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Olé, Dionysos : épisode 35/40 du podcast Un été avec Nietzsche | France Inter

« Sans la musique, la vie serait une erreur ». Nietzsche composa quelques pièces pour piano. On peut écouter sa Danse paysanne. Cela ne décoiffe pas une Walkyrie. Wagner et son épouse Cosima se moquaient gentim...

« Sans la musique, la vie serait une erreur ». Nietzsche composa quelques pièces pour piano. On peut écouter sa Danse paysanne. Cela ne décoiffe pas une Walkyrie. Wagner et son épouse Cosima se moquaient gentiment des partitions que leur envoyait Nietzsche.

Les jeunes auditeurs peuvent donc revenir à leurs morceaux habituels. Comme la barcarolle de Chopin par exemple que Nietzsche conseillait aux dieux d’écouter « pendant de longues soirées d’été allongés dans une barque ». On peut aussi lire Nietzsche à haute voix. Grande joie pour le lecteur que la découverte d’une langue musicale. C’est rare ! Combien avons-nous souffert de Diafoirus qui enfouissaient leur philosophie sous le jargon. « Peut-être mon Zarathoustra ne relève-t-il que de la musique ». Nietzsche, c’est le chant d’oiseleur, l’éclair des aphorismes, l’or des paraboles, la gaieté du trouvère, le fracas des invectives : que de voix sous la moustache, que de cordes sur la harpe !

Et si l’oreille musicale menait à la clarté de la pensée ?

« De la cire dans les oreilles » : ainsi Nietzsche voit-il les philosophes. Ne sachant entendre, comment peuvent-ils comprendre la vie ? Dans Par-delà le bien et le mal, il précise la théorie : « Se tromper sur le tempo d’une phrase, c’est se tromper sur son sens ». Pour se vouer à la vie, il faut entendre le chant du monde. Esprit lourd, oreille fausse : évidence de physiologiste ! Malgré le respect que j’ai pour la pression populaire, l’Oktoberfest n’est pas une patrie de la finesse.

Nietzsche rencontre Wagner le 8 novembre 1868 à Leipzig. Pour Nietzsche, jour décisif. Il vénère le compositeur, séjourne chez le couple dans la maison de Tribschen, près de Lucerne. La fascination prend des accents pathologiques. Nietzsche s’identifie à Wagner. Sans doute s’éprend-t-il de Cosima. Il voit dans le maestro l’ordonnateur, « simplificateur du monde », artiste total, demiurge de l’unité entre la vie et l’art. En 1872, il lui dédie son premier livre, La Naissance de la Tragédie.

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France Musique

17 min