Un acheteur offre 1,5 million d’euros pour La Boisserie, la maison du général de Gaulle
Nicolas Lacroix, président du département de Haute Marne devant la Boisserie. © baptiste giroudon ...
Nicolas Lacroix, président du département de Haute Marne devant la Boisserie.
© baptiste giroudon
Florent Buisson 17/09/2026 à 07:00, Mis à jour le 17/09/2026 à 07:00
EXCLUSIF - Le conseil départemental de Haute-Marne va formuler une proposition aux propriétaires de la demeure du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises.
La Boisserie va-t-elle bientôt quitter le giron de la famille de Gaulle ? Selon nos informations, le département de la Haute-Marne va faire une offre aux propriétaires, les trois petits-fils du Général, pour le rachat de la bâtisse, du mobilier et du parc de 2 hectares. Le montant global ? 1,5 million d’euros. L’estimation des Domaines, un service rattaché au ministère de l’Économie, se montait il y a quelques mois à environ 800 000 euros pour le bâti et 400 000 pour les biens. L’offre est donc supérieure et sera formulée dans une délibération présentée vendredi 18 septembre en session du conseil départemental.
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Malgré l’intérêt de l’État – le président de la République aimerait que la propriété revienne à l’ordre de la Libération et sa gestion au Centre des monuments nationaux –, une vente au département a la préférence d’Yves de Gaulle et de son frère Jean, pour faciliter la gérance. Le conseil départemental veut racheter le site pour en ouvrir plus grand les portes. « Le jardin n’est pas exploité. On peut imaginer, dans le respect, une saison culturelle limitée en août, avançait Nicolas Lacroix, président de la collectivité, dans nos colonnes en juin dernier. On pourrait ouvrir la chambre du Général, celle d’Adenauer [le chancelier allemand est le seul chef d’état a y avoir passé une nuit, le 14 septembre 1958, NDLR], la cuisine… »
Dans cette demeure bourgeoise de 14 pièces, tout est resté figé en 1978, quand Yvonne, l’épouse du Général, est entrée en maison de retraite, un an avant sa mort. Depuis fin 1979, le public peut voir le vestibule, la salle à manger, le salon, la bibliothèque et le bureau du fondateur de la Ve République. En juin dernier, pour la première fois, Paris Match avait publié des photos de la cuisine, au rez-de-chaussée, et surtout de la chambre du Général et de sa femme, située au premier étage.
De longs travaux
Que peut-on y voir ? Il n’y a qu’un seul lit dans cette pièce d’environ 20 mètres carrés, à la moquette bleue (Yvonne a fait détruire la majorité des effets de son mari). Sur le mur de gauche, en entrant, une photo du mariage du fils du Général, Philippe de Gaulle, avec Henriette de Montalembert, au-dessus de celles des baptêmes de leurs enfants, avec leurs prénoms inscrits sur des dessins. Il y a Charles, l’aîné, 77 ans aujourd’hui (qui ne détient plus de part de la Boisserie), Yves et Jean, 75 et 73 ans (qui en possèdent à eux deux la moitié), et Pierre, le benjamin, âgé de 63 ans, propriétaire des 50 % restants et qui souhaiterait racheter l’ensemble à ses frères. Sous ces clichés, une petite commode, sur laquelle on trouve un vase et une grande coupe, offerte en 1964, lors d’un voyage présidentiel, par l’équipe championne de volley-ball du lycée français Louis-Pasteur de Bogota. Au-dessus du lit, un luminaire surplombé d’une croix de Lorraine, l’emblème de la France libre. Près de la cheminée, un téléphone gris à usage interne a été installé à la fin de la vie de « tante Yvonne ». Enfin, à gauche d’un grand miroir, sont accrochées des photos d’Anne de Gaulle, l’enfant trisomique du couple, qui mourut ici, à 20 ans.
Si le département rachète le site, il faudra de longs mois de travaux avant que ces pièces soient ouvertes au public. La vieille demeure deviendra alors, un peu, celle de tous les Français.
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