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Un œil sur demain : les trains pourraient-ils circuler en lévitation ? Des prototypes sont en test - RTBF Actus

Un fin train blanc file sur des voies, il passe 70 kilomètres heures et soudain le véhicule lévite au-dessus des rails. C’est la vidéo promotionnelle de l’entreprise Nevomo. Ce prototype est sorti de l’imaginat...

Un fin train blanc file sur des voies, il passe 70 kilomètres heures et soudain le véhicule lévite au-dessus des rails. C’est la vidéo promotionnelle de l’entreprise Nevomo. Ce prototype est sorti de l’imagination de l’ingénieur polonais Ben Paczek. Son équipe basée à Varsovie a été nommée pour le prix de l’inventeur européen de 2026. Sa technologie novatrice repose sur l’utilisation d’aimants sur les voies.

Ben Paczek, le concepteur du train

"On ajoute des types de planches magnétiques en dessous des wagons existants, un générateur d’ondes sur les rails. Et ils travaillent ensemble sans transfert d’énergie vers le véhicule. C’est sans contact", explique l’ingénieur.

© Nevomo

Une promesse plus verte

"Transrapide" à l’aéroport de Shanghai

En Asie, cette technologie est déjà utilisée pour faire circuler le "Transrapide" à l’aéroport de Shanghai. Ce train peut aller jusqu’à 400 kilomètres heures. Les trains de Nevomo montent jusqu’à 500 kilomètres heures. Et surtout, atout majeur, ils peuvent circuler sur des réseaux ferroviaires déjà existants. "Cela permet de ne pas remplacer les voies existantes. L’empreinte carbone est diminuée et les coûts également", résume Ben Paczek.

Nevomo a décroché un premier projet commercial avec le port de Kandala au nord ouest d’Inde. L’objectif : mettre au point un système de fret ferroviaire intégralement automatisé. L’entreprise collabore aussi avec la SNCF depuis trois ans. La France y voit une approche rentable pour moderniser le transport ferroviaire.

"Ce protocole d’accord couvrira trois objectifs : augmenter les performances des trains de marchandises, plus de capacité sur nos lignes de fret et augmenter la capacité sur les lignes de passagers urbaines congestionnées", explique la porte-parole de la Société nationale des chemins de fer français.

Une révolution pour le réseau ferroviaire belge ?

Cette technologique pourrait-elle aussi révolutionner le réseau ferroviaire belge ? La réponse est non concernant les petites distances, selon Axel Coussement, professeur à l’École polytechnique de l’ULB. " Le gros avantage de ce train en lévitation, c’est surtout leur vitesse de pointe et en Belgique on ne se sait pas aller très vite parce que les distances sont très courtes. Donc cela aurait un avantage si on va sur des réseaux grande vitesse, donc tous les TGV et autres", explique l’ingénieur.

Ce système de propulsion magnétique soulève aussi une série de questions. "Que va-t-il se passer en cas de déraillement ? Qu’est-ce qu’il va se passer si les pompiers doivent intervenir sur ce type de train ? Il y a des aimants très puissants. (...) Il peut aussi y avoir des interférences magnétiques avec le système européen qui gère la vitesse des trains et la sécurité des passagers mais aussi des interférences avec des dispositifs médicaux comme les pacemakers des passagers", détaille Axel Coussement.

Des recherches sont en cours pour déterminer la fiabilité du modèle. La Commission européenne, elle, y croit. Elle a investi 17 millions d’euros dans ce train de demain.