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Trois ans après l’élection de Javier Milei, l’État argentin a-t-il été passé à la tronçonneuse ?

Trois ans après son élection à la tête de l'Argentine, le bilan de Javier Milei fait débat au sein de la population. Le président libertaire, qui avait fait de la tronçonneuse son symbole, a réduit les dépenses de l'État de 30%. Mais à quel prix ?

Publié le 30/09/2026 23:36

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Article rédigé par France 2 - L.Lacroix, C.Cormery, A.Dubois, J.Igier, L.Michel, G.Liaboeuf - Édité par l'agence 6Medias

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Trois ans après son élection à la tête de l'Argentine, le bilan de Javier Milei fait débat au sein de la population. Le président libertaire, qui avait fait de la tronçonneuse son symbole, a réduit les dépenses de l'État de 30%. Mais à quel prix ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


À Buenos Aires (Argentine), les habitants ont pour tradition d'improviser sur le trottoir un asado, un barbecue. S'il est souvent difficile de s'accorder sur la cuisson de la viande, l'autre sujet qui enflamme les discussions est le bilan de Javier Milei. "Je ne sais pas si c'est mieux ou pire, mais ceux d'avant, ils nous ont ruinés pendant 20 ans", estime un homme qui a voté pour lui et serait prêt à recommencer. Pour un autre, le président argentin "n'est pas bien dans sa tête". En Argentine, la politique passionne et le chef de l'État, détonne. Avec son look de rockeur et son discours anti élite, Javier Milei est libertarien. Sa tronçonneuse, c'est le symbole de sa promesse de raboter l'État. "Ministère du Travail, ça dégage. Ministère de l'Éducation, endoctrinement, ça dégage", assure le président. Mais, trois ans après son élection, l'État argentin a-t-il vraiment été passé à la tronçonneuse ?

Pour Nicolas Ercolani, ancien fonctionnaire licencié il y a six mois, cela ne fait pas de doute. Il a été congédié par un simple courriel. "C'était le vendredi 28 février, à 22h54. J'étais à la maison avec ma femme. La forme est extrêmement choquante. Je n'ai même pas pu retourner au bureau pour chercher mes affaires personnelles", raconte-t-il. L'homme n'accepte pas ce licenciement et le conteste en justice. Il participe aux manifestations de la colère, aux côtés de fonctionnaires, de retraités dont les pensions ne suivent plus l'inflation. En attendant d'avoir peut-être gain de cause, il vend des chaussures sur les réseaux sociaux pour gagner un peu d'argent. "Je suis diplômé en sciences politiques. J'ai toujours été plutôt mauvais en matière de marketing. Mais bon, c'est comme un moyen de subsistance", explique l'homme dont le revenu a été divisé par cinq tandis que les dépenses s'envolent depuis trois ans.

Gaz, eau et électricité étaient très subventionnés en Argentine, mais le sont beaucoup moins depuis l'élection de Javier Milei. "C'est passé de 5 à 39 euros et maintenant 62 euros. Au milieu de ma vie, à 48 ans, j'aurais pensé pouvoir vivre avec le minimum, avec un minimum de dignité", regrette l'ancien fonctionnaire licencié. En Argentine, la méthode radicale du président a réduit les dépenses de l'État de 30%. Il n'y a plus de déficit, mais un excédent budgétaire, ce qui vaut au président argentin les félicitations du FMI.

Après les fonctionnaires et les retraités, la vague d'austérité s'est ensuite propagée aux classes moyennes qui se sentent souvent déclassées. C'est le cas de Sofia Bérea. Elle avait une petite PME de textile et a mis la clef sous la porte il y a deux ans. Son entreprise, comme tout le secteur textile, a été balayée par une vague d'importation asiatique. Le but de Milei, ouvrir les frontières pour faire baisser les prix. Avec ces politiques drastiques, l'inflation s'est d'abord envolée à près de 300% avant de retomber à 34%, ce qui signifie que les prix continuent d'augmenter mais moins vite. En faisant ses courses, l'ancienne cheffe d’entreprise montre que le prix de la viande de bœuf a triplé en trois ans. Pour les produits de base, elle cherche les promotions.

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