Un policier témoigne au sujet de l’accident qui a tué une mère et…
Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) dépêché sur les lieux de l’accident qui coûté la vie à Tanya Lalonde, 34 ans, et à son fils Elliot, 5 ans, en août 2025 sur l’autoroute 30, n’a constaté aucune trace de f...
Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) dépêché sur les lieux de l’accident qui coûté la vie à Tanya Lalonde, 34 ans, et à son fils Elliot, 5 ans, en août 2025 sur l’autoroute 30, n’a constaté aucune trace de freinage sur la chaussée de la part du conducteur du véhicule lourd impliqué dans le carambolage. C’est ce qu’il a relaté, lundi, lors de son témoignage à l’enquête publique du coroner sur les collisions mortelles impliquant des camions lourds.
L’enquête du coroner avait commencé au printemps dernier avec l’examen des circonstances du décès de Madeline J. Darby, 85 ans, survenu à Ange-Gardien le 15 juillet 2025 après une violente collision avec un camion lourd. Après une pause de plusieurs mois, l’enquête du coroner Me Dave Kimpton a repris son cours lundi au palais de justice de Montréal. Ce second volet des audiences porte plus particulièrement sur l’accident impliquant cinq véhicules, dont un camion lourd, qui a eu lieu le 27 août 2025 sur l’autoroute 30, à la hauteur du kilomètre 82 à Boucherville. Ce carambolage a causé deux décès, celui de Tanya Lalonde et de son fils Elliot, et plusieurs blessés.
Lundi, le premier témoin, Jérémy Quévillon, sergent-enquêteur à la SQ, a indiqué avoir reçu un appel peu après 16 h concernant un accident survenu sur l’autoroute 30, où il devait se rendre. Il a expliqué qu’à son arrivée sur les lieux vers 17 h 30, les deux personnes décédées et les quatre blessés avaient déjà été transportés à l’hôpital. La scène était sécurisée. Des témoins sur place ont rapporté que le chauffeur avait lui-même admis avoir eu une distraction dans son véhicule, a-t-il dit sans donner davantage de détails.
Le policier a relaté avoir inspecté l’habitacle du véhicule lourd impliqué dans l’accident sans y trouver d’éléments pertinents à l’enquête. Aucun des véhicules impliqués ne comportait de caméra de tableau de bord et le ministère des Transports ne disposait pas de caméra de surveillance dans ce secteur, a-t-il précisé. En soirée, le conducteur d’un autre véhicule lourd qui roulait à l’avant du carambolage a transmis les images captées par sa caméra, mais la vidéo ne filmait que l’avant de son véhicule, a expliqué l’enquêteur.
La chaussée ne comportait pas de trace de freinage, ce qui a fait dire au sergent-enquêteur Quévillon que le conducteur du véhicule lourd impliqué dans le carambolage n’avait pas freiné avant l’impact avec les autres véhicules.
Faire évoluer les choses
Le père de Carolyne Florent, conjointe de Tanya Lalonde, et grand-père du petit Elliot, fonde beaucoup d’espoirs dans cette enquête publique et souhaite que les recommandations que le coroner formulera rendront les routes plus sécuritaires. En marge des audiences lundi, Luc Florent a indiqué que sa fille n’assistait pas aux audiences parce que la situation était trop difficile pour elle, mais qu’il la représentait. « Son objectif, c’est de faire évoluer les choses », a-t-il souligné, ému. « La vie continue, mais on ne veut pas que d’autres personnes aient à vivre des choses comme ça. »
L’accident dont ont été victimes Tanya Lalonde et son garçon rappelle le danger que représentent les autoroutes, a-t-il dit. « Il faut éviter les autoroutes quand ce n’est pas nécessaire. Des fois, on va sur les autoroutes pour sauver cinq minutes. »
M. Florent croit que de nouveaux outils technologiques pourraient être utilisés pour rendre la conduite de véhicules lourds plus sécuritaire. Il a évoqué le système ISAAC, créé par une entreprise québécoise, qui assiste les conducteurs dans la conduite de leur camion et dans la gestion de leur temps derrière le volant.
Le chauffeur du véhicule lourd impliqué dans le carambolage témoignera mercredi devant le coroner, mais ses propos ne pourront pas être rapportés par les médias ni rendus publics, car son avocat a demandé une ordonnance de non-publication, que le coroner lui a accordé. C’est que le dossier de l’homme de 25 ans est toujours entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui doit déterminer si des accusations criminelles seront portées contre lui ou non.
L’enquête du coroner se poursuit mardi.