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Tranchées, feux tactiques… Comment la sécurité des installations industrielles menacées par les incendies en Gironde est renforcée

Climat Environnement Plusieurs sites industriels produisant ou stockant des substances dangereuses se trouvent dans des zones menacées par les feux qui ravagent le Sud-Ouest. ...

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Plusieurs sites industriels produisant ou stockant des substances dangereuses se trouvent dans des zones menacées par les feux qui ravagent le Sud-Ouest.

France Télévisions

Publié le 27/07/2026 08:35

Temps de lecture : 3min

Une employée de l'usine Michelin de production d'élastomères synthétiques, un site pétrochimique classé Seveso, à Bassens (Gironde), près de Bordeaux, le 28 juillet 2022. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
Une employée de l'usine Michelin de production d'élastomères synthétiques, un site pétrochimique classé Seveso, à Bassens (Gironde), près de Bordeaux, le 28 juillet 2022. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Alors que les feux continuent de progresser en Gironde, la préfecture a ordonné, dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 juillet, l'évacuation de 55 000 personnes supplémentaires aux abords de Bordeaux "face à la reprise de l'incendie". Au total, 220 000 habitants sont désormais concernés par des évacuations. Dans le même temps, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé le renforcement de la protection de "sites sensibles qui se trouvent au-delà de la ligne de front de feu", afin de prévenir une éventuelle progression des flammes.

A Sainte-Hélène et à Saint-Médard-en-Jalles, au nord-ouest de Bordeaux, plusieurs sites industriels classés Seveso "seuil haut", c'est-à-dire des installations produisant ou stockant des substances dangereuses et présentant un risque d'accident majeur, se trouvent sur la trajectoire potentielle des flammes. Pour éviter qu'un incendie ne se transforme en catastrophe technologique, les autorités ont renforcé leur protection.

Depuis la nuit de vendredi à samedi, plusieurs communes situées à l'ouest de Bordeaux ont été évacuées en raison de la progression rapide des feux, favorisée par des conditions météorologiques défavorables et par la formation d'un "pyrocumulonimbus", un nuage généré par la chaleur du feu. Trois établissements classés Seveso "seuil haut" (PDF)se trouvent dans cette zone, selon le site d'information Actu.fr. Ces sites industriels font l'objet "d'une protection particulière", a assuré samedi la préfète de la Nouvelle-Aquitaine, Sophie Brocas, lors d'un point-presse.

Il s'agit de deux sites d'ArianeGroup et d'un site de Roxel, tous implantés dans le Médoc et le secteur de Saint-Médard-en-Jalles. Le site ArianeGroup de Sainte-Hélène traite du perchlorate d'ammonium, utilisé dans la propulsion des missiles balistiques M51. Celui de Saint-Médard-en-Jalles assure le chargement en propergol des propulseurs des missiles M51 et participe au démantèlement de missiles en fin de vie. Le site Roxel développe, de son côté, des systèmes de propulsion destinés à plusieurs types de missiles. Tous sont classés Seveso en raison des substances dangereuses qui y sont fabriquées ou stockées. Le terme "Seveso" renvoie à une catastrophe industrielle survenue en juillet 1976 dans la commune italienne du même nom.

Selon les services de l'Etat en Gironde, les établissements sont répartis entre les catégories "seuil bas" et "seuil haut", selon les quantités maximales de substances dangereuses susceptibles d'être présentes sur le site. La Gironde compte aujourd'hui 36 établissements Seveso, sur 488 sites industriels à risque recensés par Géorisques.

Pour empêcher les flammes d'atteindre ces sites industriels, les secours cherchent moins à éteindre les flammes qu'à empêcher leur progression vers les zones les plus sensibles. Pour cela, ils peuvent "construire des tranchées", "déverser des produits retardants" ou encore "mettre en place des feux tactiques", a détaillé Laurent Nuñez. Les tranchées créent des coupures dans la végétation pour limiter la propagation du feu. Les produits retardants, eux, ralentissent sa progression. Quant aux feux tactiques, parfois aussi appelés contre-feux, ils consistent à allumer volontairement un incendie sous le contrôle des secours afin de brûler la végétation située devant le front de flammes et ainsi le "priver de combustible". Selon Laurent Nuñez, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a organisé "une protection d'un certain nombre de sites sensibles qui se trouvent au-delà de la ligne de front de feu pour parer une éventuelle progression du feu".

Lors de son point-presse de dimanche, la préfète s'est montrée rassurante. Elle a précisé que certains sites et exploitants avaient pris des mesures préventives, notamment en "déplaçant ou en sécurisant certaines substances dangereuses" afin de limiter les risques si les flammes venaient à atteindre leurs installations. La préfète a également insisté sur le fait que ces sites sont soumis à "l'une des réglementations les plus strictes d'Europe", estimant qu'il n'y avait, à ce stade, pas de raison de s'inquiéter.