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Un élève perd une main lors du blocage de son lycée dans le nord de…

À la veille d’une journée de mobilisation du mouvement lycéen en France à laquelle se joindront des syndicats, la colère est restée forte lundi avec des centaines d’établissements fermés et plusieurs incidents,...

À la veille d’une journée de mobilisation du mouvement lycéen en France à laquelle se joindront des syndicats, la colère est restée forte lundi avec des centaines d’établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans ayant perdu une main.

Manque de moyens, de professeurs, délabrement des locaux, plateforme de candidature pour l’enseignement supérieur jugée sélective et opaque… : « les problèmes sont clairs », estime Alma, du lycée Charlemagne au cœur de Paris, qui n’a pas souhaité donner son nom. « Quand on voit la chute de notre classement sur PISA, c’est un système d’éducation qui ne fonctionne pas. »

Début septembre, l’étude internationale PISA, qui sonde les performances des systèmes éducatifs à travers les compétences des élèves de 15 ans, a donné pour la France les résultats les plus bas jamais mesurés depuis 2000 — ils restent cependant dans la moyenne des pays de l’OCDE.

Parmi les 3700 lycées du pays, où sont scolarisés les jeunes de 15 à 18 ans, le nombre d’établissements perturbés — « 589 » — était en baisse au regard de la mobilisation de vendredi — « presque 800 » —, selon le ministère de l’Éducation.

190 élèves blessés

Les incidents sont globalement plus limités que ceux enregistrés en fin de semaine dernière.

Mais la journée a été marquée par la blessure à Lens (nord) d’un jeune de 15 ans, qui a eu la main arrachée lors d’une manifestation, selon le préfet. Il s’agissait vraisemblablement d’une grenade, selon plusieurs médias.

Une situation « humainement tragique », a déclaré le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, ajoutant ne pas connaître les circonstances du drame.

Cent quatre-vingt-dix élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, « pour l’essentiel du fait d’éléments accidentels », a-t-il décompté.

Plusieurs syndicats et associations ont accusé le gouvernement de « réprimer » les mobilisations lycéennes avec une brutalité « disproportionnée », pour faire taire des revendications « légitimes ».

Six enquêtes de la police des polices sont en cours.

« Dérive »

La Ligue des Droits de l’homme a dénoncé « une dérive globale par rapport à l’État de droit ».

Commencé le 17 septembre en région parisienne, le mouvement lycéen a été rejoint par des étudiants et s’est progressivement étendu, avant de s’enflammer jeudi dans de nombreuses villes de France.

Cette colère explose à sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique tendu, entre la candidate d’extrême droite Marine Le Pen donnée favorite par les sondages et la flambée des prix des carburants.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a confirmé qu’il « craignait » un embrasement au niveau national du mouvement lycéen et étudiant. Lundi, l’Union étudiante a recensé 32 sites universitaires bloqués.

Les autorités ont fait état la semaine dernière de 5000 interpellations, dont environ 85 % de mineurs, de 24 établissements « incendiés ou saccagés » et de « 78 personnels de l’Éducation nationale blessés ».

Les services du premier ministre ont condamné des « violences urbaines » et en ont imputé la responsabilité à La France insoumise (gauche radicale).

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, LFI a dit « déplorer » les violences, mais a regretté que l’exécutif « résume » le mouvement à ces débordements.

Appels à une « semaine noire »

Les lycéens réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

Concernant les violences, « c’est pas vraiment les lycéens, c’est plutôt les gens en dehors qui viennent casser et du coup décrédibiliser le mouvement », estime une lycéenne de Bordeaux de 17 ans, qui a souhaité rester anonyme.

Sur l’ensemble du territoire, les incidents semblent moindres que vendredi.

Un lycée parisien a néanmoins été touché par « un feu sur la porte d’entrée […] par des individus extérieurs [qui] n’étaient pas des lycéens de l’établissement », selon le rectorat. Dans le département du Rhône (centre-est), la préfecture rapporte des « escarmouches ».

Le mouvement pourrait prendre une autre dimension mardi. Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations.

Le syndicat CGT a annoncé vouloir prêter main-forte pour encadrer les manifestations lycéennes.

Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une « semaine noire », avec des blocages quotidiens.