc de la fronde contre le survol.

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Contacté par La DH quant à son "portrait nociviste", le ministre centriste dit "accueillir cette œuvre pour ce qu'elle est : une démarche artistique qui invite à la réflexion. Et si elle suscite le débat, elle remplit déjà une partie de sa fonction", soutient son cabinet.

Une exposition collective consacrée au nocivisme est planifiée en 2027. "On fera un appel à artistes nocivistes", annonce déjà Alexandre Hannesse. "Beaucoup d'artistes font de l'art nociviste sans le savoir."

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