“Un arbre de 100 ans ne se remplace pas en plantant un jeune arbre” : les gestionnaires d’espaces verts réclament une meilleure protection des arbres bruxellois
Trop peu d'espace, des sols compactés, des chantiers et parfois des abattages jugés évitables : les professionnels des arbres bruxellois demandent de revoir la manière de gérer le patrimoine arboré.
Un collectif de gestionnaires, paysagistes et arboristes des administrations communales et régionales bruxelloises appelle à la création d'une plateforme régionale permanente pour mieux protéger les arbres à Bruxelles. Celle-ci réunirait professionnels de terrain et décideurs publics afin de coordonner la gestion du patrimoine arboré bruxellois.
Cet appel a été relayé par Brulocalis, l'association de la Ville et des communes de la Région de Bruxelles-Capitale, dans le dernier numéro de sa revue trimestrielle 'Trait d'Union'. Les signataires demandent de faire de la préservation des arbres existants une priorité politique et budgétaire.
Les professionnels rappellent le rôle des arbres pour améliorer la qualité de l'air, réduire les îlots de chaleur ou favoriser l'infiltration des eaux de pluie. Ils insistent particulièrement sur la valeur des arbres adultes. "Pour remplacer un tilleul de cent ans, il faut un jeune tilleul ? et cent ans", soulignent-ils. Remplacer un arbre adulte abattu par une jeune plantation ne permet donc pas, selon eux, de compenser à court ou moyen terme les services perdus.
Les gestionnaires pointent également les conditions de vie parfois difficiles des arbres bruxellois, notamment la compaction et le manque de volume des sols, les travaux, le stationnement, les réseaux souterrains ou l'imperméabilisation. Ils appellent à protéger davantage les sols et à mieux intégrer ces contraintes dans les arbitrages techniques et budgétaires.
Ils plaident par ailleurs pour privilégier la qualité des plantations plutôt que leur nombre. Chaque nouvel arbre devrait disposer de suffisamment d'espace, d'un sol adapté et d'un plan de gestion à long terme. Certaines administrations ne disposent déjà plus, selon eux, des moyens humains suffisants pour assurer correctement la survie des jeunes plantations.
Les signataires dénoncent enfin les "abattages de confort", notamment lorsqu'un arbre sain est supprimé pour permettre le passage d'un engin de chantier.