“Les deux parties ont sauté sur l’occasion pour passer à autre chose” : Deylaud analyse le départ de Thomas Ramos
Brillant ouvreur de Toulouse dans les années 90, contraint de quitter le club en 1999, Christophe Deylaud nous donne ses sentiments sur le cas Thomas Ramos, en faisant bien la différence avec son cas personnel.
Brillant ouvreur de Toulouse dans les années 90, contraint de quitter le club en 1999, Christophe Deylaud nous donne ses sentiments sur le cas Thomas Ramos, en faisant bien la différence avec son cas personnel.
Que vous inspire le départ de Thomas Ramos pour le Racing ?
C’est le rugby d’aujourd’hui. Les joueurs sont dans un club et peuvent basculer assez rapidement vers autre chose, avec d’autres moyens. Il dit que c’est un nouveau défi… On peut le considérer comme ça, mais tout le monde n’est pas dupe. On sait que ce nouveau défi n’est pas attractif uniquement sur le plan sportif : il l’est aussi sur d’autres plans. Il est peut-être plus avantageux pour une fin de carrière, même si Thomas est encore jeune.
On a souvent dit que Toulouse prolongeait à la baisse le contrat de ses joueurs trentenaires. Est-ce une bonne chose ? On compare aussi la situation de Thomas Ramos, qu’on voyait bien devenir entraîneur à Toulouse, avec ce que vous avez vécu à la fin de votre carrière de joueur. On vous voyait, vous aussi, devenir entraîneur du Stade avant de vous voir partir à Agen en 1999. Qu’en pensez-vous ?
Pour les contrats à la baisse, je ne sais pas. En tout cas, il ne faut pas comparer avec ce que j’ai vécu il y a presque trente ans. Nous, on touchait une misère, malgré tous nos titres, et même par rapport à ce que proposaient les autres clubs français. Aujourd’hui, les joueurs sont millionnaires. Nous, on travaillait à la mairie. Il n’y a donc rien de comparable. Quant à mon cas personnel, les choses n’ont vraiment rien à voir : mon départ à Agen n’avait rien à voir avec une question financière. Ce départ était lié aux tensions qui existaient avec Guy Novès. Deux mois avant que ces prétendues histoires ne se déclenchent, c’est vrai, Guy Novès m’avait proposé d’entraîner à ses côtés. Puis, les aléas d’une saison et les complications d’un groupe ont fait qu’il fallait un bouc émissaire. On a voulu mettre en opposition Guy Novès et Christophe Deylaud en pensant que Novès allait virer Deylaud. Mais il n’y a pas eu besoin de me virer : je suis parti de moi-même. J’avais arrêté ma carrière, et c’est dans un deuxième temps que Christian Lanta m’a contacté pour rejoindre Agen. Je rappelle d’ailleurs qu’il m’avait déjà sollicité auparavant, quand il entraînait Trévise, pour que je joue et que j’entraîne avec lui.
On vous suit…
Donc, cette situation n’a rien à voir avec celle de Thomas Ramos. Je suis Toulousain : je serais resté au Stade s’il n’y avait pas eu ces problèmes. Les circonstances ont fait que l’on ne m’a pas conservé, car on a créé cet incident diplomatique avec Guy Novès. Guy est tombé dans le panneau, alors que j’étais le seul à le soutenir. Mais j’ai toujours dit que j’étais Toulousain, et non stadiste. Je suis né à Toulouse, j’ai joué au Stade, mais au Stade, je n’étais que de passage. Dans ce club, on a notre temps à faire, et moi, je l’avais fait. Pour en revenir à Thomas Ramos, il a peut-être l’ambition d’entraîner. Mais pour l’instant, il est dans le présent. Et je pense qu’on a dû lui proposer certaines choses.
Les histoires de salary cap que Toulouse a connues n’ont pas dû arranger les choses…
Bien sûr. Il ne faut pas être naïf. L’histoire du Salary Cap a posé des problèmes, et aujourd’hui, ça oblige le Stade à dégraisser. Les deux parties ont sauté sur l’occasion pour passer à autre chose.
Sportivement, pensez-vous que Thomas Ramos a toujours de l’avenir ?
Oui, c’est un meneur. Je pense que le Racing ne se trompe pas en le recrutant, mais je pense aussi que le Stade s’en remettra. Les jeunes issus de la formation ou les nouvelles recrues le remplaceront, comme on a tous été remplacés.