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Route de l’Arctique : un navire sud-coréen vise l’Europe

Un porte-conteneurs sud-coréen est parti samedi pour l'Europe via l'Arctique. Cette route maritime suscite un intérêt croissant, d'autant que les conflits perturbent le trafic au Moyen-Orient. Mais plusieurs facteurs limitent son potentiel, relèvent des experts.

Un porte-conteneurs sud-coréen est parti samedi pour l'Europe via l'Arctique. Cette route maritime suscite un intérêt croissant, d'autant que les conflits perturbent le trafic au Moyen-Orient. Mais plusieurs facteurs limitent son potentiel, relèvent des experts.

Les pays asiatiques, dont l'approvisionnement en hydrocarbures a été lourdement affecté par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, voient dans la voie du nord un moyen de diversifier leurs options.

Une semaine après le départ d'un navire chinois censé inaugurer une liaison régulière, le Panstar Acro a largué les amarres samedi soir depuis le port de Busan, dans le sud de la Corée du Sud.

Ce navire de la compagnie locale PanStar Line Dot Com doit rejoindre les ports européens de Felixstowe en Angleterre, Rotterdam aux Pays-Bas et Gdansk en Pologne, avant de revenir. La durée totale du voyage est estimée à environ 45 jours.

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Un voyage test

L'objectif est de déterminer si la fonte de la glace en cette période de l'année permet l'ouverture d'une route viable sur le plan commercial. La route arctique "est appelée à devenir une alternative aux routes du Moyen-Orient", a récemment déclaré Nam Jae-hon, le vice-ministre sud-coréen des Océans.

Avec le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran et les menaces des Houthis sur la traversée de la mer Rouge, le trafic maritime entre l'Asie et l'Europe passe désormais par le Cap de Bonne-Espérance, au sud du continent africain.

En passant par l'Arctique, les distances parcourues sont réduites de 30% à 40% par rapport à la liaison via le canal de Suez, en Egypte, et de près de moitié par rapport à celle via le Cap de Bonne-Espérance, selon une étude de l'assureur-crédit Coface publiée en avril.

Le Panstar Acro amarré dans le port de Busan, en Corée du Sud, peu avant son départ pour l'Europe via l'Arctique. [AFP - JUNG YEON-JE]
Le Panstar Acro amarré dans le port de Busan, en Corée du Sud, peu avant son départ pour l'Europe via l'Arctique. [AFP - JUNG YEON-JE]

Conséquence: des coûts réduits, une moindre consommation de carburant et un temps de traversée réduit de moitié pour atteindre une vingtaine de jours.

Néanmoins, seulement 3,5% des échanges existant entre l'Asie de l'Est, l'Europe du Nord et l'Amérique du Nord seraient réellement susceptibles d'emprunter les routes arctiques, d'après Coface. Ces dernières devraient surtout présenter un avantage commercial pour les matières premières comme le pétrole ou le gaz naturel liquéfié.

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Un potentiel limité

Parmi les contraintes limitant le potentiel, selon les experts: la liaison ne peut être assurée que d'août à octobre, avec des navires classés polaires et de taille plus modeste que les énormes porte-conteneurs qui concentrent une grande partie du trafic maritime.

Des experts estiment également que les navires sud-coréens empruntant la route arctique pourraient violer les sanctions occidentales contre la Russie, car ils recevraient des services russes de navigation et de météorologie impliquant des paiements, même modestes.

Les défenseurs de l'environnement craignent de leur côté que ces transits n'accélèrent la fonte de la banquise dans l'Arctique, océan glacial déjà menacé par le réchauffement climatique.

De nombreuses sociétés occidentales (dont le géant suisse MSC) se sont engagées à éviter ces routes.

afp/ami