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Trump va parler de la « peste » avec Poutine, l’OMS appelle Moscou à la transparence

International 07/10/2026 07:59 Actualisé le 07/10/2026 08:35 Le président américain a fait savoir qu’il prévoyait d’« appeler » « très bientôt » son homologue russe. De son côté, la Russi...

International 07/10/2026 07:59 Actualisé le 07/10/2026 08:35

Le président américain a fait savoir qu’il prévoyait d’« appeler » « très bientôt » son homologue russe. De son côté, la Russie se veut rassurante.

Par Maxime Dhuin avec AFP

« J’ai prévu de l’appeler. » Interrogé mardi 6 octobre par une journaliste à la Maison Blanche, Donald Trump a fait savoir qu’il prévoyait de parler « très bientôt » à son Vladimir Poutine, après que la mort en Russie d’une laborantine d’un institut de lutte contre la peste. Cet incident a alimenté des soupçons autour de la maladie, conduisant l’OMS et Washington à demander que Moscou fasse preuve de plus de transparence.

Les autorités russes ont de leur côté nié l’instauration de mesures sanitaires après ce décès, rapporté par plusieurs médias russes vendredi, d’une technicienne de laboratoire de 28 ans qui travaillait pour l’Institut de lutte contre la peste d’Irkoutsk, en Sibérie. La principale agence de santé publique américaine (CDC) a affirmé mardi suivre « de près l’évolution de la situation » dans un communiqué sur X, tout en ajoutant qu’« à l’heure actuelle, rien n’indique qu’il existe une menace plus large pour les États-Unis ».

Trump va parler de la « peste » avec Poutine, l’OMS appelle Moscou à la transparence. (photo d’illustration des présidents américain et russe lors d’une rencontre en Alaska en août 2025)

KREMLIN PRESS OFFICE / HANDOUT / Anadolu via AFP

Trump va parler de la « peste » avec Poutine, l’OMS appelle Moscou à la transparence. (photo d’illustration des présidents américain et russe lors d’une rencontre en Alaska en août 2025)

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait appelé plus tôt la Russie à la transparence et à « partager davantage d’informations sur ce qui s’est passé », soulignant que toute infection en laboratoire inquiétait particulièrement depuis la pandémie de Covid.

Tard mardi soir, un porte-parole du Département d’État a déclaré que les États-Unis ont « officiellement demandé des informations supplémentaires au gouvernement russe ». Washington est « également en contact officiel » avec d’autres capitales « afin d’échanger des informations », a-t-il ajouté.

Le chef de l’OMS demande des « informations supplémentaires »

« La communication d’informations en temps utile, complètes et transparentes dans le cadre du Règlement sanitaire international est essentielle pour clarifier les informations contradictoires et permettre une évaluation précise des risques potentiels pour la santé publique », a abondé sur X, le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Ce dernier a ajouté qu’il avait « demandé des informations complémentaires » aux autorités sanitaires russes. L’agence onusienne pour les questions de santé a estimé mardi que le risque était « faible » pour la Russie et « très faible » pour l’Europe. Selon le Wall Street Journal, Washington a officiellement averti Moscou que sa réticence à donner des détails contrevenait aux obligations sanitaires internationales.

La Russie assure quant à elle que la situation est sous contrôle. Des chaînes Telegram et des médias locaux ont rapporté que plusieurs hôpitaux d’Irkoutsk avaient imposé une quarantaine de trois semaines. « Une fausse information circule actuellement en ligne sur l’instauration d’un régime sanitaire et épidémiologique renforcé et de restrictions strictes dans la région d’Irkoutsk », a démenti sur Telegram l’agence de santé publique russe, Rospotrebnadzor.

L’organisme a assuré que la situation sanitaire et épidémiologique était stable dans la région, comme dans les villes d’Irkoutsk et de Chelekhov. C’est dans un hôpital de Chelekhov qu’est décédée la laborantine.

Les experts russes attribuent le décès à une « pneumonie »

Selon le média Peuples du Baïkal, cette femme, Daria Chipilova, aurait pu contracter la peste pulmonaire après le bris d’une éprouvette. Le gouverneur régional, Igor Kobzev, a affirmé lundi que les analyses post-mortem réalisées par une commission spéciale d’experts de Rospotrebnadzor indiquaient que la jeune femme était décédée d’une « pneumonie » à l’origine « indéterminée ».

Selon l’enquête, « aucun micro-organisme lié à l’activité professionnelle de la jeune femme n’a été détecté dans ses biomatériaux », a-t-il déclaré, ajoutant qu’aucun autre employé de l’institut n’avait consulté de médecin. L’agence de santé a relevé mardi que 16 000 cas d’infections respiratoires virales étaient enregistrés chaque semaine dans la région d’Irkoutsk et qu’au cours des deux dernières semaines, aucune tendance à la hausse du nombre de cas n’avait été observée.

La peste est une maladie infectieuse causée par des bactéries. La peste pulmonaire est hautement contagieuse et peut être mortelle si elle n’est pas traitée rapidement, selon l’Organisation mondiale de la santé. Donald Trump avait même proposé lundi son « aide » aux autorités russes. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé mardi lors de son briefing quotidien qu’une offre d’aide américaine était « toujours très positive ».

L’agence de santé russe a répliqué de son côté en proposant elle aussi ses services à Washington pour lutter contre les épidémies sur le sol américain, en citant des cas récents de maladies infectieuses dont la rougeole et un cas mortel de peste recensé en juin dernier au Nouveau-Mexique. « La Russie est prête à mettre à la disposition de la partie américaine des spécialistes, des équipements de laboratoire ainsi que des moyens de diagnostic et de prévention », a déclaré l’agence de santé, faisant valoir sa « vaste expérience ».