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Uber se construit un empire de la livraison de repas en avalant à prix d’or un grand rival européen

En s'offrant le géant allemand de la livraison de plats cuisinés Delivery Hero, Uber s'apprête à créer un titan mondial du secteur. Ce rachat à près de 15 milliards de dollars pourrait inquiéter ses concurrents.

En s'offrant le géant allemand de la livraison de plats cuisinés Delivery Hero, Uber s'apprête à créer un titan mondial du secteur. Ce rachat à près de 15 milliards de dollars pourrait inquiéter ses concurrents.

Uber s'offre un mastodonte de la livraison de repas pour rattraper ses principaux concurrents. © lukasz_wojcik / Shutterstock

Uber s'offre un mastodonte de la livraison de repas pour rattraper ses principaux concurrents. © lukasz_wojcik / Shutterstock

Le jeu de mots est presque facile, mais Uber a un appétit d'ogre, et cela ne date pas d'hier. Pour contrer ses rivaux européen et américain, Uber frappe un grand coup en rachetant le géant allemand Delivery Hero pour 14,8 milliards de dollars. L'opération XXL, confirmée par Reuters ce jeudi 16 juillet 2026, pourrait redistribuer les cartes de la FoodTech mondiale, même si la route vers la validation s'annonce semée d'embûches réglementaires et de concessions financières.

Le montant qu'Uber est prêt à verser est tout bonnement colossal : 14,8 milliards de dollars, soit 12,94 milliards d'euros, ou 41,50 euros par action. C'est une petite revanche pour le groupe allemand, qui avait rejeté en mai une première offre d'Uber à 10 milliards d'euros.

En intégrant des marques phares comme Glovo (qui a un accord avec Delivery Hero) ou Talabat (possédée par l'entreprise allemande), Uber Eats va étendre son réseau à 99 pays. Pour le PDG Dara Khosrowshahi, l'idée est de bâtir un empire incontournable pour étouffer ses principaux concurrents, l'Américain DoorDash et le Néerlandais Just Eat.

Ce rachat rapportera surtout à Uber plus de 60 millions d’utilisateurs actifs mensuels supplémentaires, de quoi couronner des années de consolidation intense. Après les rachats de Postmates par Uber ou Deliveroo et Wolt par DoorDash pour ne citer qu'eux, le marché de la livraison de repas, ou FoodTech, ne tolère plus l'éparpillement et exige de la rentabilité face au contrôle accru du statut des coursiers. L'opération pourrait doper l'abonnement Uber One en créant un duopole quasi mondial avec DoorDash, loin devant les acteurs régionaux historiques.

 © ChristianLphoto / Shutterstock

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Le marathon de l’antitrust et les promesses berlinoises d'Uber

Mais marier deux géants de cette taille s'apparente à un parcours du combattant réglementaire. Pour amadouer les autorités antitrust, Delivery Hero cède préventivement 14 marchés à SSW Partners pour 1,4 milliard d'euros. Fait « amusant », cette transaction a été facilitée par Prosus, principal actionnaire de Delivery Hero, contraint par Bruxelles de réduire sa participation dans l'entreprise. Ce rôle de « faux vendeur » forcé ouvre ironiquement la voie à un géant américain pour avaler un champion européen, malgré les rêves de souveraineté numérique de l'UE.

Pour atténuer ce grincement de dents politique en Europe, Uber a dû faire preuve de diplomatie. En plus de ce qu'elle met sur la table pour Delivery Hero, la firme s'est engagée à investir 2 milliards d’euros en Allemagne d’ici 2031, tout en garantissant le maintien de l’emploi et du siège berlinois jusqu’en 2029 au moins. Un compromis indispensable pour sécuriser ce rachat colossal, dont l’examen minutieux par les autorités de la concurrence devrait s’étirer jusqu’au second semestre 2027.