Un parcours taillé pour voir les Belges en jaune : pourquoi le Tour de France 2027 se colore déjà en noir-jaune-rouge
D'abord Tim Merlier, puis Wout van Aert, avant Remco Evenepoel ? Imaginer le maillot jaune passer d'une épaule belge à l'autre suffit à donner envie de rester à l'heure d'été et d'avancer le calendrier. Le scén...
D'abord Tim Merlier, puis Wout van Aert, avant Remco Evenepoel ? Imaginer le maillot jaune passer d'une épaule belge à l'autre suffit à donner envie de rester à l'heure d'été et d'avancer le calendrier. Le scénario est encore très hypothétique, mais le parcours du Tour de France 2027, dévoilé jeudi à Paris, lui offre un terrain favorable. Du 2 au 25 juillet, les occasions de briller ne manqueront pas pour les Belges sur les 3 479 kilomètres entre Édimbourg et les Champs-Élysées.
Avec son sens de la formule, ASO a baptisé cette 114e édition "Monts et merveilles". Trois mots qui correspondent à un tracé séduisant, varié, qui donne notamment de bonnes raisons de sourire à Evenepoel. Avec 71 kilomètres de contre-la-montre individuel, le total le plus élevé depuis 2012, le Brabançon disposera de deux belles occasions de prendre du temps sur ses concurrents. Et d'espérer se battre jusqu'au bout pour le maillot jaune.
Bonne nouvelle pour Remco Evenepoel : il y aura bien deux chronos (presque) plats au Tour de France 2027 !Un crescendo britannique
Jamais le Tour n'était parti aussi au nord. Plus septentrionale que Copenhague, Édimbourg ouvrira une traversée de l'Écosse, de l'Angleterre et du pays de Galles pensée comme une montée en intensité. Le premier jour, les sprinters viseront la victoire et le maillot jaune à Carlisle. Une perspective forcément alléchante pour Tim Merlier, l'homme le plus rapide du peloton.
Dès le lendemain, les 223 kilomètres vers Liverpool, les côtes du Lake District et les portions exposées au vent offriront aux coureurs de classiques des possibilités de contrarier les trains. Wout van Aert, absent de la Grande Boucle en 2026 et dont le retour est attendu en 2027, peut déjà cocher cette journée. Et celle de Cardiff, où sept côtes, dont quatre aux pourcentages moyens à deux chiffres, devraient réunir puncheurs et favoris dans une même bagarre.
Ce crescendo constitue une des réussites du parcours. Le début promet du mouvement sans difficulté excessive susceptible de figer immédiatement la hiérarchie. On peut y lire une manière de retarder l'éventuelle emprise de Tadej Pogacar, même si le polyvalent Slovène possède évidemment toutes les qualités pour briller sur ces terrains.
Un premier chrono dessiné pour Remco
Après la traversée de la Manche, les puncheurs retrouveront de quoi s'exprimer à Cherbourg, puis à Plumelec, avec deux ascensions de la côte de Cadoudal. Le sprint attendu à Angers, lors de la sixième étape, offrira une respiration avant le premier grand rendez-vous des rouleurs.
Entre Blois et Chambord, 38 kilomètres largement plats et roulants attendent Evenepoel. Un chrono dessiné pour les qualités du champion du monde de la discipline, susceptible de lui permettre de prendre du temps à ses adversaires. Et, selon le classement établi auparavant, de s'emparer du maillot jaune.

Mais la suite ne laisserait guère le temps de profiter tranquillement de sa tunique. Le signal d'Uchon précédera la première arrivée au sommet, au Grand Colombier. Après la journée de repos, Sallanches proposera un autre examen, avec notamment Brison, le Bettex et deux passages par Domancy, quelques semaines avant les Mondiaux disputés au même endroit. Au terme de cette succession, on saura déjà beaucoup mieux qui peut espérer quoi.
Des Alpes courtes et concentrées
On s'était habitué à la succession de grandes étapes alpestres, à l'image de la double arrivée en deux jours à l'Alpe d'Huez l'été dernier. Mais ces affiches prestigieuses et alléchantes ont parfois déçu, avec un Tadej Pogacar capable de tout contrôler collectivement, puis de gagner en solitaire.
En 2027, le séjour alpin sera bref, mais dense. Au lendemain de Sallanches, la route des Saisies imposera notamment la Colombière, le col du Pré et Bisanne. Un enchaînement exigeant, où la résistance des leaders sera aussi importante que la solidité de leur équipe.
Même entre les massifs, le Tour 2027 conservera de quoi secouer le classement. Montpellier – Mende (étape 14) sera une véritable journée de montagne par son exigence, avec 199 kilomètres, 4 300 mètres de dénivelé et la Croix Neuve pour finir. Puis la route d'Albi, où Van Aert s'était imposé en 2019, offrira aux baroudeurs un terrain accidenté.

Le verdict dans les Pyrénées
À Toulouse, au lendemain de la troisième journée de repos, le deuxième chrono permettra aux spécialistes de reprendre la main sur 33 kilomètres. Avec une nuance : le mur de Pech David, 800 mètres à 12,4 %, cassera le rythme au milieu de l'exercice. Cela reste une excellente occasion pour Remco Evenepoel, avant les deux journées qui décideront probablement du sort de cette Grande Boucle.
L'étape reine vers le col du Portet associera Soulor, Tourmalet (où Remco a exorcisé ses démons en 2026), Hourquette d'Ancizan et la terrible montée finale, pour… 5 400 mètres de dénivelé. Le lendemain, les cols basques, le Soudet et Marie Blanque offriront une dernière possibilité de renverser la course avant l'arrivée à Laruns, à la veille d'un dernier sprint attendu à Libourne.
Avec 53 450 mètres de dénivelé et 28 cols classés de deuxième, première ou hors catégorie, ce parcours, un peu moins tape-à-l'œil que ceux des dernières années, conserve de solides exigences montagneuses. De quoi faire de Tadej Pogacar le grandissime favori à un sixième sacre à Paris, où la dernière étape proposera bel et bien trois ascensions de Montmartre par la rue Lepic. Un terrain dont la Belgique et Wout van Aert gardent un excellent souvenir.
Wout van Aert va viser le Tour des Flandres en 2027 : "Une course dont je rêve et qui manque encore à mon palmarès"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.